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Des résidents de Kemptville devant la cour pour empêcher la construction d’une prison

Les opposants demandent une révision de la décision de la province d’installer une prison dans leur communauté

Un panneau sur lequel est écrit : "Sauvez les terres agricoles".

Des résidents de Kemptville ont déposé une demande de révision judiciaire de la décision de la province de construire une nouvelle prison dans leur communauté, qui, selon eux, occupera plus de 70 hectares de terres agricoles précieuses.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des résidents de Kemptville, en Ontario, ont déposé une demande de révision judiciaire de la décision de la province de construire une nouvelle prison dans leur communauté.

En 2020, le gouvernement provincial a discrètement approuvé des plans visant à remplacer la prison de Brockville par un nouvel établissement correctionnel pour hommes et femmes de 235 lits, à Kemptville. La nouvelle prison accueillerait des détenus de tous les niveaux de sécurité, même si la majorité serait à un niveau de sécurité bas ou moyen.

La nouvelle installation devrait être achevée en 2027. Elle doit permettre de réduire la pression sur le Centre de détention d'Ottawa-Carleton qui est surpeuplé.

Mais de nombreux membres de la communauté ont fait savoir leur opposition à cet emplacement, qui se trouve à une courte distance du centre-ville de Kemptville.

Victor Lachance et Kirk Albert estiment que le gouvernement de l'Ontario n'a pas consulté adéquatement ou fourni les informations nécessaires à la population quant à la construction de cette nouvelle infrastructure.

Une carte sur laquelle est indiquée une construction à venir.

Le site de la nouvelle installation est proche de plusieurs écoles et d'un hôpital.

Photo : Ministère du Solliciteur général de l'Ontario

Leur opposition à la prison va maintenant se retrouver devant les tribunaux. Les avocats qui interviennent au nom de M. Albert et de M. Lachance affirment que la province n'a pas suivi la procédure appropriée avant d'annoncer la construction de la prison et demandent maintenant une révision judiciaire.

Selon eux, les résidents n'ont pas été correctement consultés. Ils soutiennent également que le projet viole les plans communautaires et détruirait plus de 70 hectares de terres agricoles.

À une époque où nous avons plus que jamais besoin d'un gouvernement avant-gardiste et d'un leadership fort, il est essentiel que la province reconsidère ses priorités et la meilleure façon de dépenser l'argent des contribuables, a déclaré M. Albert lors d'une conférence de presse tenue lundi, devant le palais de justice d'Ottawa, où la demande de révision judiciaire venait d’être déposée.

Ne pas s'attaquer aux problèmes récurrents dans les systèmes de justice pénale et correctionnels et ne pas donner la priorité à la préservation de terres agricoles précieuses est un manque de prévoyance à laquelle s'attendent pourtant beaucoup de gens dans cette province, a-t-il ajouté.

Cet argument est aussi celui de Justin Piché, professeur agrégé au Département de criminologie de l'Université d'Ottawa, pour qui la province doit construire des communautés et non des cages.

Pourquoi dépensons-nous environ un demi-milliard de dollars pour cette nouvelle prison alors que nous pourrions dépenser cet argent pour fournir un logement permanent avec des services de soutien à plusieurs personnes? se questionne M. Piché.

Des gens manifestent dehors devant une horloge.

Des opposants se sont rassemblés à Kemptville le 7 novembre 2020 pour protester contre l'emplacement de la prison.

Photo : Gracieuseté Marty Pemberton

M. Lachance a soutenu que la province ne répondait pas à ses propres exigences et devrait l'admettre.

La chose la plus simple pour eux serait de convenir qu'ils n'ont pas vraiment fait ça correctement. Il y a une bretelle de sortie, qu’ils la prennent! a-t-il dit. Désormais, ils savent qu'ils doivent tenir compte de cette action en justice et agir en conséquence.

CBC a demandé, lundi, un commentaire à la province à ce sujet. Au moment de publier ces lignes, le gouvernement n’y avait pas répondu.

La municipalité recevra des terres excédentaires

Dans une déclaration envoyée par courriel à CBC, la mairesse de North Grenville, Nancy Peckford, a confirmé que du point de vue du zonage, la prison est autorisée sur le site proposé, qui appartient à la province.

Mme Peckford a également indiqué que la Municipalité s'attend à recevoir quelque 40 hectares de terres excédentaires de la province dans le cadre de ce projet.

La Municipalité est fortement engagée dans un dialogue ouvert et respectueux afin qu'il y ait autant de partage d'informations et d'engagement public que possible, a écrit Mme Peckford.

Nous nous attendons à ce que le gouvernement de l'Ontario honore les engagements qu'il a pris envers North Grenville concernant le transfert de terres excédentaires pour des initiatives agricoles dirigées par la communauté et qu'il veille à ce que toutes les infrastructures et les coûts connexes de cette installation soient assumés à 100 % par la province.

Avec les informations de CBC News

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