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Une résidence scolaire transformée en foyer pour des familles ukrainiennes

Une chambre à coucher.

Le reportage de Denis Babin

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’école secondaire privée, le Séminaire Sacré-Coeur à Pointe-aux-Chênes dans les Basses-Laurentides, a transformé sa vieille résidence scolaire en foyer pour huit réfugiés ukrainiens, soit quatre adultes et quatre enfants.

Ce nouveau projet philanthropique s’ajoute aux initiatives déjà mises sur pied dans la communauté pour accueillir des réfugiés ukrainiens contraints à fuir leur pays en raison de l’invasion russe qui perdure depuis maintenant des mois.

C'est le cas d'Anastasiia Lavrinets qui a quitté l’Ukraine il y a environ un an. Elle est coordonnatrice des programmes internationaux de l’école, et loge dans l’ancienne résidence scolaire avec son mari et ses deux garçons.

Cette guerre a changé nos vies. Au début c’était un grand stress, pour moi et pour mon mari, confie-t-elle.

Mme Lavrinets est ravie de pouvoir aider d'autres familles aux prises avec des défis similaires aux siens. Pour moi c’est un plaisir d’aider d’autres familles ukrainiennes qui voudraient trouver un endroit sécuritaire [...] au Québec.

Quant à sa propre famille, l'accueil qu’ils ont reçu la touche beaucoup.

« C’est vraiment bon de savoir qu’ensemble, on peut réussir. »

— Une citation de  Anastasiia Lavrinets, réfugiée ukrainienne

Mme Lavrinets et sa mère Liudmyla Kondratova, la doyenne des réfugiés accueillis par le Séminaire Sacré-Coeur, ont joué un rôle de premier plan dans la mise en œuvre du projet.

La doyenne des réfugiés accueillis par le Séminaire Sacré-Coeur, Liudmyla Kondratova.

La doyenne des réfugiés accueillis par le Séminaire Sacré-Coeur, Liudmyla Kondratova.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Malgré l'immensité du projet, Anastasiia Lavrinets n'a pas reculé devant le défi. C’est beaucoup de détails, beaucoup de documents, beaucoup de papiers, partage-t-elle en faisant notamment référence au processus d'intégration des réfugiés.

Une idée prend vie

L'initiative est née d’un programme visant à attirer des élèves internationaux. C’est ce qu’explique Christian Lavergne, directeur du Séminaire Sacré-Cœur.

Il y avait déjà de jeunes ukrainiens qui devaient venir étudier l’an prochain. Nous sommes restés en contact avec eux. Là, rapidement, ils nous ont demandé si on pouvait les aider, raconte M. Lavergne.

D'ailleurs, l‘idée d’utiliser à bon escient la résidence scolaire de l’école germait dans l'esprit du directeur depuis déjà quelques années. Ce n’est que récemment, dans le contexte du conflit en Ukraine, que sa vision s’est concrétisée.

Christian Lavergne en compagnie d'Anastasiia Lavrinets.

Christian Lavergne, directeur du Séminaire Sacré-Coeur, en compagnie de la coordonnatrice des programmes internationaux de l’école, Anastasiia Lavrinets.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

On a rapidement mis sur pied une campagne de financement pour trouver les sous nécessaires pour faire les rénovations qui s’imposaient dans la résidence.

De fil en aiguille, le projet s’est matérialisé grâce à des dons cumulant 60 mille dollars recueillis dans la communauté. La MRC d’Argenteuil, la caisse populaire d’Argenteuil, le Club Lion et le Club Richelieu comptent parmi les donateurs qui ont contribué à la mise sur pied du projet.

On a essayé de voir comment on pourrait, non seulement accueillir un élève de l’Ukraine, mais aussi peut-être accueillir ses parents, le petit frère, la petite sœur et toute la famille finalement.

Il y avait un sentiment d'urgence. Christian Lavergne n’a pas hésité à foncer la tête baissée, sans se poser de questions : On s’est dit dans un premier temps, ils ont besoin de sortir de l’Ukraine.

Mission d'entraide

Ce qui est beau à voir c’est que la résidence peut être utile à des gens, avec un projet qui s’inscrit dans les valeurs de l’école, constate le directeur.

Ce n'est d'autant plus pas la première fois que l'école secondaire porte main forte en situation de crise. Le séminaire a toujours répondu présent quand il y avait des catastrophes. On pense à la crise du verglas, où le séminaire était devenu un centre de refuge où les gens venaient prendre leur douche, se rappelle M. Lavergne.

Pendant les inondations, aussi, le séminaire s’est mobilisé en aidant avec les poches de sable.

Maintenant on est contents de continuer de s’impliquer et de transmettre à nos élèves des valeurs d’entraide en accueillant des jeunes et des familles ukrainiennes.

M. Lavergne ne s'inquiète pas quant à la suite des choses. Ils peuvent rester ici autant qu’ils le veulent, autant que nécessaire.

Avec les informations de Denis Babin

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