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Les pharmaciens ne veulent plus vacciner à perte

Un client dans une pharmacie.

La vaccination contre la COVID-19 est disponible dans l’une des quelque 350 pharmacies mobilisées sur l’île de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les pharmaciens propriétaires du Québec ne demandent pas mieux que de continuer à prêter main-forte au gouvernement Legault pour vacciner la population contre la COVID-19 et la grippe, à condition cependant d’être rémunérés en conséquence.

Les pharmaciens martèlent depuis plusieurs mois déjà que la rémunération offerte par Québec pour l’administration des vaccins ne suffit pas à couvrir l’ensemble de leurs dépenses. Résultats : la plupart de ceux qui offrent ce service le font à perte.

Camille Dupuis-Brousseau, une pharmacienne propriétaire de Lévis, affirme que vacciner un patient contre la COVID-19 lui coûte 14 $. Or, la rémunération offerte par le gouvernement s’élève à environ 12 $ par dose.

Entente échue

Ce prix est inscrit dans l’entente qui réglemente la facturation de la distribution des médicaments, la surveillance de la thérapie médicamenteuse et les actes cliniques effectués par les pharmaciens.

L’entente en question est échue depuis le 31 mars.

Camille Dupuis-Brousseau, vêtue d’un sarrau, se tient debout, les bras croisés, devant le comptoir des prescriptions d’une pharmacie.

Camille Dupuis-Brousseau déplore que des pharmaciens propriétaires doivent mettre la main au portefeuille pour contribuer à l’effort de vaccination.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Les pharmaciens propriétaires affirment que la rémunération offerte par Québec couvre à peine le salaire du vaccinateur. Elle ne permet pas d’amortir les dépenses connexes, notamment les frais administratifs, qui ont fortement augmenté au cours des deux dernières années en raison de l’inflation.

Si on prend l'exemple de la vaccination, il faut que je paye les employés qui répondent au téléphone, la personne à l'accueil qui va faire le triage, il faut payer l'électricité qui alimente le frigidaire, payer les frais de notre grossiste qui fait la livraison et qui nous charge des frais d'essence supplémentaires. C'est sûr que, quand l'honoraire vient juste payer la personne qui vaccine, bien, on vaccine un peu à perte, déplore Camille Dupuis-Brousseau.

« C'est sûr que, si les fonds ne suivent pas, on n'y arrive pas. On s'enligne dans un mur, c'est certain. »

— Une citation de  Camille Dupuis-Brousseau, pharmacienne propriétaire

Le vice-président exécutif et directeur général de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires du Québec (AQPP), Jean Bourcier, abonde dans le même sens.

Pas un service profitable

Il reproche au gouvernement de minimiser le fardeau administratif associé à la vaccination, qu’on pense à la gestion des plages de rendez-vous, à la préparation des seringues ou à la consignation de renseignements sur le portail Clic Santé et dans les dossiers des patients.

Quand on se met à additionner l'ensemble des coûts, effectivement pour certains pharmaciens, c'est peu ou pas profitable à cause de l'ensemble des composantes qui se réfèrent à l'administration d'un vaccin, précise M. Bourcier.

Jean Bourcier lors d’une entrevue en vidéoconférence.

Jean Bourcier estime que le gouvernement n’a pas une compréhension « juste et exacte » des efforts que requiert la vaccination dans les pharmacies.

Photo : Radio-Canada

Il mentionne que ses membres ne cherchent pas à réaliser des profits à tout prix, mais à tout le moins à couvrir leurs dépenses afin d’assurer la pérennité du service et de leur entreprise.

Avec une inflation à 8,1 % et une pénurie de main-d'œuvre en pharmacie comme dans n'importe quel autre environnement, bien, les augmentations salariales sont élevées, les augmentations des coûts sont également élevées, fait valoir le dirigeant de l’AQPP.

Puisqu’ils offrent des services essentiels, les pharmaciens propriétaires ne disposent pas du droit de grève et leur association ne peut les inciter à employer des moyens de pression dans le bras de fer qui les oppose au gouvernement.

Ils pourraient toutefois, de leur propre chef, réduire leurs heures d’ouverture ou cesser d’offrir certains services en invoquant un impératif de rentabilité.

Avec des informations d’Alexane Drolet

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