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L’homme qui a découvert les récifs d’éponges siliceuses en C.-B. s’inquiète de leur état

Un récif d'éponges siliceuses dans le détroit d'Hécate, en Colombie-Britannique

Un récif d'éponges siliceuses dans le détroit d'Hécate, en Colombie-Britannique

Photo : Pêches et Océans Canada

Radio-Canada

Certains écologistes s’inquiètent de la destruction de rares récifs d'éponges siliceuses en Colombie-Britannique. Parmi eux, Glen Dennison est inquiet chaque fois qu'il navigue sur les eaux de la baie Howe, près de West Vancouver.

Glen Dennison écrivait un livre sur la plongée dans la baie Howe en 1984 lorsqu'il a fait la découverte d'importants récifs d'éponges siliceuses. Ces récifs ressemblent à un autre monde, leurs tubes beiges et marron délicatement entrelacés pendant que des poissons se précipitent entre eux.

« Je les ai découverts. Alors, ils sont comme mes enfants. »

— Une citation de  Glen Dennison

Si les éponges siliceuses individuelles ne sont pas rares, les scientifiques pensaient que leurs récifs, également connus sous le nom de biohermes et pouvant atteindre 20 à 30 mètres de haut, avaient disparu il y a 40 millions d'années.

Un plongeur sous-marin fait des observations près d'un récif d'éponge.

Les récifs d'éponge siliceuse peuvent atteindre 30 mètres de haut au large de la Colombie-Britannique.

Photo : Adam Taylor/MLSS

Quand j'ai vu [ces récifs], j'étais vraiment étonné. Je ne comprenais pas ce que je regardais, se remémore Glen Dennison. C'est une œuvre d'art de la nature.

Ces récifs sont aussi fragiles que le cristal le plus délicat, étant donné qu'ils sont constitués de silice, le principal composant du verre. Ils peuvent être brisés instantanément par la pêche récréative ou commerciale, par des casiers à crabes et à crevettes, des ancres, des lignes de pêche et des treuils.

Les scientifiques disent que ces récifs contribuent à la santé de la baie Howe.

« Ils filtrent l'eau, environ tous les 90 jours, de toute la baie. [...] Ils se nourrissent de bactéries, ils sont l'habitat des bars d’Amérique. C'est donc un écosystème qui n'est pas seulement beau, mais incroyablement utile. »

— Une citation de  Glen Dennison

La découverte accidentelle de Glenn Dennison a conduit à une lutte de plusieurs décennies pour protéger les récifs. Le plongeur a utilisé ses compétences d'ingénieur pour créer une caméra spéciale qui peut être descendue sur des dizaines de mètres pour capturer des images en direct des récifs et en cartographier chaque centimètre.

Son travail a contribué à pousser Pêches et Océans Canada à mettre en place des protections interdisant la pêche de fond. Toutefois, Glen Dennison, désormais président de la Marine Life Sanctuaries Society, dit qu'il n'est pas rare de trouver de nouveaux dommages, malgré le travail des agents du ministère qui font du mieux qu'ils peuvent, mais dont les effectifs ne sont pas assez nombreux.

De nouvelles amendes

Pêches et Océans Canada dit patrouiller régulièrement, ajoutant qu'après la mise en place des protections initiales, les infractions ont chuté de façon spectaculaire. Toutefois, un agent du ministère, Eric Jean, dit que la pandémie a amené un tout nouveau groupe de personnes sur l'eau et que les infractions ont bondi.

Il précise que la nouvelle loi d'avril 2021 a créé des amendes plus élevées et des interdictions potentielles pour les pêcheurs récréatifs et commerciaux.

« Ces nouvelles amendes coûtent des centaines de dollars de plus que celles que nous devions utiliser il y a seulement un an. »

— Une citation de  Eric Jean, agent, Pêches et Océans Canada
Glen Dennison, à la barre de son bateau.

Glen Dennison se bat pour protéger les récifs d'éponges siliceuses depuis qu'il les a découverts dans la baie Howe, près de Vancouver en 1984.

Photo : Radio-Canada / Dillon Hodgin

Glen Dennison aimerait voir davantage d’application des règles et d'éducation.

Vous ne pouvez pas attendre que quelqu'un lâche un piège là-bas et espérer que vous alliez leur donner une amende ou leur enlever leur équipement. Les récifs auront disparu, fait-il remarquer.

Bien que la pêche au contact du fond soit interdite, il n'est pas interdit de jeter l'ancre autour de nombreux récifs, un problème qui, selon le Ministère, relève de Transports Canada.

Transports Canada assure de son côté que malgré l’absence d’interdit légal, dans la pratique, il n'y a pas de sites d'ancrage commerciaux .

Un autre type d'activité humaine menace également la survie des récifs : le réchauffement et l'acidification des eaux dus au changement climatique peuvent aussi endommager et tuer l'éponge siliceuse.

Angela Stevenson, chercheuse du Département de zoologie à l'Université de la Colombie-Britannique, a réussi à maintenir en vie de petites éponges dans un aquarium pour en étudier les effets. Elle explique qu'une eau plus chaude et plus acide réduit leur capacité à filtrer l'eau et finit par les endommager.

D’après les informations de Susana da Silva

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