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Des parents de Calgary dénoncent qu’une école islamique ait refusé leurs enfants

Les parents ont déposé des plaintes auprès de la Commission des droits de la personne de l'Alberta, car ils estiment que l'administration de l'École islamique de Calgary Akram-Jomaa a injustement rejeté le renouvellement de l'inscription de leurs enfants pour l'année scolaire 2022-2023.

Ahmed Elsaid pause en compagnie de ses trois filles: Nour, Hala et Gana.

Ahmed Elsaid, en compagnie de ses trois filles, Nour, Hala et Gana, fait partie des plaignants auprès de la Commission des droits de la personne de l'Alberta.

Photo : Fournie par Ahmed Elsaid.

Radio-Canada

Deux familles de Calgary ont saisi la Commission des droits de la personne de l'Alberta pour se plaindre de l’École islamique de Calgary Akram-Jomaa, du conseil scolaire Palliser et de la Fondation de la communauté musulmane de Calgary. Elles allèguent que ces trois entités ont rejeté le renouvellement des inscriptions de leurs enfants en représailles, parce qu’elles auraient rendu public un différend sur les frais de scolarité l'an dernier.

En mars, les pères de famille Ahmed Elsaid et Yasir Mohammad ont parlé aux médias au sujet de changements apportés à la façon dont les frais de scolarité étaient perçus par l'école, après que le conseil scolaire Palliser en est devenu responsable.

Avant ce changement, les droits de scolarité de 1400 $ étaient versés à la Fondation de la communauté musulmane de Calgary. Du fait qu'il s'agit d'une société et non d'un conseil scolaire, Ahmed Elsaid et Yasir Mohammad, qui ont enseigné à l'école pendant 15 ans, ainsi que de nombreux autres parents, ont choisi de ne pas s’acquitter de ces frais dans les années qui ont suivi le changement de conseil scolaire.

Or, lorsque le conseil scolaire Palliser a commencé à percevoir les frais auprès de la société pour couvrir le coût de la prestation d'un programme alternatif, les familles qui n'avaient pas payé les frais ont été tenues de le faire afin de pouvoir inscrire leurs enfants pour l'année scolaire suivante. Beaucoup ont contesté cette décision.

En fin de compte, il a été déterminé que pour inscrire les élèves pour l'année scolaire 2022-2023, les familles devraient d’abord s'acquitter des frais de l'année précédente, et continuer à payer les frais pour les années suivantes.

Allégations de représailles

Les familles Elsaid et Mohammad disent avoir payé les frais. Peu après, elles affirment avoir reçu chacune une lettre les informant que l'établissement ne serait pas en mesure de proposer à [leurs enfants] des admissions pour l'année scolaire 2022-2023, et que les décisions étaient définitives.

Les deux familles croient être les seules dans cette situation. Ahmed Elsaid pense par conséquent qu’elles sont victimes de représailles de la part de l’administration de l’école qui, selon lui, n'a pas toléré que l'affaire soit médiatisée.

« Le seul problème, de leur point de vue, c'est que nous avons parlé [aux médias]. Maintenant, ils nous ciblent pour cela. »

— Une citation de  Ahmed Elsaid, parent d'élèves

Une pilule amère

Le contenu des lettres reçues a été une pilule amère à avaler pour les parents et leurs enfants.

Imaginez que la première chose que votre enfant vous demande le matin, c'est "Est-ce que je vais retourner à l'école? Est-ce que je reverrai mes amis?", affirme Yasir Mohammad.

Pour l’une des filles d'Ahmed Elsaid, Nour, 16 ans, qui entre en 12e année, cela a été un coup dur à encaisser. Je fréquente l'école depuis six ans. C'est comme ma deuxième maison.

Elle ajoute s’être sentie discriminée, car mon père avait payé les frais [...], dit-elle, en précisant avoir pleuré de nombreuses fois pendant l'été.

Décision annulée

Selon les familles Elsaid et Mohammed, la situation a soudainement évolué récemment : elles ont reçu, le 5 août, des lettres du conseil scolaire Palliser leur indiquant qu'après des discussions avec le Conseil musulman de Calgary, l'organe directeur de la Fondation de la communauté musulmane, les élèves seraient autorisés à retourner à l'école.

L'administration du conseil scolaire Palliser a décidé d'un cadre sans préjudice, sans précédent et à titre exceptionnel, de permettre l'inscription de vos enfants à l'école pour cette année seulement, est-il écrit dans ladite lettre.

Les parents se disent heureux de cette décision, mais s'inquiètent de la mention pour cette année seulement.

Par conséquent, ils se disent déterminés à se battre jusqu’au bout pour ne pas laisser cette affaire sans solution définitive. Les deux familles ont ainsi, toutes les deux, déposé une plainte auprès de la Commission des droits de la personne de l'Alberta. Une consultation de la correspondance entre les familles et l'organisme par CBC/Radio-Canada indique que les plaintes sont acceptées et que celui-ci a lancé une enquête.

Lorsqu'une plainte est acceptée, la Commission contacte la partie mise en cause pour lui communiquer les détails de la plainte, qui dispose alors de 30 jours pour répondre par une déclaration écrite.

Réaction du conseil scolaire Palliser

Le conseil scolaire Palliser a décliné la demande d’entrevue de CBC/Radio-Canada, mais a indiqué, dans un courriel transmis le 18 juillet, que c’est la Fondation de la communauté musulmane de Calgary qui a la responsabilité de trancher au sujet de cette affaire. Il a également suggéré de contacter le Conseil musulman de Calgary qui, lui, n’a répondu à aucune demande d’entrevue faite dans le dernier mois.

Lors d'un suivi la semaine dernière, le conseil scolaire a indiqué avoir résolu de nombreux problèmes portés à son attention, et que son conseil d’administration se penche sur d’autres problèmes en vue de trouver des solutions aux préoccupations qui surviennent au fur et à mesure.

L'école islamique de Calgary est un établissement communautaire fondé en 1992 pour servir la communauté musulmane de la ville. Il s'agit maintenant d'une école de la maternelle à la 12e année qui compte deux campus.

Avec les informations de CBC News

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