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Gogama risque de bientôt perdre son centre de soins infirmiers

L'extérieur du Centre de soins infirmiers.

Le Centre de soins infirmiers de Gogama assure l'unique accès aux soins dans cette communauté de 277 habitants.

Photo : Radio-Canada / Miguelle-Éloïse Lachance

La petite communauté de Gogama, située entre Timmins et le Grand Sudbury, pourrait perdre son centre de soins infirmiers le 1er septembre si une entente n’est pas conclue avec un nouvel organisme pour s’occuper de la gestion du site.

Le centre de soins infirmiers situé dans le Nord de l'Ontario se retrouve orphelin à la suite d’une décision du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS), qui cesse de le parrainer.

Selon France Gélinas, la députée de la circonscription provinciale de Nickel Belt, dans laquelle se trouve le Gogama, le CSCGS a pris cette décision en raison des défis de trouver de la main-d'œuvre.

Le CSCGS n'avait pas donné suite à une demande d'entrevue au moment de la publication de cet article.

Après le départ à la retraite d’une infirmière praticienne en 2018, qui avait été en place à Gogama pendant plusieurs années, le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury a peiné pour lui trouver une remplaçante, affirme Mme Gélinas.

En janvier, une nouvelle infirmière praticienne, Candie Pritchard, a été embauchée.

Candie Pritchard porte un chandail rose avec des fleurs.

Candie Pritchard n'est restée que quelques mois en poste à Gogama.

Photo : Avec l'autorisation de Candie Pritchard

Selon la députée, l’infirmière praticienne était tombée sous le charme de la petite communauté et était aimée des patients, mais elle a dû partir pour des raisons personnelles.

« Le Centre de santé communautaire ne se sentait pas capable de remplir ses obligations face au centre de soins infirmiers et a décidé de fermer le tout, ce qui a semé une panique incroyable à Gogama. »

— Une citation de  France Gélinas, députée de Nickel Belt

La décision survient alors que le CSCGS doit reporter des rendez-vous à Sudbury, faute de personnel.

Gerry Talbot, un retraité impliqué dans plusieurs organisations à Gogama, a appris la nouvelle par une lettre envoyée par le directeur général du CSCGS, Denis Constantineau, il y a environ deux semaines.

Un homme tient un album de photos

Gerry Talbot espère qu'une solution sera trouvée.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

L’employée qui travaille à la clinique l’a appris par un appel, raconte-t-il.

Il pense que l’annonce, inattendue, s’est faite de façon un peu sèche.

« Il y a des aînés qui m'appellent et me posent des questions. »

— Une citation de  Gerry Talbot, résident de Gogama.

Mme Gélinas martèle que les résidents de Gogama n’ont pas d’autres options dans la communauté pour obtenir des soins. Ce n’est pas comme si tu pouvais aller à une clinique sans rendez-vous ou l’urgence d’un hôpital.

M. Talbot, lui-même un patient fidèle de la clinique, note que sans le centre de soins infirmiers, il devra se déplacer à Timmins, à une heure et demie de route au Nord.

Il note que la fermeture aura un impact immense sur les aînés. Il y en a qui n’ont pas de moyens pour se rendre à Timmins.

Selon France Gélinas, il restait encore quelques services offerts sur place malgré le départ de Mme Pritchard, notamment des prises de sang, des séances de vaccination et des rendez-vous virtuels avec des médecins spécialistes.

Il y a aussi le renouvellement des prescriptions, ajoute la députée. Il y a une pharmacie de Timmins qui vient livrer au centre de soins infirmiers de Gogama, qui [s’occupe] de la livraison locale.

Mais là, on met la clé dans la porte, déplore la députée. À partir du 1er septembre, tout ça ne leur est plus accessible.

Une lueur d'espoir

Gerry Talbot affirme que des résidents de Gogama se sont mobilisés pour sauver leur centre de soins infirmiers. On a certainement pris des pas pour tenter de régler le problème.

Cela comprend la signature de pétitions et des lettres envoyées à France Gélinas et au député fédéral de Nickel Belt, Marc Serré.

La pétition a notamment été présentée à Queen’s Park, pour demander à la ministre de la Santé, Sylvia Jones, d’intervenir.

Trois agences de Timmins ont été approchées pour prendre le relai du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury pour administrer le centre de soins infirmiers de Gogama, explique France Gélinas.

Une gemme porte un veston mauve.

France Gélinas fait pression auprès de la province pour assurer un accès à des soins pour les résidents de Gogama.

Photo : Radio-Canada

Selon la députée, certaines d’entre elles auraient démontré un intérêt, à condition de renégocier le contrat avec Santé Ontario Nord-Est, l’organisme qui coordonne le système de santé pour le gouvernement ontarien.

Mme Gélinas précise ne pas être tenue au courant du déroulement des négociations.

Moi je pousse très fort pour que l’annonce soit faite avant le 1er septembre pour que les portes puissent rester ouvertes, confie-t-elle.

« Le 1er septembre, l’infirmière qui est là n’a plus d’emploi et il n’y a personne pour payer le loyer [s’il n’y a pas une nouvelle entente]. »

— Une citation de  France Gélinas, députée de Nickel Belt

Lorsque tu restes dans une communauté rurale du Nord, tu as droit à une équité d’accès, rappelle la députée de Nickel Belt.

Elle affirme qu'elle recevra une mise à jour sur ce dossier d'ici la fin de la semaine.

Tu n’auras pas le même accès qu’à Toronto, note-t-elle, mais l’équité d’accès pour la région de Gogama, c’est le Centre de soins infirmiers. Les gens doivent continuer d’avoir un point d’accès à notre système de santé.

Gerry Talbot abonde dans le même sens. C’est mieux d’avoir un médecin ou une infirmière qui vient à Gogama, même une journée par semaine, que d’envoyer toute la population de Gogama à Timmins.

Il ajoute que le parrainage par un organisme de Timmins, plutôt que de Sudbury, aurait tout son sens, car plusieurs résidents de Gogama consultent déjà des médecins timminois.

Avec les informations de Francis Beaudry

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