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À Abram-Village, la Coopérative d’artisanat reprend vie

Alvina Bernard pose pour la photo devant des courtepointes.

Alvina Bernard est la présidente de la Coopérative d'artisanat d'Abram-Village.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Après deux années de fermeture en raison de la pandémie de COVID-19, la Coopérative d'artisanat d'Abram-Village à l'Île-du-Prince-Édouard a rouvert ses portes en juin. Sa présidente, Alvina Bernard, ne cache pas sa joie de retrouver les clients, touristes ou insulaires, qui s'arrêtent pour acheter des objets fabriqués localement.

La Coopérative, c'est un magasin avec toutes sortes d'articles qui sont faits à la main par nos artisans, annonce fièrement la responsable de l'organisme, dont sont membres une soixantaine de créateurs.

Des étagères avec des objets d'artisanat.

Les objets proposés à la vente sont variés.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Tricots, napperons, photos, objets en verre de mer, colliers, dessins, vêtements d'enfants, broderie, chemises acadiennes, articles pour les chiens, on trouve n'importe quelle chose, insiste-t-elle.

Ouvert à la fin des années 1960 et situé à proximité du Village musical acadien, l'endroit n'a fermé qu'une fois en plus d'un demi siècle : pendant la pandémie de COVID-19, en 2020 et 2021.

Vue de plusieurs pièces de la Coopérative.

Le magasin de la Coopérative d'artisanat se compose de plusieurs salles pour exposer l'ouvrage de la soixantaine d'artisans qui en sont membres.

Photo : Radio-Canada / cooperative artisanat abram village ipe

On n'était pas ouvert, on avait quand même toutes nos dépenses à payer et l'argent ne rentrait pas, se désole Alvina Bernard. Elle retrouve le sourire en pensant aux dernières semaines. Depuis la réouverture, le 20 juin, les ventes atteignent 10 000 dollars.

« Ça va bien! On est bien content! »

— Une citation de  Alvina Bernard, présidente de la Coopérative d'artisanat d'Abram-Village

Du petit drapeau aux couleurs de l'Acadie aux courtepointes faites à la main, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets.

C'est long à faire, et ça prend de l'argent, note Alvina Bernard, en montrant les couvertures piquées aux motifs colorés. Vendues parfois au-delà de 1000 dollars, ces courtepointes, souvent utilisées sur un lit, font la fierté de la présidente, car elles sont représentatives d'un savoir-faire qui a du mal à se transmettre, selon elle.

La nouvelle génération n'est pas vraiment là-dedans, ils n'ont pas le temps! Les gens qui en font commencent à vieillir, croit-elle. Si t'achètes ça, ça va te faire 15 ans, voire 20!, promet-elle quand on l'interroge sur le prix.

Alvina Bernard montre une courtepointe.

Alvina Bernard aime parler de la réalisation des courtepointes, un savoir-faire qui se perd parmi les générations les plus jeunes.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Autre savoir-faire devenu rare à l'île : le tissage. Dans un coin de la Coopérative, Lorraine Gallant, membre de la Coopérative, s'active sur un métier. L'Acadienne ne connaît personnellement que trois autres personnes dans la province sachant se servir d'un pareil outil.

Tout ça, c'est mis dans les aiguilles, un fil par aiguille, ça prend 552 fils, il y en a quatre rangées différentes, tente-t-elle d'expliquer en montrant le fonctionnement du métier à tisser.

Lorraine Gallant assise devant un métier à tisser.

Lorraine Gallant travaille sur un métier à tisser installé dans la Coopérative d'artisanat. Elle ne connaît que trois autres personnes dans la province qui maîtrisent ce savoir-faire traditionnel.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

On est incroyablement chanceux de l'avoir ici. Ils sont bien occupés, j'espère qu'ils vont continuer, confie Alvina Bernard.

La responsable met l'accent sur le fait que tout est fait localement, principalement dans la région Évangéline, une condition pour devenir membre de la Coopérative et y vendre ses produits.

« On est vraiment exigeant! »

— Une citation de  Alvina Bernard, présidente de la Coopérative d'artisanat d'Abram-Village

Les profits permettent de payer les frais, notamment pendant la période de fermeture, qui s'étale de l'automne à l'été.

Des étiquettes sur un vêtement.

Chaque pièce indique le nom de l'artisan insulaire qui l'a fabriquée. Une soixantaine de personnes sont membres de la coopérative.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Durant les mois estivaux, la plupart des clients qui s'arrêtent sont des touristes, principalement de l'Ontario et du Québec, note Alvina Bernard. Cette année, elle pense fermer boutique la deuxième semaine de septembre, voire la troisième, si les affaires continuent d'être aussi bonnes.

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