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À la veille de la rentrée, les cégeps confrontés à un manque criant de personnel

Une femme tient un stylo et écrit dans un cahier.

Le réseau des cégeps peine à offrir les nombreux programmes pourtant très demandés, faute de conditions intéressantes pour embaucher ou retenir des enseignants.

Photo : getty images/istockphoto / Jardul

À quelques jours de la rentrée dans les cégeps, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et trois de ses fédérations du secteur collégial unissent leurs voix pour dénoncer un manque criant de personnel. Les responsables de ces organisations affirment que cette situation sape la capacité des établissements à offrir un enseignement de qualité, notamment du côté des techniques pourtant très fortement demandées.

Que ce soit du côté de la Fédération de l'enseignement collégial (FEC), de la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (FPSES) ou encore de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC), le message est le même : Québec doit améliorer les conditions de travail, y compris les salaires, pour attirer de nouveaux professeurs et professionnels, en plus de convaincre les employés actuels de ne pas s'en aller au privé.

Il en va, dit-on, de la qualité des services offerts dans ces institutions souvent « oubliées » par l'État, comparativement au primaire, au secondaire ou encore au niveau universitaire.

On oublie trop souvent tout le travail qui est fait au collégial, a souligné Éric Gingras, président de la CSQ, lors d'une conférence de presse tenue lundi matin.

« On sait qu'il y a des pénuries partout. C'est aussi vrai pour le collégial. Pénurie de personnel, de professionnels, d'employés de soutien, d'enseignants. »

— Une citation de  Éric Gingras, président de la CSQ

On ne veut pas que le réseau collégial soit mis de côté, a poursuivi M. Gingras, qui martèle que si on veut des élèves qui réussissent, ça prend du personnel.

Toujours selon le président de la CSQ, Québec n'aura pas d'autre choix que de s'attaquer à ce problème du manque de personnel. Après tout, dit-il, le gouvernement fait grand bruit d'investissements importants pour former davantage de travailleurs dans certains domaines très courus, comme l'informatique ou encore la santé.

Mais comment former ces cohortes si les cégeps ne peuvent offrir les cours obligatoires, faute de personnel?

Et ce n'est pas seulement l'offre de cours qui est mise à mal, indique Youri Blanchet, à la tête de la FEC, qui parle aussi de services réduits pour les étudiants atteints de handicap, en raison du manque de spécialistes.

Même son de cloche pour Éric Gingras, président de la FPPC, qui rappelle que plusieurs autres services, comme la comptabilité, la gestion des horaires, l'entretien, etc., sont soit eux aussi affectés par une pénurie de personnel ou doivent encore être modifiés en raison des effets du manque d'enseignants.

Sur 48 cégeps, 14 n'ont aucun psychologue, a-t-il souligné, en évoquant de longues périodes d'attente pour d'autres services offerts aux étudiants. Dans certains cas, on encouragerait même ceux-ci à chercher de l'aide à l'extérieur du réseau, y compris au privé.

Une adaptation nécessaire

Les responsables syndicaux ne sont toutefois pas en mesure de chiffrer précisément la pénurie de personnel dans les cégeps. Ce que Youri Blanchet affirme, cependant, c'est qu'à maximum 10 jours de la rentrée, plusieurs charges d'enseignement n'ont pas encore été distribuées, faute de personnel disponible.

« Le monde du travail change partout autour de nous. Il est plus que temps que les cégeps s'adaptent à cette nouvelle réalité. »

— Une citation de  Valérie Fontaine, présidente de la FPSES

Il faut, bien sûr, bonifier leurs conditions de travail pour les garder en emploi dans nos cégeps, mais également les assurer d'un environnement de travail plus valorisant où ils sont consultés et contribuent réellement à la bonne marche de l'établissement, ajoute Mme Fontaine.

La CSQ et ses trois fédérations du milieu collégial souhaitent ainsi jeter les bases des prochaines négociations avec Québec, en vue du renouvellement des conventions collectives. Les ententes du secteur public arriveront à échéance le 31 mars prochain.

À cette fin, les quatre leaders syndicaux réclament, par voie de communiqué, que le prochain gouvernement, quel qu'il soit, ait comme ministre de l'Enseignement supérieur une personne engagée, présente et capable de faire avancer ses dossiers au sein du Conseil des ministres.

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