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À Houston, la NASA en voie de retourner sur la Lune

Des gens dans le centre de contrôle des missions du Johnson Space Centers.

Le centre de contrôle des missions du Johnson Space Centers à Houston, au Texas.

Photo : afp /afp via getty images / MARK FELIX

Agence France-Presse

« Je travaille ici depuis 37 ans, et c'est la chose la plus palpitante à laquelle j'aie jamais participé. » Rick LaBrode est directeur de vol à la NASA, et à la fin du mois, c'est sous sa responsabilité que se déroulera une mission spatiale historique : la première du programme devant marquer le retour des Américains sur la Lune.

La veille du décollage, je ne vais pas être capable de dormir beaucoup, c'est sûr, confie-t-il à l'AFP, devant les dizaines d'écrans de la salle de contrôle des vols à Houston, au Texas.

Pour la première fois depuis la dernière mission Apollo en 1972, une fusée – la plus puissante du monde – propulsera une capsule habitable jusqu'en orbite autour de la Lune, avant de revenir sur Terre.

Un astronaute est accueilli par un parachutiste après son amerrissage.

L'astronaute de la NASA Eugene Cernan, commandant de la mission lunaire Apollo 17, est accueilli sur Terre par un parachutiste de l'US Navy, après son amerrissage dans l'océan Pacifique, le 19 décembre 1972.

Photo : Getty Images / NASA

Dès 2024, des astronautes monteront à bord pour effectuer le même trajet, et l'année suivante (au plus tôt), ils poseront de nouveau le pied sur la Lune.

Pour cette première mission test de 42 jours, appelée Artémis 1, une dizaine de personnes se trouveront à tout instant dans la salle du célèbre Mission Control Center, modernisée pour l'occasion.

Les équipes répètent le plan de vol depuis trois ans.

« Tout ça est complètement nouveau. Une toute nouvelle fusée, un tout nouveau vaisseau, un tout nouveau centre de contrôle. »

— Une citation de  Brian Perry, qui sera à la console, responsable de la trajectoire juste après le lancement

Je peux vous dire que mon cœur fera bam bam, bam bam, mais je ferai en sorte de rester concentré, dit-il à l'AFP en tapotant sa poitrine, lui qui a pourtant participé à de nombreux vols de navettes spatiales.

Les astronautes doivent s'entraîner dans cette piscine en vue de leur mission sur la Lune.

Des plongeurs travaillent lors d'un exercice d'entraînement au Neutral Buoyancy Laboratory de la NASA à Houston.

Photo : afp /afp via getty images / MARK FELIX

Au-delà de la salle de contrôle, c'est tout le Centre spatial Johnson de Houston qui s'est mis à l'heure de la Lune.

Au milieu de l'immense piscine de plus de 12 mètres de profondeur où s'entraînent les astronautes, un rideau noir a été tiré. D'un côté se trouve toujours la réplique de la Station spatiale internationale immergée.

De l'autre, un environnement lunaire est progressivement créé au fond du bassin, avec de gigantesques maquettes de roches, fabriquées par une entreprise spécialisée dans les décors d'aquarium.

« Nous avons commencé à mettre du sable au fond de la piscine il y a quelques mois seulement. Les grosses roches sont arrivées il y a deux semaines. Tout est encore en développement. »

— Une citation de  Lisa Shore, cheffe adjointe du Laboratoire de flottabilité (NBL)

Dans l'eau, les astronautes peuvent expérimenter une sensation proche de l'apesanteur. Pour l'entraînement lunaire, ils sont équipés pour ne ressentir qu'un sixième de leur poids.

Depuis une salle au-dessus de la piscine, ils sont guidés à distance, avec le décalage de quatre secondes auxquels ils seront confrontés sur la Lune.

Six astronautes s'y sont déjà entraînés, et six autres doivent suivre d'ici fin septembre, en revêtant pour la première fois les nouvelles combinaisons lunaires de la NASA.

L'âge d'or de ce bâtiment, c'était quand on faisait encore voler les navettes et que l'on construisait la station spatiale, a expliqué John Haas, chef du NBL. À l'époque, 400 entraînements en combinaison étaient menés par an, contre environ 150 aujourd'hui. Mais le programme Artémis apporte un nouvel élan.

Au moment de la visite de l'AFP, des ingénieurs et des plongeurs évaluaient la manière de pousser un chariot sur la Lune.

Représentation artistique du vaisseau spatial Orion autour de la Lune.

Le vaisseau spatial Orion se servira des forces gravitationnelles de la Terre et de la Lune pour se propulser pendant les missions Artémis.

Photo : NASA

Courir un marathon sur les mains

Les entraînements dans l'eau peuvent durer jusqu'à six heures. C'est comme courir un marathon deux fois, mais sur les mains, raconte à l'AFP Victor Glover, astronaute à la NASA rentré l'année dernière de six mois dans l'espace.

Aujourd'hui, il travaille dans un bâtiment entièrement destiné aux simulateurs. Son rôle est d'aider à vérifier les procédures et le matériel, pour que lorsque seront enfin désignés ceux qui se rendront sur la Lune (dont M. Glover pourrait faire partie), ils puissent être préparés de façon intensive et être rapidement prêts à partir.

Grâce à des casques de réalité virtuelle, ils pourront s'habituer à marcher dans les conditions lumineuses difficiles du pôle Sud de la Lune, où atterriront les missions Artémis. Là, le Soleil ne s'élève que très peu au-dessus de l'horizon, formant constamment de longues ombres très noires.

Un nouvel âge d'or

Ils devront également se familiariser avec les nouveaux vaisseaux et leurs logiciels, comme la capsule Orion. Dans l'un des simulateurs, assis dans le siège du commandant, il effectue la délicate manœuvre d'arrimage à la future station spatiale lunaire, Gateway.

Ailleurs, une réplique de la capsule, d'un volume de 9 mètres cubes pour quatre passagers, est utilisée pour des répétitions grandeur nature.

Les astronautes font beaucoup d'entraînements d'évacuation d'urgence ici, montre à l'AFP Debbie Korth, responsable adjointe du projet Orion, sur lequel elle travaille depuis plus de dix ans.

Dans tout le centre spatial, les gens sont surexcités, assure-t-elle. Pour la NASA, assurément, je crois que c'est un nouvel âge d'or qui commence.

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