•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

275 lits inutilisés dans les foyers de soins du N.-B., faute de personnel

Une chambre vacante dans un foyer de soins.

Les foyers de soins du Nouveau-Brunswick comptent environ 275 lits inutilisés en raison de la pénurie de personnel (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy R. LeBlanc

Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick recense 275 lits inutilisés dans les foyers de soins en ce moment parce qu'il manque environ 400 employés à ces établissements.

Entre-temps, des centaines de personnes âgées attendent qu’une place se libère pour elles dans ces établissements. Beaucoup d’entre elles sont soignées à l’hôpital en attendant, ce qui réduit le nombre de lits pour d’autres patients.

Cecile Cassista en entrevue.

Cecile Cassista, directrice générale de la Coalition pour les droits des aînés et des résidents des foyers de soins, dit avoir entendu des familles parler de « négligence » de leurs proches en foyer de soins (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

La province a annoncé récemment des nouveaux foyers de soins. Elle compte en ouvrir neuf au cours des prochaines années, pour un total de 600 lits supplémentaires, mais on n’arrive pas à recruter suffisamment d’employés pour tous les lits disponibles en ce moment, indique Cecile Cassista, directrice générale de la Coalition pour les droits des aînés et des résidents des foyers de soins.

Mme Cassista dit être très inquiète pour la qualité des soins prodigués aux résidents avec une telle pénurie de personnel. Des familles, selon elle, affirment que leurs proches sont enfermés dans leur chambre, que certains résidents portent leur pyjama toute la journée et passent des semaines sans qu’on leur donne un bain.

Cecile Cassista recommande au gouvernement de régler la pénurie de personnel et d’adopter des règles uniformes pour que les familles puissent visiter leurs proches et appuyer les soins qui leur sont prodigués, et ce, même en cas d’éclosion de COVID-19.

Les jambes d'une employée de foyer de soins et d'un homme poussant une marchette.

À la fin de juin, 720 personnes étaient inscrites sur la liste d’attente pour une place dans un foyer de soins, selon Cecile Cassista, dont 382 personnes qui attendaient à l’hôpital.

Photo : Radio-Canada

Quant aux personnes qui attendent dans un lit d’hôpital, elle suggère au gouvernement de les placer temporairement dans un établissement plus approprié, par exemple dans un foyer de soins spéciaux.

D’une part, le ministère du Développement social comptait à la fin de juillet environ 275 lits inutilisés dans les foyers de soins, soit environ 5,5 % des 4953 lits dans ces établissements.

D’autre part, à la fin de juin , 720 personnes étaient inscrites sur la liste d’attente pour une place dans un foyer de soins, selon Cecile Cassista, dont 382 personnes qui attendaient à l’hôpital.

Mme Cassista affirme que le nombre de personnes qui attendent dans un lit d’hôpital est inacceptable et que ces gens constituent une génération oubliée.

Le recrutement est prioritaire

La ministre du Développement social, Dorothy Shephard, affirme que le nombre de lits inutilisés est une grande préoccupation pour elle tout comme le nombre de personnes qui demeurent à l’hôpital en attendant une place dans un foyer de soins. Elle reconnaît que ces personnes ne reçoivent pas entre-temps des soins optimaux.

Recruter le personnel nécessaire pour les foyers de soins doit être hautement prioritaire pour plusieurs ministères, dont le sien, affirme Mme Shephard.

La province, ajoute la ministre Shephard, collabore avec l’Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick et le syndicat dans l’espoir d’améliorer le recrutement.

Le syndicat est profondément alarmé

Les foyers de soins et leur personnel font de leur mieux avec les ressources dont ils disposent, selon la présidente du Conseil des syndicats des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, Sharon Teare.

Le syndicat, dit-elle, est profondément alarmé pour l’avenir de ces établissements si aucune mesure incitative réelle n’est offerte pour améliorer le recrutement.

La réalité quotidienne de ces travailleurs est désolante, souligne Mme Teare. Elle mentionne par exemple un foyer de soins où chaque employé doit veiller sur 19 résidents.

Sharon Teare.

Sharon Teare est la présidente du Conseil des syndicats des foyers de soins du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Les conditions de travail difficiles liées à la pénurie de personnel causent le départ d’employés et nuisent au recrutement pour les quelque 400 postes vacants à l’heure actuelle, selon Sharon Teare.

Les employés sont épuisés, physiquement et moralement, ajoute Mme Teare. Il est injuste, dit-elle, que certains employés doivent effectuer les tâches de trois personnes sans être mieux rémunérés.

La PDG de l’Association des foyers de soins, Julie Weir, rappelle que cette pénurie de travailleurs est un enjeu national et que toutes les provinces se font concurrence en matière de recrutement. Les foyers manquent de préposés aux soins et d’un grand nombre d’autres travailleurs, y compris dans les cuisines.

Où sont les diplômés?

Le gouvernement a annoncé l’été dernier le remboursement des droits de scolarité des gens qui choisissent d'obtenir une formation en ce domaine. Près de 900 personnes ont été formées, selon le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail.

Mais nous n’avons vu aucun de ces étudiants venir travailler dans les foyers de soins, déplore Sharon Teare. Ils sont plutôt allés travailler dans d’autres domaines, comme dans les hôpitaux ou dans les soins communautaires, selon elle.

Sharon Teare dit avoir récemment proposé au gouvernement qu’il couvre les droits de scolarité des futurs préposés aux soins uniquement pour la dotation en personnel des foyers de soins où ces personnes devraient travailler pendant au moins six mois. Cet emploi, dit-elle, est très valorisant pour les préposés lorsqu'ils ne sont pas surchargés de travail.

D'après un reportage de Bobbi-Jean MacKinnon, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !