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Des élus de Trois-Rivières dénoncent l’attitude de leurs collègues

Jonathan Bradley, lors d'une séance du conseil municipal.

La moitié des conseillers municipaux signent une lettre ouverte intitulée « Travaillons ensemble » (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Radio-Canada

Sept conseillers municipaux de Trois-Rivières signent une lettre ouverte ce lundi pour critiquer l’attitude de leurs collègues. « Au lieu d’avoir des débats constructifs, nous faisons face à de l’obstruction », écrivent les signataires qui représentent la moitié du conseil municipal. Des élus qui n’ont pas signé la lettre sont déçus de cette sortie publique.

Les signataires reprochent à des conseillers de manquer d’efficacité et de vision. Trop souvent, les discussions tournent en rond pour parfois devenir de la microgestion plutôt que des échanges sur la vision d’ensemble, peut-on lire dans la lettre envoyée aux médias.

« Nous lançons un appel pour plus de cohérence et de collaboration dans le respect de nos obligations et fonctions. Il en va de l’intérêt des citoyennes et citoyens. »

— Une citation de  Extrait de la lettre signée par sept conseillers (consultez l’intégralité de la lettre ci-dessous)

Les signataires de la lettre intitulée Travaillons ensemble reprochent aussi à des conseillers de s’acharner à remettre en question les recommandations des fonctionnaires.

Depuis quelques mois, nos fonctionnaires font face à une charge de travail supplémentaire qui ne cesse de s’accroître, devant répondre constamment aux revendications de certains élu-e-s, qui embourbent inutilement la machine. Un temps précieux, que les fonctionnaires pourraient utiliser de manière beaucoup plus optimale, indiquent-ils.

Conseillers municipaux signataires de la lettre

Conseillers municipaux

Districts

Daniel Cournoyer

de Sainte-Marthe

Maryse Bellemare

de Chavigny

Sabrina Roy

de La Madeleine

Pierre Montreuil

du Carmel

Jonathan Bradley

de Richelieu

René Martin

des Carrefours

Alain Lafontaine

des Forges

Les sept signataires comptent s'adresser aux médias mardi à 17 h 30, jour de la reprise des séances du conseil municipal après la pause estivale.

Les conseillers Luc Tremblay, François Bélisle, Richard W. Dober, Pierre-Luc Fortin et Pascale Albernhe-Lahaie n’ont pas été invités à signer la lettre.

Une tentative d'intimidation, selon un conseiller

Des allégations faites par les conseillers municipaux offusquent certains des élus qui n’ont pas signé la lettre et qui jugent vouloir travailler pour le bien de la Ville.

Deux conseillers ont été approchés par les signataires pour apposer leur nom au bas de la page alors que cinq n’ont pas du tout été contactés, soit Luc Tremblay, François Bélisle, Richard W. Dober, Pierre-Luc Fortier et Pascale Albernhe-Lahaie.

Ce matin, je suis un peu frustré quand je lis ça, a déclaré le conseiller municipal du district de Châteaudun, Luc Tremblay, en entrevue à l’émission Toujours le matin, lundi.

Selon lui, cette lettre représente une tentative d'intimidation. Ils parlent de "main tendue" et on n’a même pas été invités à participer à cette lettre ou cette réunion du groupe des sept, se désole-t-il.

Conseillers municipaux non signataires

Conseillers municipaux

Districts

Luc Tremblay

de Châteaudun

Dany Carpentier

de La-Vérendrye

Richard W. Dober

de Marie-de-l’Incarnation

François Bélisle

de Pointe-du-Lac

Geneviève Auclair

de Saint-Louis-de-France

Pierre-Luc Fortin

des Estacades

Pascale Albernhe-Lahaie

des Rivières

Ce que je lisais et que je déplore, c’est qu’ils disent qu’on remet en question les décisions de nos fonctionnaires, affirme M. Tremblay. Je trouve ça ben drôle, parce qu’au moment où les fonctionnaires nous ont recommandé de fermer cinq piscines, Jonathan Bradley, qui avait une piscine [touchée] dans son district, s’est insurgé contre la décision des fonctionnaires.

Les signataires de la lettre reprochent aussi aux autres élus de ne pas faire de contre-propositions. Nous observons de "l’opposition sans proposition", une vraie perte de temps au détriment de l’avancement des travaux, écrivent-ils.

Les conseillers municipaux Luc Tremblay et Dany Carpentier rétorquent qu’ils s’efforcent de faire des propositions quand ils s’opposent à certaines idées. M. Carpentier reconnaît toutefois que ce n’est pas le cas de tout le monde. Parfois, il y a des oppositions sur une décision sans pour autant qu’il y ait de projets proposés; je trouve ça parfois difficile, ça, a-t-il déclaré en entrevue à l’émission Toujours le matin.

Le conseiller municipal du district de La-Vérendrye, Dany Carpentier, raconte avoir été approché pour signer cette lettre et a refusé de le faire. Il confirme par contre que parfois, on a entendu des élus qui critiquaient fortement le travail des fonctionnaires.

Soyons clairs. Les signataires de ce texte ne forment pas un parti, ont tenu à écrire les sept conseillers, ce que Luc Tremblay trouve bizarre dans le contexte. Ça n’a pas de sens, ce qu’ils font, c’est comme faire un parti politique. Il y en a six qui votent toujours du même côté que le maire, estime-t-il.

Je ne sais pas vraiment à quoi ça va servir [la lettre ouverte], conclut Dany Carpentier.

Possible plainte à la Commission municipale du Québec

Le conseiller municipal du district des Forges, Alain Lafontaine, songe à déposer une plainte pour intimidation et harcèlement à la Commission municipale du Québec (CMQ) contre son collègue du district de Marie-de-l’Incarnation, Richard W. Dober.

Une divergence d’opinions au sujet du Grand Prix de Trois-Rivières (GP3R) serait à l’origine d’échanges corsés entre les deux hommes.

Tous les membres du conseil étaient très mal à l'aise quand il a parlé de ma grosseur physique et de mon QI qui était très, très bas, estime M. Lafontaine.

M. Dober croit qu’il n’a rien à se reprocher, mais admet avoir haussé le ton pour mettre fin à la discussion. Quand une rencontre à huis clos dérape, parce que le maire laisse déraper, je trouve que c’est inacceptable. Je pense qu’il y a un manque de leadership autour de la table, affirme le conseiller municipal du district de Marie-de-l’Incarnation. Je ne me laisserai pas intimider, ajoute-t-il.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, n’a pas souhaité commenter cette situation.

Avec des informations de Jonathan Roberge

Lettre intégrale envoyée aux médias par sept élus

Déjà la mi-août et la reprise des séances publiques du conseil municipal qui s’y rattache. Plénières et différents comités durant lesquels nous devons considérer les enjeux et les défis que notre ville doit relever. Des échanges qui nous permettront de prendre les meilleures décisions pour la population que nous représentons. À l’aube de ce retour, il est nécessaire de nous exprimer sur l’attitude de l’élu-e lors de ces rencontres.

Soyons clairs. Les signataires de ce texte ne forment pas un parti. Nous avons cependant un profond désir de travailler ensemble. Malheureusement, depuis l’élection de novembre 2021, nous n’arrivons pas à un niveau de collaboration satisfaisant. Au lieu d’avoir des débats constructifs, nous faisons face à de l’obstruction. Trop souvent, les discussions tournent en rond pour parfois devenir de la microgestion plutôt que des échanges sur la vision d’ensemble. Nous observons de l’opposition sans proposition, une vraie perte de temps au détriment de l’avancement des travaux.

Depuis quelques mois, nos fonctionnaires font face à une charge de travail supplémentaire qui ne cesse de s’accroître, devant répondre constamment aux revendications de certains élu.e.s, qui embourbent inutilement la machine. Un temps précieux, que les fonctionnaires pourraient utiliser de manière beaucoup plus optimale! Nous déplorons que certains élu-e-s s’acharnent à remettre en question les recommandations de nos expert.e.s. Qu’ont-ils et elles à gagner à s’ingérer dans le processus opérationnel? Nous lançons un appel pour plus de cohérence et de collaboration dans le respect de nos obligations et fonctions. Il en va de l’intérêt des citoyennes et citoyens.

Nous voulons aujourd’hui lancer un message clair. À l’heure où nos villes doivent relever de grands défis, il faut trouver les meilleures solutions. Il faut les chercher ensemble. Pensons seulement aux enjeux budgétaires, aux changements climatiques, à la situation du logement ainsi qu’au coût de réfection de nos infrastructures. Autant de raisons de mettre fin à une opposition nuisible. Bien sûr, il faut continuer de poser des questions. C’est le rôle des élu-e-s, mais pas au point d’embourber le fonctionnement de notre ville.

Adoptons le respect, le civisme et le savoir-vivre dans nos échanges en conformité avec l’éthique reliée à notre fonction. Concentrons nos énergies aux bons endroits. Poursuivons la construction de notre ville moderne.

C’est le mandat qui nous a été confié par la population. Ceci constitue une main tendue aux autres membres du conseil.

  • Daniel Cournoyer, maire suppléant, conseiller district de Sainte-Marthe
  • Maryse Bellemare, vice-présidente du comité exécutif, conseillère district de Chavigny
  • Sabrina Roy, membre du comité exécutif, conseillère district de La Madeleine
  • Pierre Montreuil, conseiller district du Carmel
  • Jonathan Bradley, conseiller district de Richelieu
  • René Martin, conseiller district des Carrefours
  • Alain Lafontaine, membre du comité exécutif, conseiller district des Forges

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