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Une espèce envahissante menace l’industrie viticole en Ontario

Fulgore tacheté en grand plan.

Le fulgore tacheté a récemment été détecté dans l’État de New York, près de la région viticole de Niagara.

Photo : Centre des espèces envahissantes

Radio-Canada

Selon des experts, une espèce d'insectes envahissante menace l’industrie viticole de l’Ontario. Il s’agit du fulgore tacheté, qui a récemment été détecté dans l’État de New York, non loin de la région de Niagara.

À première vue, le fulgore tacheté ressemble à un papillon coloré. L’insecte appartient cependant à la famille des punaises et ne peut pas voler. On peut l’identifier grâce à son apparence colorée et ses taches rouges et noires sur les ailes, selon le site web du Centre des espèces envahissantes.

D’origine asiatique, le fulgore tacheté a été aperçu pour la première fois en Pennsylvanie en 2014 et s’est depuis propagé dans six autres États américains.

Deux fulgores tachetés.

D’origine asiatique, le fulgore tacheté a été aperçu pour la première fois dans l’État de la Pennsylvanie en 2014 et s’est depuis propagé dans six États américains.

Photo : Centre des espèces envahissantes

Emily Posteraro est coordonnatrice du développement des programmes au Centre des espèces envahissantes, un organisme canadien à but non lucratif. Selon elle, il y a de quoi s’inquiéter.

Le fulgore tacheté aime vraiment se nourrir des vignes. Il a détruit beaucoup de vignes et d’autres arbres fruitiers tendres aux États-Unis, explique-t-elle.

Bien que cette espèce envahissante n’a pas encore été détectée au Canada, certains indiquent que ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne franchisse la frontière.

Nous avons qu’elle envahit le nord de l’État de New York et qu’elle finira par se frayer un chemin jusqu’au Canada, lance Debbie Zimmerman, la directrice de l’organisme Grape Growers of Ontario.

Elle explique que le fulgore tacheté se nourrit de la sève sucrée des plantes. C'est pour cette raison qu'il représente une menace de taille pour les vergers, les vignobles et les érablières.

Rester vigilant face au fulgore tacheté

Norm Beal est le propriétaire du vignoble Peninsula Ridge Estate dans la région de Niagara. Il est tout aussi préoccupé par la progression de cette espèce.

Nous sommes tous très inquiets. C’est une autre espèce envahissante et nous ne voulons pas avoir à penser à ça présentement, dit-il.

« Je suis très inquiet, mais pour le moment nous sommes à l’avance du problème, ce qui est une bonne chose. »

— Une citation de  Norm Beal, propriétaire du vignoble Peninsula Ridge Estate

Selon lui, il faut être vigilant et bien surveiller les vignobles.

Nous devons surveiller nos vignobles, ainsi que les lignes d’arbres autour des vignobles, afin de trouver des indications précoces que le fulgore tacheté est arrivé au Canada. Ensuite, nous pourrons penser à comment y répondre, explique-t-il.

Mme Posteraro du Centre des espèces envahissantes est en accord.

La détection précoce est essentielle pour atténuer les dommages. Il est plus facile de contrôler la situation et c’est moins coûteux à l’étape de la prévention. Une fois que nous passons à l’étape de la gestion, c’est beaucoup plus difficile, explique-t-elle.

Si quelqu’un aperçoit un fulgore tacheté, Emily Posteraro recommande de prendre des photos, de noter l’emplacement et de le signaler à l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Plusieurs fulgores tachetés sur un arbre.

Bien que cette espèce envahissante n’ait pas encore été détectée au Canada, certains indiquent que ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne franchisse la frontière.

Photo : Centre des espèces envahissantes

La professeure titulaire en sciences biologiques à l’Université Brock Liette Vasseur indique par ailleurs que tous les Canadiens doivent être sensibilisés à l’arrivée du fulgore tacheté, puisque cette espèce peut vivre autant en milieu rural qu’en milieu urbain.

Il est possible pour la femelle de pondre des œufs sur une surface lisse, comme sur des véhicules. Si un insecte est sur un véhicule et que personne ne le remarque, il pourrait facilement franchir la frontière, dit-elle.

D’où la raison pour laquelle les Canadiens qui visitent des vignobles aux États-Unis doivent être vigilants à leur retour au pays, selon Mme Vasseur.

Par ailleurs, la chercheuse indique aussi que les changements climatiques pourraient jouer un rôle dans l'augmentation du nombre d'espèces envahissantes au Canada.

« Si une espèce peut survivre ici, elle peut se reproduire ici. Et si elle peut se reproduire ici, elle peut éventuellement établir une population. »

— Une citation de  Liette Vasseur, professeure titulaire en sciences biologiques à l'Université Brock

Une saison d’été plus longue et des hivers plus tempérés en raison de la hausse des températures permettent à davantage d’espèces envahissantes de se répandre et de vivre plus longtemps, explique-t-elle.

De son côté, le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario indique par communiqué qu’il effectue actuellement des relevés de mouches tachetées dans les zones à plus haut risque pour aider à la détection précoce du fulgore tacheté.

Avec les informations d'Aya Dufour et de CBC

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