•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La vérification d’identité fait dégriser les vendeurs de cannabis en ligne de l’Alberta

Intérieur d'un commerce de cannabis.

Selon le propriétaire du magasin Northern Lights Supply, Derek Shields, les ventes de cannabis en lignes peinent à s'embraser.

Photo : Radio-Canada / Anusha Kav

Radio-Canada

Des vendeurs de cannabis légal de l’Alberta peinent à voir décoller leurs ventes en ligne depuis qu’ils en ont le droit.

Dès que la réglementation a changé, nous nous sommes lancés le plus rapidement possible pour en profiter, explique Derek Shields, le propriétaire de Northern Lights Supply, à Nisku.

Depuis que la province s’est retirée de la vente en ligne, en mars, 232 des 765 commerces autorisés à vendre du cannabis en Alberta se sont lancés dans le commerce en ligne.

Selon Derek Shields, après une floraison hâtive des affaires, surtout pour les commandes à cueillir en magasin, l’engouement s’est éteint au point d’empêcher les ventes en ligne d’atteindre la rentabilité requise pour rendre la livraison payante.

La livraison est un défi, surtout à cause du coût de la main-d’oeuvre, des assurances, du carburant et des véhicules, explique-t-il, notamment parce que la province oblige les commerces à avoir leur propre service de livraison ou à recourir aux services de Poste Canada ou d’une entreprise de messagerie reconnue.

Quand la vérification d’identité rend les profits discrets

Parmi les autres éléments qui tendent à étouffer les ventes en ligne, il y a le processus de vérification d’âge et d’identité des clients qui veulent accéder au site Internet d’un commerce et y acheter du cannabis, de même que la vérification d’identité à la livraison, déplorent certains commerçants.

Plusieurs de nos clients trouvent [la vérification d’identité] un peu lourde, soutient le vice-président aux affaires publiques et corporatives de High Tide, l’entreprise qui exploite les magasins Canna Cabana dans la province.

Nous avons remarqué que l’obligation de créer un compte en ligne et d’envoyer une copie d’une pièce d’identité a résulté en une croissance beaucoup plus modérée des ventes en ligne en Alberta qu’en Ontario et dans d’autres provinces.

L’Ontario, par exemple, n’exige pas que les clients téléchargent une pièce d’identité avant de leur permettre de visiter le site web d’un commerce. Elle n’exige qu’une vérification d’âge, suivie d’une vérification d’identité au ramassage ou à la livraison.

Le magasinage en personne reste la méthode la plus populaire

Aux barrières en ligne, il faut ajouter la préférence personnelle des clients, note le professeur associé Michael Armstrong, de l’Université Brock.

Le chercheur qui s’est penché sur l’évolution du marché explique que les ventes en ligne ne comptent que pour un faible pourcentage de l’ensemble des ventes de cannabis, notamment parce que les consommateurs préfèrent l’anonymat que procure la transaction en personne.

Non seulement ils ont vu le produit et ont reçu les conseils du commerçant, [mais] ils n’ont qu’à montrer rapidement leur carte d’identité, payer en argent comptant et sortir sans que la transaction laisse d’autres traces, explique-t-il.

Michael Armstrong ajoute que les plus grands joueurs du domaine ont de meilleurs moyens financiers pour gérer un système de vente en ligne, ne serait-ce que par la force du nombre de magasins représentés sur un site Internet unique.

La vente en ligne requiert la création d’un site Internet, l’implantation d’un système de paiement et, en Alberta, le recours à un système de cueillette et de vérification d’identité, ce qui ajoute aux coûts de déploiement, surtout pour les plus petits commerces.

Avec les informations d’Anusha Kav

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !