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Festive et jubilatoire, la lutte fait corps avec le théâtre au festival ROYALMANIA

Un lutteur est sur scène et tient un micro.

Le festival ROYALMANIA se tiendra du 6 au 24 septembre.

Photo : Théâtre Aux Écuries

Fanny Bourel

En préambule de sa saison 2022-2023, le Théâtre aux Écuries organisera, du 6 au 24 septembre, une première : ROYALMANIA, un festival de… lutte-théâtre. Ces deux univers que tout oppose en apparence ont pourtant beaucoup en commun, au point que Maxime Champagne, dont le texte Champion sera lu à l'occasion de ce festival montréalais, aimerait faire entrer la lutte dans les théâtres.

C’est important d’ouvrir la prochaine saison avec un événement de lutte-théâtre très festif et joyeux qui nous ramènera au plaisir fondamental d’être ensemble au théâtre et de vivre un moment de jubilation collective, explique Marcelle Dubois, directrice générale et codirectrice artistique du Théâtre aux Écuries.

Après la pandémie et les privations, je pense que revenir à des formes très physiques, où le corps exulte et où on laisse aller nos pulsions, est un vrai besoin chez les créateurs comme chez les spectateurs, ajoute-t-elle.

Si Robert Lepage a déjà invité la lutte au théâtre Le Diamant, à Québec, organiser tout un festival centré sur la lutte et le théâtre est inusité.

L’idée de cet événement est venue de la réception, par le Théâtre aux Écuries, de trois projets de spectacles différents axés sur la lutte. Plutôt que de jouer la concurrence et de ne choisir qu’un projet, l’équipe du théâtre a décidé de créer ROYALMANIA. Si autant d’artistes se posent cette question, c’est qu’il y a là un désir de remettre en question l’art vivant dans toute la truculence et le côté "agora" de la lutte, dit-elle.

Du Shakespeare en version lutte

À l'occasion de ce festival, le public pourra ainsi découvrir plusieurs œuvres sur scène. Entièrement écrit en alexandrins, Agamemnon in the Ring revisite l’histoire de la grande tragédie grecque Agamemnon et transpose l’épopée de la guerre de Troie dans le monde de la lutte. On joue vraiment avec les codes du classique et ceux de la lutte contemporaine, qui est plus rough, explique Marcelle Dubois.

Autre création : Dick the Turd. Il s’agit d’une interprétation libre de la pièce Richard III, de Shakespeare, sous forme d’un gala de lutte.

Quant à Champion, ce texte de théâtre documentaire a été présenté au Festival du Jamais Lu en 2019. Il retrace le parcours du lutteur Dave Racicot, champion d’Hochelaga qui cache des mensonges. C’est très éducatif et drôle, résume la directrice.

De vrais lutteurs côtoient des comédiens et des comédiennes dans Champion. Ce n'est pas n’importe quel lutteur qui pourrait se prêter au jeu, mais ceux-là ont très rapidement compris les codes du théâtre, car ils ont un sens du spectacle et du timing incroyables.

Rendre le théâtre plus populaire grâce à la lutte

Maxime Champagne, l’auteur de Champion, assiste à des galas de lutte depuis qu’il est adolescent. Certains lutteurs sont même devenus ses amis.

Il souhaite voir le milieu du théâtre faire une place à la lutte, qu’il considère comme proche des arts du cirque. Comme en théâtre, il y a une histoire qui est racontée, mais différemment, de manière physique, estime-t-il. La lutte a des codes théâtraux très clairs : les lutteurs jouent la surprise, la douleur, le drame…

Un homme porte un masque bleu et blanc.

L'auteur et fan de lutte Maxime Champagne

Photo : Facebook/Théâtre Aux Écuries

Selon lui, la lutte et le théâtre ont beaucoup à s’apprendre mutuellement. À ses yeux, la première devrait se théâtraliser davantage, pour améliorer sa qualité artistique, et le théâtre a besoin de se décoincer.

Le jeu est plus physique, brut et primaire. Dans les théâtres, il est rare de voir un public excité qui interagit avec la pièce, alors que, dans un gala de lutte, la foule a droit d’interagir et de modifier l’issue du combat.

Selon Maxime Champagne, ramener cette effervescence dans les théâtres permettrait de démocratiser cet art et d’attirer un public plus amateur de sport qui n’a pas l’habitude de fréquenter ces lieux culturels.

La préparation de ROYALMANIA fait se rapprocher ces deux univers puisque des comédiens et des comédiennes travaillent depuis des mois avec des lutteurs pour les besoins de leurs rôles. Ils suivent un entraînement très strict, apprennent des cascades et deviennent des virtuoses de la tromperie, précise Marcelle Dubois.

D’ailleurs, Pat Laprade, historien de la lutte professionnelle et journaliste sportif, ainsi que les lutteurs Matt Falco et Benjamin Tull participeront aussi au festival.

L’ensemble de la programmation de ROYALMANIA et l’horaire des représentations sont accessibles en ligne (Nouvelle fenêtre).

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