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Croisières aux baleines en Gaspésie : une bonne saison malgré des baleines moins visibles

Une quarantaine de personnes sont assises dans un bateau amarré dans un petit port.

Les croisières aux baleines à Gaspé ont enregistré cet été une hausse de la clientèle internationale.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Coralie Mensa

Les croisières d’observation de baleines en Gaspésie connaissent cet été une hausse de la clientèle internationale. Cet engouement permettra à certaines compagnies, comme les Croisières Baie de Gaspé, de prolonger leur saison. Les baleines, en revanche, se sont faites plus discrètes dans les dernières semaines.

Le propriétaire de Croisières Baie de Gaspé, Jean Roy, constate que les touristes étrangers, notamment les Européens, sont de retour cette année, alors qu’ils s’étaient absentés durant la pandémie.

Il explique que cette clientèle, qui vient aussi davantage en automne, lui permettra d’étirer la saison. Croisières Baie de Gaspé offrira cette année des croisières jusqu’au 18 octobre, alors que la saison se termine habituellement le 11 octobre, non pas faute de baleines, mais de clients.

Un petit bâtiment en bois abrite la boutique de Croisières Baie de Gaspé.

Croisières Baie de Gaspé prévoit de prolonger sa saison cette année grâce à l'engouement des visiteurs internationaux.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Les touristes du Québec et d'ailleurs au Canada sont aussi au rendez-vous, bien que moins nombreux qu’en 2020 et en 2021. Pendant la pandémie, c’était exceptionnel, mais là, cette année, on retourne un peu plus à des nombres qu’on avait avant la pandémie, souligne la guide-interprète chez Croisières Baie de Gaspé Myriam Ouellet.

Moins de baleines que les années précédentes

Si les visiteurs sont bien présents cet été, les baleines, elles, ont été plus discrètes ces dernières semaines dans les eaux du Saint-Laurent.

Jean Roy mentionne que depuis la mi-juillet jusqu'à il y a quelques jours, son équipe ne repérait qu’une ou deux baleines par jour, là où elle en observe en moyenne de 30 à 40 quotidiennement au large de Gaspé.

« Ce que l’équipe remarque, c’est que les baleines bougent énormément. Elles passent et elles repartent [...]. Elles peuvent quitter un secteur en une heure. Entre deux croisières, on peut les perdre super rapidement. Donc oui, on a cherché beaucoup dans le dernier mois, ça a été difficile. »

— Une citation de  Myriam Ouellet, guide-interprète chez Croisières Baie de Gaspé
Elle pose devant un bateau de croisière aux baleines dans le port.

Myriam Ouellet, guide-interprète chez Croisières Baie de Gaspé, explique que l'équipe est beaucoup sortie en mer à la recherche de baleines.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Le directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud, confirme la situation vécue sur le terrain par les croisiéristes.

Pour l’instant, depuis quelques semaines, sans que ce soit un passage à vide, la situation est très différente de l’année dernière, mais aussi des années précédentes, analyse-t-il.

La variation du nombre de mammifères s’explique selon lui par la recherche de nourriture.

Le chercheur Robert Michaud, sur sa galerie à Bergeronnes, avec vue sur les eaux brumeuses du fleuve Saint-Laurent.

Le chercheur Robert Michaud explique que depuis les années 2000-2010, les populations de baleines varient de plus en plus d’une année à l’autre (archives).

Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry

Si le chercheur qualifie la situation d'exceptionnelle cette année, elle ne l’inquiète pas encore.

Ce qui est à retenir, c’est pas que ce soit une bonne ou une mauvaise nouvelle, c’est que l’environnement dans lequel ces baleines évoluent à chaque année varie beaucoup. Il varie de plus en plus, puis de plus en plus abruptement. Et ça, c’est un peu ce qu’on nous avait prédit comme une des conséquences des bouleversements climatiques [...], souligne Robert Michaud.

« Ce n’est pas le fait qu’il y ait moins de baleines pendant un mois qui est inquiétant. Ce qui est particulier, c’est de voir ces changements marqués d’une année à l’autre. C’est un rappel pour nous que c’est vrai que ça change. »

— Une citation de  Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM)
Un bateau d'observation des baleines entre dans un petit port.

Robert Michaud rappelle qu'août et septembre sont les meilleurs mois pour observer des baleines dans les eaux du Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Le chercheur indique toutefois que les baleines devraient être davantage présentes dans les eaux du Saint-Laurent en août et en septembre.

D’après le reportage de Marguerite Morin et avec la collaboration d’Alice Proulx

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