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Le prix moyen des loyers à Ottawa atteint un sommet

Une affiche à louer devant une maison.

Le prix mensuel moyen de location d'un appartement, d'un condo, d'une maison en rangée, d'un duplex ou d'une maison de deux chambres dans la capitale fédérale a dépassé les 2000 $ pour la première fois au printemps dernier, selon les plus récentes données de RentFaster.

Photo : CBC News

Radio-Canada

Les locataires d'Ottawa ont de plus en plus de mal à trouver un logement abordable. Les loyers atteignent des sommets inégalés alors que le nombre d'unités disponibles continue de baisser.

Selon les plus récentes données de RentFaster, un site d'annonces de location populaire au Canada, le prix mensuel moyen de location d'un appartement, d'un condo, d'une maison en rangée, d'un duplex ou d'une maison de deux chambres dans la capitale fédérale a dépassé les 2000 $ pour la première fois au printemps dernier.

Au cœur de l’été, le coût moyen de location était estimé à près de 2100 $ par mois.

Pendant ce temps, il y a deux fois moins d’unités de logement de deux chambres disponibles à Ottawa, comparativement à la même période il y a un an. L’été dernier, un peu plus de 300 logements étaient à louer, comparativement à environ 130 actuellement.

CBC s’est entretenue avec trois résidents d’Ottawa à la recherche d'un logement pour discuter des problèmes auxquels ils doivent faire face.

Trop cher pour vivre seule

Pour Grace Salomonie, une professionnelle de 21 ans, trouver un appartement à louer signifie qu'elle doit faire des choix difficiles.

Mme Salomonie avait espéré trouver un logement d'une chambre dans lequel elle pourrait vivre seule. Elle cherchait un appartement près de son lieu de travail, au centre-ville, dans le but d’économiser pour retourner à l'école et pour avoir un jour sa propre maison.

Cependant, jusqu'à présent, Grace Salomonie n'a rien trouvé qui cadre avec le budget de 1200 $ par mois qu'elle s’est fixé.

Je veux investir dans mon avenir. Toutefois, avec le marché actuel à Ottawa, je ne suis pas sûre que je serai en mesure d'avoir l'avenir dont je rêve ou d'avoir ma propre maison, dit-elle.

Mme Salomonie a été contrainte de revoir ses projets et de vivre en colocation. Elle dit craindre ne jamais être en mesure de vivre seule. Se loger accapare une grande partie de ses revenus, ce qui lui laisse peu de marge de manœuvre pour faire des économies.

C'est très très cher, déplore-t-elle.

Déjoués à trois reprises par la surenchère

Erin Hobson, 39 ans, et son conjoint ont perdu trois fois face à des offres concurrentes déposées par d’autres locataires.

Erin-Hobson se fait prendre en photo dans son logement.

Erin Hobson souhaite trouver un logement plus grand, mais la demande est forte comparativement à l'offre à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

C'est très frustrant quand on veut s'installer et tout faire pour réussir en vue de l'avenir, dit-elle.

Depuis 2020, elle et son conjoint vivent dans un appartement exigu d'une chambre dans le centre-ville, où ils rangent un canot au-dessus de leur lit pour gagner de l’espace. Ils souhaitent maintenant trouver un logement plus grand.

Ils espèrent trouver une unité de deux chambres avec un espace extérieur et une place de stationnement. Ils ont établi un budget de 1500 $ à 3000 $ par mois.

Après avoir visité plusieurs appartements, Mme Hobson avoue être découragée par la difficulté de trouver un logement à prix raisonnable dans la capitale fédérale. Elle se dit surtout surprise du phénomène de surenchère, qui contrecarre sans arrêt les projets qu'elle et son conjoint chérissent, même s'ils disposent d’un budget plus garni puisqu’ils travaillent à temps plein tous les deux.

Mme Hobson a confié qu’elle envisage maintenant de faire une croix sur ses projets de déménager dans un appartement plus grand, même si, pour cela, elle devra mettre en veilleuse ses projets d’avoir des enfants ou un chien.

Au bord de l’éviction

Peggy Rafter fait partie des quelque deux douzaines de locataires menacés d'expulsion du Manor Village, à Nepean, où des maisons en rangée à prix modique doivent être rénovées pour faire place à des logements améliorés pour étudiants.

Peggy Rafter se fait prendre en photo devant sa résidence.

Peggy Rafter doit déménager, car sa résidence à prix modique sera rénovée pour faire place à des logements améliorés pour étudiants. Retraitée, elle est incapable de trouver un logement comparable qui cadre avec son budget.

Photo : Gracieuseté : Peggy Rafter

Aînée à la retraite, elle habite son logement subventionné de deux chambres depuis maintenant 30 ans, mais on lui a demandé de quitter les lieux d’ici la fin septembre.

C'est effrayant. Je finirai probablement dans un refuge, comme d’autres personnes ici, lance-t-elle.

Mme Rafter dit chercher chaque jour un nouvel endroit où vivre, mais elle ne trouve rien de comparable à sa maison qui corresponde à son budget.

Elle paie actuellement moins de 1200 $ par mois pour son logement, qui comprend un sous-sol fini, une cour arrière et le coût des services publics.

Jusqu'à présent, toutes les unités similaires qu'elle a trouvées à Ottawa se louent plus de 2000 $ par mois, ce qui est bien au-delà de son budget.

C'est impossible, pour moi ou pour les autres locataires ici, de payer ces prix pour un loyer, a-t-elle déclaré.

Mme Rafter a travaillé avec la section locale d'ACORN Canada, une organisation communautaire de justice sociale, pour contester l'avis d'expulsion. Elle et les autres locataires attendent une date d'audience de la part de la Commission de la location immobilière de l'Ontario.

Cette retraitée affirme que sa situation n'est pas unique. Elle aimerait donc que des mesures énergiques soient prises pour protéger les personnes à faible revenu contre la hausse du coût du logement. Elle espère aussi qu'une meilleure politique d'encadrement des loyers et de redistribution des logements inoccupés soit adoptée.

Presque impossible de trouver des logements abordables

Selon Meg McCallum, directrice générale par intérim de l'Alliance pour mettre fin à l'itinérance à Ottawa, l’offre insuffisante de logements locatifs dans la capitale fédérale n'est qu’un des facteurs qui contribuent à la hausse des loyers.

Tout d'abord, le parc locatif est trop petit. Et quand les gens cherchent des logements abordables, il y a une forte concurrence, explique-t-elle.

Selon les données avancées par Mme McCallum, environ 34% des logements à Ottawa sont des logements locatifs, et moins de la moitié d’entre eux sont abordables.

Les unités plus récentes se louent également plus cher, compte tenu de la hausse des coûts de construction.

Ironiquement, une des mesures utilisées par la Banque du Canada pour maîtriser l'inflation semble exacerber le problème, selon certains observateurs. L'Association canadienne de l'immeuble estime que la hausse des taux d'intérêt pousse de plus en plus de gens à renoncer à l'achat d'une maison au profit de la location.

Cette situation crée une pression difficile à absorber pour les familles à faible revenu, note Mme McCallum.

Il y a un taux d'inoccupation de presque zéro pour cent pour les logements abordables. [...] Pour une personne qui travaille au salaire minimum, qui vit de sa retraite ou d'une prestation du programme ''Ontario au travail'' ou qui reçoit des paiements de soutien aux personnes handicapées de l'Ontario, trouver un logement qui correspond à ses moyens est quasi impossible, soutient Mme McCallum.

Elle est d’avis que même un retour à des prix normaux ne suffirait pas pour régler les problèmes de logement et d’itinérance à Ottawa, observables même avant la pandémie de COVID-19.

Avec les informations de Safiyah Marhnouj, de CBC

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