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La poésie de Joséphine Bacon chantée par la soprano inuk Deantha Edmunds

Deantha Edmunds porte un anorak avec une capuche en fourrure à l'extérieur.

Deantha Edmunds est une soprano inuk qui a fait sa marque avec la musique unique du Nunatsiavut, un territoire autonome géré par les Inuits de Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Against the Grain Theatre/Justin Oakley

Les textes de la poète innue Joséphine Bacon résonneront dimanche à l’auditorium de la Grande Bibliothèque, à Montréal, à l’occasion du spectacle Quelque part et autres lieux, un concert qui mêle mots et musique et qui est proposé à l'occasion du Festival international Présence autochtone.

C’est Deantha Edmunds, connue comme étant la première chanteuse classique inuk du Canada, qui portera en chant le recueil Uiesh Quelque part de Joséphine Bacon selon une adaptation de Tim Brady. Elle sera accompagnée de quatorze musiciens et musiciennes du Nouvel Ensemble moderne, dirigé par la cheffe Lorraine Vaillancourt.

J’étais très enthousiaste à l’idée d’accepter l’invitation du Nouvel Ensemble moderne, car j’étais déjà une grande admiratrice de Joséphine Bacon. Sa poésie est merveilleusement belle, elle parle à mon âme, raconte Deantha Edmunds.

Pour l’occasion, la soliste, qui a l’habitude de chanter en inuktitut, une des principales langues inuit, a dû apprivoiser l’innu-aimun, la langue innue dans laquelle Joséphine Bacon a rédigé ses textes.

Vêtue d'un manteau chaud, Joséphine Bacon se trouve au milieu d’un terrain vague.

En 2018, Joséphine Bacon a fait paraître « Uiesh – Quelque part », un recueil de poésie en innu-aimun et en français.

Photo : BAnQ / Laure Morali

Pour ce faire, cette chanteuse originaire du Labrador a écouté sans relâche des enregistrements de la poète en train de réciter son œuvre afin de reproduire chacune de ses syllabes en plus de travailler avec une professeure.

Elle a ensuite chanté les poèmes en présence de Joséphine Bacon. Voir ses expressions sur son visage et dans ses yeux quand elle m’a entendue chanter ses mots, c’était vraiment très spécial, se rappelle-t-elle.

« J’aime tellement chanter en innu-aimun! C’est une langue merveilleuse. »

— Une citation de  Deantha Edmunds, chanteuse soprano

Célébrer les voix autochtones

La soprano Deantha Edmunds accueille à bras ouverts l’occasion de créer des ponts entre différentes cultures et diverses œuvres autochtones. À ce point-ci de ma carrière, je cherche des occasions pour bâtir des liens plus forts avec d’autres artistes autochtones et un public plus vaste, explique-t-elle.

L’artiste a fait sa renommée en chantant la musique unique du Nunatsiavut, un territoire autonome géré par les Inuits de Terre-Neuve-et-Labrador.

Il s’agit d'œuvres d’abord écrites par des compositeurs et des compositrices originaires de l’Europe, que des missionnaires allemands ont apportées il y a 250 ans. Des communautés inuit se les sont ensuite appropriées, chantant en inuktitut et jouant de leurs instruments traditionnels.

Deantha Edmunds poursuit d’ailleurs son exploration culturelle et musicale avec son nouvel album Connections, qui propose neuf chansons originales en anglais et en inuktitut.

Il s’agit, selon elle, d’un genre musical difficile à définir. C’est contemporain, c’est classique, c’est autochtone, raconte-t-elle.

Vêtue de rouge, Deantha Edmunds chante au micro devant une image de montagne.

Deantha Edmunds a chanté au Frankfurt Book Fair en 2021 alors que le Canada était l'invité d’honneur.

Photo : Facebook/Deantha Edmunds

« Je trouve que c’est très important de faire connaître la musique, la poésie et l’art autochtones autant que possible. Nos voix ont été opprimées et réduites au silence si souvent qu’il est temps de les célébrer. »

— Une citation de  Deantha Edmunds, chanteuse soprano

Le spectacle Quelque part et autres lieux sera présenté dimanche à 19 h à l’auditorium de la Grande Bibliothèque de Montréal.

En première partie du concert, l’ensemble de guitares Forestare, piloté par le chef Pascal Germain-Berardi, présentera Arauco : por fuerte, principal y poderosa, une œuvre inspirée d’un poème espagnol, ainsi que Garder le feu, une lecture avec musique des poèmes d’Andrée Levesque Sioui narrés par l’autrice.

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