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« On a besoin d’une gestion plus responsable » de l’eau au Québec

Vue aérienne de piscines et de maisons dans un quartier résidentiel typique de banlieue.

«On le sait qu'au Québec, malgré l'abondance de l'eau potable, on a un défi. On a des régions plus vulnérables que d'autres», a reconnu Benoit Charette, ministre de l’Environnement du Québec.

Photo : getty images/istockphoto / R.M. Nunes

Radio-Canada

Manque de transparence sur l’utilisation industrielle de l’eau au Québec, absence de données sur les zones atteintes de sécheresse dans la province, faible sensibilisation des Québécois sur leur consommation de cette ressource naturelle « qui semble inépuisable » et gratuite : Me Marc Bishai, avocat au Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), réclame une meilleure gestion participative de la ressource hydrique.

Même si l’été a suspendu les travaux de l’Assemblée nationale, l’expert en droit de l’environnement rappelle l’importance du projet de loi 42 sur la révision des redevances exigibles pour l’utilisation de l’eau qui a été présenté en juin par le ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

Les montants des redevances n’ont pas été ajustés depuis 2010, explique Me Bishai en entrevue sur ICI RDI. Comparées à l’Europe, les redevances sont bien plus basses.

En pleine période estivale, alors que la sécheresse assaille plusieurs régions du Canada et du monde, la question de l'eau devient de plus en plus urgente, comme le relève le récent rapport (Nouvelle fenêtre)Le Canada dans un climat en changement : perspectives régionales, des chercheurs du groupe Ouranos.

En raison de l’augmentation des températures anticipée et de l’évapotranspiration qui en découle, le contenu en eau des sols diminuera dans les prochaines décennies [...], ce qui pourrait avoir des impacts sur la croissance et la nutrition des arbres [...], et augmenter davantage les risques de feux de forêt, peut-on lire dans la section portant spécifiquement sur le Québec.

Le projet de loi 42 viserait aussi à encadrer l’utilisation des ressources en eau de manière à en assurer une gestion durable, équitable et efficace.

À cet égard, le document prévoit la révision de différentes mesures économiques, notamment des redevances pour certaines quantités utilisées.

Faire payer le consommateur?

En France, par exemple, le prix moyen de l’eau du robinet est d'environ 0,3 centimes d’euro le litre pour le consommateur, indique Véolia, numéro un de la gestion de l’eau dans l’Hexagone.

Questionné sur la possibilité de faire payer aux Québécois leur consommation en eau, Me Marc Bishai reconnaît que la mesure permettrait une meilleure sensibilisation de la population et un apport de gains indéniable pour la province. Mais quelles sont les différences de consommation entre les industries et les citoyens?, nuance l’avocat qui représente le CQDE, un organisme promouvant les droits environnementaux des Québécois.

Un mois avant la présentation du projet de loi 42, le CQDE a publié en ligne la pétition Levons le secret sur l’eau pour demander au gouvernement caquiste une gestion plus transparente de l’eau ainsi que la publication des données concernant les ressources hydriques et leur utilisation au Québec.

Présentement, les données sur les prélèvements d’eau sont maintenues secrètes, priorisant ainsi les intérêts commerciaux du secteur privé au détriment du droit du public de s’informer sur les impacts de ces prélèvements sur cette ressource commune et vitale, dénonce la pétition du CQDE.

« L’eau est une chose commune, en principe elle appartient à tous; c’est donc primordial que le public ait accès à l’information qui la concerne. »

— Une citation de  Marc Bishai, avocat du Centre québécois du droit de l’environnement

En 2018, le CQDE a demandé à avoir accès à de l’information concernant les quantités d’eau prélevées au Québec. Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, puis la Commission d’accès à l’information du Québec ont successivement refusé de transmettre ces données.

Un enjeu municipal

La municipalité régionale de comté (MRC) de Vaudreuil-Soulanges a récemment demandé au gouvernement Legault de lever le secret sur les volumes d'eau prélevés au Québec. En entrevue au 15-18, Geneviève Lachance, mairesse de Saint-Lazare, a expliqué que l'accès à l'eau pouvait freiner le développement de sa municipalité.

La MRC de Vaudreuil-Soulanges utilise l’eau souterraine pour l’eau potable , expliquait alors la mairesse. Quant à Saint-Lazare, 78 % [du] territoire est en zone agricole . C’est important de prévenir et pas juste de réagir, comme le gouvernement nous pousse à faire , a affirmé Geneviève Lachance.

Plus on a meilleur portrait de la situation, plus on sera capable d’agir, défend aussi Me Marc Bishai sur l’importance de rendre publiques les données sur l’état de l’eau au Québec.

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