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Chronique

Festival Lasso : country moderne et ambiance relaxe

Dierks Bentley, un bassiste et un batteur jouent sur une scène.

Dierks Bentley a clos la première journée du Festival Lasso.

Photo : evenko / Patrick Beaudry

Un, deux, trois… Quatre autres par là… Une demi-douzaine de ce côté… Au total, il y avait bien une vingtaine de personnes qui portaient un chapeau de cowboy, vendredi après-midi, au moment où j’attendais le métro à la station Berri-UQAM. Pas de doute, nous allions tous au parc Jean-Drapeau pour le premier festival Lasso.

En toute impartialité, je devrais dire chapeau de cowgirl étant donné que le nombre de femmes qui portaient le couvre-chef fréquemment associé à la musique country dépassait le nombre d’hommes : en paille, en cuir, en tissu, en feutre, rigides, à bords larges, modelables… On en a vu de toutes les couleurs et de toutes les formes, le stetson étant le genre dominant.

Dominant comme la musique country l’est depuis des décennies dans le Midwest américain et l’Ouest canadien, au moins autant que peut l’être le hip-hop à New York. Mais le genre musical a bien évolué depuis l’âge d’or des Hank Williams, Ernest Tubb et autres Johnny Cash. Et c’est cette nouvelle génération d’artistes et de groupes country, celle des années 2000, que le festival Lasso, qui devait naître il y a deux ans, met en lumière lors de ce week-end placé sous le signe de la découverte.

Ambiance décontractée

Si la journée quelque peu fraîche pour la saison nous faisait nous sentir plus au Montana à la fin septembre qu’en Arizona en juillet, ça n’a nullement paru amenuiser l’enthousiasme des festivaliers détendus comme pas un. C’est d’ailleurs un sentiment qui s’est rapidement imposé pour n’importe quel habitué des autres festivals présentés au parc Jean-Drapeau.

De nombreuses tables de pique-nique et l’aménagement d’une nouvelle zone réservée aux spectateurs venus avec leurs chaises ont conféré à l’événement une ambiance digne d’un terrain de camping. On pouvait aussi jouer au volleypong (lancer des ballons dans des seaux en caoutchouc), ce qui est moins dangereux que de jouer aux fers à cheval, il est vrai.

Le nombre de groupes et artistes (15) et de scènes (3) a minimisé les déplacements de cette foule majoritairement adulte qui était relaxe au possible. Pas de course à la nouveauté, de conflit d’horaire, ou de gens qui veulent se faire voir comme à Osheaga… Chill, baby, chill aurait pu être l’appellation officieuse de l’événement.

Le renouveau country

Lily Rose joue de la guitare et chante sur une scène.

Lily Rose offre des chansons qui allient le country à une panoplie d'autres styles.

Photo : evenko/Frédérique Ménard-Aubin

À quoi peut-on mesurer le renouveau country? À un tas de choses. Prenez Lily Rose, par exemple. Cette jeune artiste du sud des États-Unis, issue de la communauté LGBTQ, révélée en partie par Tik Tok et par sa chanson Vilain, qui fusionne country et R&B… Disons que ce n’était pas le genre de chose que l’on voyait dans la musique country au XXe siècle. Sa prestation était solide et son enthousiasme drôlement communicatif.

Il y avait aussi Blanco Brown qui offre un intéressant mélange de genres, dans son cas, country, hip-hop et même soul, par moments. Charmeur au possible, il a offert des roses rouges aux spectatrices appuyées sur les barrières de sécurité durant l’interprétation de I Need Love. Beau geste et coup d’éclat, tout à la fois.

La tornade Sara Dufour

Sara Dufour joue de la guitare sur scène.

Quelques chansons de Sara Dufour tournent à la radio, mais elle a quand même gagné le cœur de nouveaux fans au festival.

Photo : evenko / Tim Snow

Cela dit, on peut quand même demeurer dans des paramètres musicaux et stylistiques, disons… plus classiques, en regard de la musique country, tout en apportant sa personnalité et sa signature.

Dire que Sara Dufour était surexcitée au moment de monter sur la scène du Ranch serait encore en dessous de la vérité. L’autrice-compositrice-interprète de Dolbeau et ses musiciens ont immédiatement donné le ton avec une dynamique version de Chez nous, c’est Ski-doo.

Dufour a noté que Baseball – avec l’intermède Watatatow – était probablement la chanson idéale de présentation aux nombreux spectateurs qui ne l’avaient jamais vue sur les planches. Chic-Chocs, colorée par le violon de Dave Chenel, Johnny, qui, comme le disent les paroles, nous incite à danser, et Chez Té Mille, où Sara nous dit qu’elle est ben chill, ont dynamisé un parterre de festivaliers désormais acquis pour des années à la cause de la Québécoise.

La nouvelle country

Deux musiciens dos à dos tiennent des guitares pendant un spectacle.

Old Domion incarne à merveille la nouvelle génération country.

Photo : evenko/Patrick Beaudry

Si quelqu’un est en train de préparer un dictionnaire sur la musique country, il pourrait probablement mettre la photo des gars de Old Dominion dans le chapitre du renouveau country. Le groupe originaire de Nashville mise sur des structures classiques, des guitares aux influences rock, mais à des harmonies dignes de la pop.

C’était patent lors du doublé d’ouverture formé par Make It Sweet et Never Be Sorry. Durant cette dernière, le chanteur Matthew Ramsey est descendu dans la foule – comme beaucoup d’artistes durant la journée – pour un pur moment de partage avec les spectatrices.

 Matthew Ramsey chante au milieu de spectateurs.

Matthew Ramsey s'est fait un plaisir de descendre parmi la foule.

Photo : evenko / Patrick Beaudry

Au terme de No Such Thing Like A Broken Heart, ce sont des milliers de festivaliers qui ont repris le refrain en chœur. Durant Hotel Key, cette même foule enthousiaste battait la mesure. Peu importe ce que le groupe offrait, tout semblait faire mouche. Old Dominion a même interprété Wild Hearts, une chanson qu’ils ont composée pour Keith Urban, en plus d’offrir leur version de Learn To Fly, des Foo Fighters.

Après la splendide One Man Band et un clin d’œil sonore à Rock and Roll Part 2, de Gary Glitter, les boys ont bouclé ça avec le ver d’oreille qu’est I Was On a Boat That Day. On a même vu des tas de spectateurs s’offrir un continental spontané sur la terrasse, bondée, à ce moment. Finale parfaite pour une prestation irrésistible.

Le partage de Dierks

Dix minutes plus tard, Dierks Bentley et son groupe sont venus clore la soirée avec une prestation généreuse ponctuée de collaborations. La mise en bouche avec la fougueuse What Was I Thinking et l’incendiaire Burning Man ont annoncé la couleur. L’Américain n’avait pas l’intention de se faire voler le spectacle par ses compatriotes. Cela dit, il ne s’y est pas pris de la même façon.

Les gars de Old Dominion affichent une complicité marquée entre eux et avec la foule. Bentley met plus en scène son spectacle. D’abord, à l’aise d’une production plus marquée (plus de vidéos en arrière-plan), mais aussi par le biais d’hommages.

Living, comme dans vivons le moment présent a présenté sur les écrans Bentley avec une foule de ses collègues (Garth Brooks, Keith Urban, Taylor Swift) au cours des ans, tandis que Woman, Amen, a mené à un défilé d’artistes féminines d’antan (Dolly Parton, Lucinda Williams) et d’aujourd’hui (Tenille Townes, Ashley McBryde).

Dierks Bentley sur scène pointe son micro vers la foule.

Dierks Bentley a offert une performance accompagnée d'une importante mise en scène.

Photo : evenko / Patrick Beaudry

Les deux dernières s’étant produites plus tôt dans la journée, elles sont venues participer au concert de Bentley. McBryde, avec sa voix solide et accrocheuse, s’est amenée durant la reprise vitaminée du Charlie Daniels Band, The Devil Went Down To Georgia, avant de partager en trio Black Angel. Townes, la Canadienne, est pour sa part venue interpréter en duo Different For Girls. Le genre de moments où un genre musical démontre qu’il est aussi une famille musicale…

J’ai quitté le site du festival durant Riser en raison d’une blessure au pied qui tarde à guérir, sachant que j’allais rater deux ou trois trucs pas tristes à en juger par la sélection normalement offerte par Bentley durant cette tournée. Pas si grave. Comme l’Américain l’a dit lui-même, le plaisir de vivre ce festival avec deux années de retard avait déjà comblé tout le monde.

Et des festivaliers, sur ce site très réduit en regard d’Osheaga, il semblait y en avoir pas mal (environ 18 000? Estimation) pour ce premier soir. Assez, finalement, que pour les organisateurs se disent qu’il y en aura encore plus, samedi, pour le deuxième service.

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