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Jean-Claude Rochefort reconnu coupable de fomenter la haine contre les femmes

Jean-Claude Rochefort tient une porte dans un couloir du palais de justice de Montréal.

Jean-Claude Rochefort, en janvier 2020, au palais de justice de Montréal

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À Montréal, le blogueur antiféministe Jean-Claude Rochefort a été reconnu coupable, vendredi, d'avoir fomenté volontairement la haine contre les femmes.

Il avait été arrêté en lien avec des publications et photomontages publiés en 2019 sur Internet, dans lesquels il faisait l'apologie du tueur de Polytechnique. Il invitait notamment son public à célébrer le Saint-Marc-Lépine Day dans le cadre du 30e anniversaire de la tuerie qui a coûté la vie à 14 femmes, le 6 décembre 1989.

Tout en soulignant la violence des propos tenus par le blogueur, le juge Pierre Labrie, de la Cour supérieure du Québec, rejette les prétentions de Jean-Claude Rochefort voulant que ses publications constituaient de la satire, des exagérations ou de l’autodérision.

Après avoir vu et entendu M. Rochefort témoigner, le Tribunal est d’avis que les descriptions qu’il fait de ces publications constituent des tentatives maladroites et simplistes de justifications après le fait, écrit le juge.

Le jugement souligne l'emploi des mots tuer et kill ainsi que l'utilisation d'images d’armes à feu et de femmes décapitées.

Le juge Labrie ajoute que Jean-Claude Rochefort, contrairement à ce qu’il a affirmé en cour, ne visait pas que les féministes et ne pouvait prétendre que son utilisation simultanée des mots femmes et féministes relevait d’erreurs de sa part.

Le Tribunal est d’avis que la récurrence de l’emploi des mots "femmes" ou "women" est trop grande pour qu’il puisse s’agir de simples erreurs, peut-on lire dans le jugement.

Le juge Labrie estime aussi que le comportement en ligne de Jean-Claude Rochefort n’est pas compatible avec l’idée qu’il puisse s’agir de déclarations spontanées de sa part. La répétition des propos dénote un caractère volontaire et de l’insistance à vouloir les communiquer, écrit le juge.

Rochefort savait aussi à qui il s'adressait. Il savait qu'une partie de ses lecteurs étaient des incels, c'est-à-dire, selon son témoignage, "des jeunes hommes frustrés de moins de 25 ans qui ont de la misère avec les filles", énonce le jugement.

« M. Rochefort ne pouvait pas ignorer que, par ses déclarations, il fomentait volontairement la haine contre les femmes. »

— Une citation de  Extrait du jugement de la Cour supérieure du Québec

Il fallait prouver, hors de tout doute raisonnable, que l'accusé avait sciemment fomenté la haine chez ses lecteurs, a expliqué Me Roxane Laporte, procureure aux poursuites criminelles et pénales, après la lecture du jugement.

La sentence de Jean-Claude Rochefort devrait être prononcée à l'automne.

Déjà, en 2009, à l'approche du 20e anniversaire, Jean-Claude Rochefort avait été arrêté pour menaces de mort envers les femmes. Il avait aussi fait l'objet d'une accusation de possession illégale d'arme à feu.

Avec des informations d'Aimée Lemieux

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