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Caribou : les Innus de Pessamit mettent en demeure Québec et Ottawa

Deux caribous s'affrontent.

Il pourrait ne rester qu'aussi peu que 5252 caribous forestiers ou montagnards au Québec, selon un document de consultation de la Commission indépendante sur le caribou forestier et montagnard (archives).

Photo : iStock

Le conseil des Innus de Pessamit a envoyé lundi des mises en demeure à Ottawa et Québec. La communauté autochtone rappelle que des mesures immédiates pour favoriser la protection des caribous forestiers doivent être mises en place.

Ils donnent un délai de 20 jours aux deux ordres de gouvernement, peut-on lire sur les mises en demeure, dont Radio-Canada a obtenu copie.

Ça nous amène autour du 8 septembre. Évidemment, ce qu’on souhaite le plus, c’est de ne pas devoir exiger des requêtes pour nous présenter devant les tribunaux. Mais si c’est ce que ça prend pour les faire bouger, malheureusement, ça va être inévitable, affirme Jérôme Bacon-St-Onge, vice-chef sortant du conseil des Innus de Pessamit.

Jérôme Bacon-St-Onge en entrevue à Radio-Canada.

Jérôme Bacon-St-Onge, vice-chef sortant du conseil des Innus de Pessamit

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

La lettre destinée à Ottawa a été envoyée au ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, au ministre des Services aux Autochtones, Patty Hajdu, et au ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller.

L’autre lettre adressée à Québec a été signifiée au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Pierre Dufour, et au ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière.

Le conseil des Innus de Pessamit avait mentionné son intention de préparer une mise en demeure le 18 mai dernier.

Déjà en mai, c’était clair dans notre stratégie au niveau de la protection du caribou qu’on était pour se tourner vers les tribunaux si on n’avait pas l’oreille attentive du gouvernement provincial, mais aussi du gouvernement fédéral, qui a son mot à dire sur la protection de l’espèce, rappelle M. Bacon-St-Onge.

« Depuis le 18 mai, c’est resté lettre morte. Il n’y a pas eu de retour. Quand on sait que, chaque jour, la déforestation continue. C’est ce qui est déplorable pour l’habitat naturel du caribou. »

— Une citation de  Jérôme Bacon-St-Onge, vice-chef sortant du conseil des Innus de Pessamit
Un caribou empaillé en avant-plan, avec derrière une salle de conférence où des Innus discutent.

Une audience spéciale s'est tenue à Pessamit en mai dernier pour entendre le point de vue des Innus lors de la Commission indépendante sur le caribou forestier et montagnard (archives).

Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur

Le ministre Guilbeault déclare par écrit qu’Ottawa entend et partage leur préoccupation sur la protection des caribous. Il indique toutefois que la loi fédérale exige que son ministère prenne les mesures nécessaires pour protéger les espèces menacées si le Québec ne remplit pas ses obligations.

Le MFFP s'est abstenu de commenter en alléguant que le dossier est judiciarisé.

M. Bacon-St-Onge considère que ce n’est pas le moment de faire une guerre de compétences. Il faut que [Québec et Ottawa] puissent unanimement agir dans le sens de la protection du caribou. Ce n’est pas le temps de se renvoyer la balle, ajoute-t-il.

Il pourrait ne rester qu'aussi peu que 5252 caribous forestiers ou montagnards au Québec, selon un document de consultation de la Commission indépendante sur le caribou forestier et montagnard.

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