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Des panneaux pour marquer un territoire traditionnel autochtone

Un panneau le long d'une route.

Plusieurs panneaux comme celui-ci le long de la route 11 au nord de North Bay seront installés aux quatre coins du territoire correspondant au traité Robinson-Huron.

Photo : Radio-Canada / Patrick Wright

L’organisation Robinson-Huron Waawiindamaagewin (RHW), ou simplement Waawiindamaagewin, a commencé en juin dernier l’érection d’une série de panneaux le long de routes du Nord-Est de l’Ontario pour indiquer aux automobilistes qu’ils se trouvent sur le territoire traditionnel de 21 Premières Nations.

Un des premiers panneaux a été installé à Marten River, au nord de North Bay, près de l’intersection des routes 11 et 64.

D’autres ont aussi été érigés dans la région de Parry Sound et le long de la route 11 au sud de North Bay.

Leroy Bennett, membre de la Première Nation Sagamok Anishnawbek et personne-ressource en matière de culture pour RHW, était présent lors du dévoilement du premier panneau.

Il a alors tenu une cérémonie pour rendre hommage aux ancêtres de son peuple qui ont pris soin du territoire.

Je pense que ça fait longtemps que les Ontariens devraient mieux connaître le territoire sur lequel ils vivent, note M. Bennett. Nous faisons partie de l’histoire, non seulement depuis la signature du traité en 1850, mais depuis les temps immémoriaux.

Il précise que les panneaux ne sont pas des marqueurs des limites du territoire.

En tant que nation distincte, nous devons travailler sans relâche pour nous assurer de maintenir notre façon de vivre, poursuit-il.

L’installation des panneaux survient alors que ces Premières Nations sont devant les tribunaux pour négocier l’augmentation des redevances annuelles prévues dans le traité Robinson-Huron, signé le 9 septembre 1850.

Scott McLeod, chef de la Première Nation de Nipissing, est membre du groupe de travail politique de RHW.

Il pense que les panneaux d'affichage sont un bon moyen pour indiquer la présence des Premières Nations sur le territoire.

Lors des 160 dernières années, nous étions plus ou moins invisibles pour le public canadien, se désole-t-il.

« Ces dernières années, nous avons essayé de nous réapproprier notre histoire, notre territoire et notre existence au Canada. »

— Une citation de  Scott McLeod, chef de la Première Nation de Nipissing

Leroy Bennett explique que le gouvernement fédéral a mis en place, dans les années qui ont suivi la signature du traité, des lois qui interdisaient les cérémonies traditionnelles autochtones.

« Ils ont fait tout en leur pouvoir pour briser l’esprit anishinaabe, mais ils n’ont pas réussi, car nous faisons encore ce qu’on nous a appris, grâce à nos cérémonies. »

— Une citation de  Leroy Bennett, personne-ressource en matière de culture pour Waawiindamaagewin

Le projet de panneaux est bien reçu par les membres des Premières Nations, selon M. McLeod.

D’autres initiatives sont en cours, notamment l’utilisation de cartographie informatique pour identifier les endroits importants du territoire pour les différentes communautés autochtones, et des ateliers de sensibilisation.

Scott McLeod pose pour une photo.

Le chef de la Première nation de Nipissing, Scott McLeod.

Photo : CBC / Erik White

Les Autochtones et le reste des Canadiens ont encore beaucoup à apprendre les uns des autres, affirme Leroy Bennett.

Il ajoute qu’il est essentiel que ce soit les Anishinaabeg qui parlent au nom de leur communauté, pour éviter de déformer le message.

Scott McLeod souligne que RHW permet aux 21 communautés signataires du traité Robinson-Huron d’avoir une voix politique plus forte. Nous concentrons nos efforts en nous regroupant, dit-il.

« Il semble que nous avions en quelque sorte perdu contact au fil des ans. »

— Une citation de  Scott McLeod, chef de la Première Nation de Nipissing

Les Premières Nations de Nipissing et de Dokis seront par ailleurs les hôtes du rassemblement annuel des communautés autochtones du territoire du traité Robinson-Huron, du 7 au 9 septembre.

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