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De plus en plus d’infirmières doivent faire des heures supplémentaires à l’Î.-P.-É.

Des infirmiers s'affairent dans un couloir de la salle d'urgence de l'Hôpital Humber River.

À l’échelle nationale, une infirmière sur quatre a travaillé au-delà de ses heures normales de travail en juillet dernier (archives).

Photo : CBC / Evan Mitsui

Une infirmière sur trois a fait des heures supplémentaires à l’Île-du-Prince-Édouard en juillet dernier, soit 33 % de ces professionnelles qui travaillent dans la province, selon Statistique Canada.

Il s’agit du pourcentage le plus élevé parmi toutes les provinces au pays.

À l’échelle nationale, une infirmière sur quatre a travaillé au-delà de ses heures normales de travail durant cette période.

« Lorsque vous faites des heures supplémentaires, vous savez que lorsque vous arrivez au boulot, il y a de fortes chances qu’il manque encore une ou deux autres personnes dans un secteur. Cela signifie donc que votre charge de travail est plus élevée. »

— Une citation de  Barbara Brookins, présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers de l’île
Barbara Brookins interviewée à l'extérieur.

Pour Barbara Brookins, présidente du Syndicat des infirmières de l’Île-du-Prince-Édouard, travailler en dehors des quarts de travail normaux est devenu la norme pour certaines infirmières (archives).

Photo : Radio-Canada / Nicola MacLeod

En matière de nombre d’heures supplémentaires travaillées, la Colombie-Britannique et le Québec occupent les premiers rangs : le cap des 2,9 heures par semaine y est en effet dépassé.

En moyenne, les infirmières de l’île ont fait 2,5 heures supplémentaires par semaine.

Ce chiffre est supérieur à la moyenne nationale, qui est de 2,3 heures.

Sous-représentation

Selon Barbara Brookins, présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers de l’île, les heures supplémentaires sont plus nombreuses dans certains secteurs du réseau de santé.

Les salles d’urgence, les soins intensifs et le suivi d’accouchements représentent les secteurs où les infirmières peuvent travailler jusqu’à 12 heures supplémentaires par semaine, selon elle.

Linda Silas en conférence de presse à l'extérieur le 20 juillet 2018.

Linda Silas, présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers, craint que le nombre d'heures supplémentaires travaillées soit plus élevé (archives).

Photo : Radio-Canada

La présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières, Linda Silas, redoute aussi que ce nombre d'heures supplémentaires travaillées soit plus élevé.

« Ce qu’on entend de toutes les provinces et de tous les territoires, c’est que les heures supplémentaires atteignent des sommets qu’on n’a jamais vus. Je pense que c’est bien plus élevé que cela. »

— Une citation de  Linda Silas, présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières

Selon elle, les heures de travail sont comptabilisées différemment à travers le pays, d’où une sous-représentation potentielle de ces données dans certaines provinces.

Linda Silas rappelle que plusieurs services d'urgences ont dû être fermés temporairement au pays à cause du manque de personnel.

C’est un message très clair : les ressources infirmières sont en crise, ajoute-t-elle.

Ces heures font maintenant partie du quotidien

Selon Barbara Brookins, travailler en dehors des quarts de travail habituels est devenu la norme pour certaines infirmières.

C’est parfois une question de culpabilité personnelle, car nous pensons que si nous ne revenons pas au travail, il n’y aura personne pour aider les collègues, explique-t-elle.

La situation s’est aggravée durant l’été à cause des absences au travail occasionnées par la COVID-19, explique Mme Brookins.

Les départs en vacances de professionnels durant cette période et le manque de personnel infirmier en sont aussi la cause, selon la présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers de l’île.

Si tu refuses de faire des heures supplémentaires, tu laisses surtout tes patients seuls ! Cela crée une pression morale et éthique, ajoute Mme Silas.

Un infirmier assis sur le rebord d'une fenêtre se masse les yeux. Une infirmière debout de dos le regarde.

Les salles d’urgence, les soins intensifs et le suivi d’accouchements représentent les secteurs où les infirmières peuvent travailler jusqu’à 12 heures supplémentaires par semaine, selon Barbara Brookins, présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers de l’île.

Photo : Reuters / Kai Pfaffenbach

Selon le Syndicat de l’île, au cours de la dernière année, le pourcentage de postes d’infirmière à pourvoir est passé de 18 % à 25 %.

Linda Silas rappelle les conséquences de la surcharge de travail sur la santé mentale des professionnels.

C’est une des raisons pour lesquelles on voit davantage de cas d’épuisement, de dépression et d’anxiété aiguë. Cette pression est trop élevée pour eux! déplore la présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières.

Dans un courriel, Santé Île-du-Prince-Édouard a déclaré être à la recherche de moyens pour stabiliser la situation dans son réseau.

Des incitatifs et des moyens pour mieux structurer les activités au travail sont évalués à l’heure actuelle, selon la régie de santé.

Avec des informations de CBC

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