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Célébration des Opérations Dignité pour raviver la fierté

Un homme tient une pancarte sur laquelle est inscrite la mention ''Déménagez chez nous, on a besoin de vous''.

Après une manifestation symbolique, les participants se sont rassemblés à l'église d'Esprit-Saint.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Radio-Canada

Les Opérations Dignité, qui se sont déroulées il y a cinquante ans, n’appartiennent pas seulement au passé. Une manifestation symbolique a eu lieu jeudi à Esprit-Saint pour les célébrer et pour rappeler que les luttes en faveur de la préservation des villages du Haut-Pays ne sont pas terminées.

Un tracteur et une remorque sur une route.

Toute manifestation d'Opérations Dignité qui se respecte, aussi symbolique soit-elle, doit être accompagnée de tracteurs.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Gildas Cimon, dernier président de l'Opération Dignité II, à Esprit-Saint, a participé à la mobilisation citoyenne il y a 51 ans.

« Heureusement que dans ce temps-là les gens se sont pris en main, parce que sinon, on n'existerait même plus. »

— Une citation de  Gildas Cimon, dernier président de l'Opération Dignité II, à Esprit-Saint

Les Opérations Dignité sont apparues au début des années 1970.

Québec s'était alors doté d'un plan de réaménagement de l'Est-du-Québec, réalisé par le Bureau d’aménagement de l’Est-du-Québec (BAEQ), qui prévoyait la fermeture de nombreux villages considérés comme étant dévitalisés. Leurs citoyens se voyaient dans l’obligation de déménager en ville.

Ceux qui ont été déménagés mouraient d'ennui dans les HLM [habitations à loyer modique], se souvient Gildas Cimon. Et encore aujourd'hui, il faut continuer de se battre pour posséder notre petit coin de terre.

Dans les années 1970, des milliers de personnes se sont mobilisées pour empêcher la fermeture de leurs villages à l'occasion des Opérations Dignité.

Dans les années 1970, des milliers de personnes se sont mobilisées pour empêcher la fermeture de leurs villages à l'occasion des Opérations Dignité.

Photo : Centre des Opérations Dignité

La mobilisation citoyenne a permis à de nombreuses communautés d'éviter ce sort.

Le soulèvement populaire des Opérations Dignité a marqué l'histoire du Québec, puisque ce projet de réaménagement était en fait un projet pilote. S'il s'était avéré un succès, le gouvernement aurait pu étendre cette formule à d'autres régions.

Pour plusieurs, toutefois, la lutte pour préserver la vitalité de ces municipalités n'est pas terminée.

Il faut donner encore un grand coup, parce qu'on a encore des problèmes à avoir le [réseau] cellulaire, mentionne Martin Gagnon, coordonnateur du Centre de mise en valeur des Opérations Dignité.

 Des spectateurs dans une église.

Les participants ont pu avoir un avant-goût de la pièce que compte présenter le Théâtre Les gens d'en bas. À gauche : le directeur général du Centre de mise en valeur des Opérations Dignité, Martin Gagnon.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

On a encore des problèmes avec Internet haute vitesse, avec les soins de santé dans les milieux ruraux. Même affaire pour l'éducation, explique-t-il.

« On déracine nos enfants au primaire, alors imaginez-vous l'intérêt qu'ils ont pour leur village si, à la maternelle, on les envoie ailleurs. »

— Une citation de  Martin Gagnon, coordonnateur du Centre de mise en valeur des Opérations Dignité

Les gens d’en bas sur scène pour ranimer les souvenirs

Un jeune homme coiffé d'un chapeau de cow-boy chante sur une scène.

Le comédien Steven Lee Potvin est le cocréateur, avec Odile Gagné-Roy, de la pièce qui va recréer l'effervescence de la mobilisation des années 1970.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Pour raviver les souvenirs de cette époque, le Théâtre Les gens d'en bas, basé au Théâtre du Bic, partira en tournée dans 30 villages à l'automne avec une nouvelle pièce sur les Opérations Dignité.

D'après Eudore Belzile, directeur artistique, les jeunes se sont donné une mission.

« La totalité des membres de l'équipe de production n'avaient jamais entendu parler de ces événements, bien qu'ils soient originaires de l'Est-du-Québec. »

— Une citation de  Eudore Belzile, directeur artistique du Théâtre Les gens d'en bas

Ce n'est pas de leur faute, bien évidemment, c'est un problème de transmission de notre propre histoire, se désole-t-il. Alors, dès qu'ils ont pris conscience de ça, ils ont pris ça comme une mission.

Cette pièce est une façon de rappeler qu'après toutes ces années, la fierté de vivre dans ces communautés est toujours aussi vive, comme le souligne Langis Proulx, maire d'Esprit-Saint.

Langis Proulx, maire d'Esprit-Saint.

Langis Proulx, maire d'Esprit-Saint

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

« Les gens sont restés fiers. Ils veulent rester chez eux. »

— Une citation de  Langis Proulx, maire d'Esprit-Saint

Sur les 140 villages menacés de fermeture, 34 l'ont finalement été, tandis que les autres sont restés ouverts grâce à la mobilisation de leur population, qui se poursuit aujourd'hui.

D’après le reportage de Marie-Christine Rioux

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