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Une culture de vélo et des passionnés derrière les succès des cyclistes abitibiens

Une jeune femme participe a une épreuve de vitesse sur vélo. Elle porte un chandail bleu et blanc avec une feuille d'érable et un casque noir avec des lunettes de soleil.

Karol-Ann Canuel a roulé dans les ligues majeures du cyclisme durant une douzaine d'années et participé aux Jeux olympiques en deux occasions avant de prendre sa retraite l'an dernier.

Photo : Getty Images / Michael Steele

L’Abitibi-Témiscamingue produit depuis plusieurs années des cyclistes qui s’illustrent sur les scènes provinciale, nationale et internationale. Mais qu’est-ce qui peut bien expliquer ces succès?

Les succès sont nombreux dans l’histoire récente. Keven Lacombe et la double olympienne Karol-Ann Canuel ont évolué chez les professionnels. Olivia Baril, Charles-Étienne Chrétien, Simon Dubuc et Jérôme Gauthier, gagnant d’une étape du Tour de l’Abitibi cet été, roulent dans leur sillon. Cindy Montambault ainsi que les frères Xavier et Jacob Roy, champion canadien chez les U17, évoluent quant à eux sur les circuits nationaux et internationaux en vélo de montagne.

Jérôme Gauthier sur un podium et porte une médaille au cou.

L'Amossois Jérôme Gauthier, vainqueur d'une étape au récent Tour de l'Abitibi. (Archives)

Photo : Gracieuseté de Dany Germain

Pour David Bernard, entraîneur-chef du Club cycliste d’Amos et responsable du programme Sport-Études à l’école secondaire d’Amos, une partie de ces succès repose sur la culture de vélo qui s’est développée au fil des ans. Avec plus de 55 ans d’existence, le Club cycliste d’Amos est le plus ancien au Québec.

« Il y a beaucoup d’anciens ou de coureurs qui ont commencé là. On pense aux Deshaies, aux Gauthier, aux Roy… ce sont des noms qui reviennent souvent. Et là, on a les enfants de ces gens-là, au niveau de notre club ou de notre programme Sport-Études, qui performent sur la scène provinciale, nationale ou internationale. Cet historique-là, au niveau du club, d’être le plus ancien, ça fait partie de nos succès. »

— Une citation de  David Bernard, entraîneur-chef du Club cycliste d’Amos et responsable du programme Sport-Études à l’école secondaire d’Amos
David Bernard, assis sur l'avant de son vélo, au bord d'une rue.

David Bernard, entraîneur-chef du Club cycliste d'Amos et responsable du programme Sport-Études à Amos.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Le programme Sport-Études, implanté il y a plusieurs années par l’entraîneur Rémi Lessard, a aussi contribué à développer plusieurs cyclistes de la région. En plus d’inspirer la relève par leurs exploits, les Lacombe, Canuel, Chrétien et Baril partagent aussi avec eux leurs expériences quand ils sont de passage.

« Tu as beau avoir la meilleure structure, avoir le meilleur coach, avoir le meilleur programme d’entraînement, mais si chez les athlètes, il n’y a pas un effet de gang, il va manquer quelque chose. Ça va être dur si tu es laissé à toi-même, si tu t’entraînes seul, s’il n’y a personne à qui jaser quand ça devient difficile mentalement; je pense que pour un cycliste, il y a 90 % de la chose qui est mentale, affirme David Bernard.

« D’être capable d’aller dans des zones d’entraînement où c’est difficile. D’être capable de dire : une journée ça ne marche pas, mais demain, ça va être mieux. D’être capable de transformer ton échec en succès ou en apprentissage, ça fait partie de la game. Je pense qu’au niveau de cet encadrement-là, puis du vouloir de nos jeunes, et d’être outillés par des anciens et des gens qui font le métier, ça permet d’avoir du succès », soutient-il.

Des jeunes cyclistes avec leur entraîneur lors d'une pause.

David Bernard échange avec certains cyclistes du programme Sport-Études, en marge de leur entraînement.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Des gens passionnés

Sylvie Brochu, qui voit au développement des jeunes adeptes de vélo de montagne au Club Accro Vélo et qui a fondé le programme Sport-Études à la Polyvalente Le Carrefour de Val-d’Or, abonde dans le même sens. Elle ajoute qu’il faut aussi des passionnés pour encadrer la relève.

On a des grands passionnés dans la région. Des gens qui s’impliquent. Des bénévoles qui, comme Stéphan Larose ici à Val-d’Or, se sont impliqués plusieurs années. On le voit aussi à Amos, ils ont des passionnés, et je pense que ça y fait pour beaucoup, fait-elle valoir.

Jacob Roy, posant avec son vélo lors de la finale régionale des Jeux du Québec.

Jacob Roy, champion canadien U17 et double médaillé en vélo de montagne aux récents Jeux du Québec. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Tout comme David Bernard, Sylvie Brochu croit que l’effet de groupe joue aussi un rôle important.

Le Sport-Études a permis ça ici. On dit que c’est un sport individuel, mais on le voit au Tour de France, il y a des équipes. Ça crée un sentiment d’appartenance et plus ils vieillissent dans leur cheminement de vélo, plus ils vont travailler en équipe. On le voit aussi dans les cours du soir d’Accro Vélo, les mardis et jeudis. Ils ont leur chandail du club. On fait en sorte qu’avec les entraîneurs, un sentiment d’appartenance se crée avec les jeunes. Ça nous aide à garder les jeunes et à les motiver, raconte-t-elle.

Une cycliste pédalant sur son vélo dans un sentier de compétition.

La Valdorienne Cindy Montambault revient dans la région redonner au suivant quand elle en a l'occasion.

Photo : Canadian Cyclist

Cindy Montambault, qui fait carrière aux niveaux national et international en vélo de montagne, vient elle aussi à l’occasion prodiguer ses conseils aux jeunes cyclistes de la relève avec son entraîneur, Serge Desrosiers. Ce sont des gens passionnés qui redonnent au suivant. C’est vraiment motivant pour les jeunes, souligne Sylvie Brochu.

Garder le sport accessible

Daniel Armstrong a été président de l’équipe junior Iamgold, devenue Subway. Il ajoute que l’encadrement de qualité joue un rôle important. C’était l’un des objectifs, lorsqu’il a participé à la mise sur pied de l’équipe, il y a environ 10 ans. L’équipe a aussi toujours tenté de favoriser l’accès aux cyclistes qui souhaitent poursuivre au niveau junior et parfois, U23.

Il ne faut pas oublier qu’en région, côté commandites, on est choyés. Les minières embarquent. On essayait d’avoir un coût raisonnable pour ne pas qu’on prive du monde qui n’aurait pas été capable d’embarquer dans la roue d’une équipe junior. Donc, une des parties de la recette, c’est d’avoir de l’ouverture pour que tous les jeunes qui sont intéressés soient capables de participer, soutient-il.

La cycliste pédale devant ses adveraires, alors que des partisans les encouragent.

La Rouynorandienne Olivia Baril (devant) a terminé deuxième lors d'une étape à l'Itzulia, en Espagne, en avril dernier.

Photo : Twitter/Valcar - Travel & Service

M. Armstrong signale aussi la qualité et la proximité des infrastructures de vélo de montagne, la présence de compétitions telles le Tour de la relève, le Tour de l’Abitibi et les courses de la Coupe du Nord, puis les programmes Sport-Études implantés à Amos, Rouyn-Noranda et Val-d’Or.

C’est un ensemble de choses. C’est certain que les athlètes ont besoin de vouloir, mais l’encadrement est là. C’est un tout. Tout ça fait une différence en région. Il y a aussi l’entraide entre les clubs d’Amos, Rouyn-Noranda et Val-d’Or. Il n’y a pas de chicanes de clochers, fait-il remarquer.

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