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Une Port-Cartoise critique l’accès à certains soins de santé sur la Côte-Nord

Dans une maison, Mélanie Jean sourit à la caméra.

Mélanie Jean plaide pour un meilleur accès aux soins de santé pour les résidents de la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Lambert Gagné Coulombe

Radio-Canada

Une Port-Cartoise dénonce l'accès aux soins de santé qu'elle juge déficient sur la Côte-Nord.

Âgée de 40 ans, Mélanie Jean est atteinte d’hypercholestérolémie familiale. Depuis son enfance, elle doit se rendre à Québec deux fois par mois pour y subir un traitement médical appelé aphérèse, traitement qui n'est pas offert sur la Côte-Nord.

Jusqu'à récemment, elle pouvait faire l'aller-retour entre Sept-Îles et Québec en avion en l'espace de 12 heures et ses frais étaient entièrement remboursés par le programme de transport du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord.

En raison de récents changements d’horaires et de tarifs aériens, Mélanie Jean doit maintenant manquer trois jours de travail pour son rendez-vous médical.

Un membre du personnel médical prend la tension d'un patient sur son bras.

Mélanie Jean doit parcourir de grandes distances pour recevoir des soins de santé appropriés à sa maladie.

Photo : Getty Images / iStock / Andrey Popov

Ces difficultés compliquent sa vie et elle ne veut pas envisager de quitter la Côte-Nord pour se rapprocher du lieu où elle peut recevoir ses traitements.

Je suis née ici, dit-elle. Ça fait 40 ans que je suis ici. Je vis dans la maison où je suis née. Je suis établie sur la Côte-Nord et je ne veux pas être obligée de partir parce que j'ai besoin d'un traitement qui n'est pas offert ici.

« Normalement, je devrais avoir accès à ces soins-là sans me battre. »

— Une citation de  Mélanie Jean, Port-Cartoise atteinte d’hypercholestérolémie familiale

Malgré tout, Mélanie Jean a justement l'intention de se battre, pour elle et pour ses concitoyens. Je veux que les gens restent sur la Côte-Nord, insiste-t-elle.

Elle explique que le CISSS, qui faisait affaire avec Air Canada, opte maintenant pour Air Liaison parce que sa politique privilégie les billets qui coûtent le moins cher.

La patiente dénonce cette politique qui ne tient pas compte des horaires peu pratiques des vols vers les régions, selon elle.

Ce sont les horaires d'Air Liaison qui font en sorte qu’elle doive dormir deux soirs à Québec et manquer trois jours de travail plutôt qu’un seul.

Un avion de la bannière « Air Liaison »

Le CISSS privilégie la compagnie Air Liaison parce que les billets sont moins chers.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Le CISSS lui accorde 60 $ par jour pour l’hébergement, ce qu’elle juge insuffisant. Un montant d’argent lui est aussi accordé pour les repas.

Mélanie Jean refuse de loger à l’Hôtellerie attachée à l’hôpital de l'Université Laval, qu'elle qualifie de macabre. Elle préfère dormir dans un hôtel et payer la différence.

De plus, les résidents de la Côte-Nord doivent composer avec des annulations de vol, ce qui ajoute à leur stress.

Le droit de choisir, au moindre coût, le transporteur aérien

Interpellée à ce sujet, la direction du CISSS de la Côte-Nord confirme que la politique du ministère de la Santé rembourse les billets d’avion, mais que l’établissement se réserve le droit de choisir, au moindre coût, le transporteur aérien. Les réservations sont effectuées par l’établissement.

Les usagers sont invités à entrer en contact avec les responsables du programme transport et hébergement s’ils sont insatisfaits de ce qui leur est proposé, fait savoir la porte-parole du CISSS, Marlène Joseph-Blais.

Elle ajoute que les pistes de solutions seront alors évaluées en fonction de la disponibilité des services offerts (transporteurs, hébergement, etc.).

D'après le reportage de Lambert Gagné-Coulombe

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