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Négociations entre les pharmaciens et Québec : de grands maux, peu de remèdes

L'Association québécoise des pharmaciens propriétaires milite en faveur d'un statut permanent des clauses négociées avec le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Une pharmacienne prépare les médicaments d'un client.

L'inflation évaluée à 8 % et la pénurie de main-d'œuvre frappent de plein fouet les pharmaciens, dénonce l'AQPP.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le bras de fer se poursuit entre l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) et le gouvernement du Québec pour le renouvellement d’une entente entre les deux parties, qui établit notamment la hausse des tarifs et les conditions qui y sont liées.

Les négociations piétinent surtout sur le statut de la nouvelle entente négociée, intérimaire pour l’heure. Les pharmaciens propriétaires la souhaiteraient plus pérenne au bénéfice de leurs patients.

On s’entend sur le montant [de la hausse tarifaire], mais pas sur la pérennité du tarif, explique le président de l’association, Benoit Morin. Pour des entrepreneurs comme nous, il faut avoir une vision à long terme.

« On a toujours eu une excellente collaboration [avec le ministère de la Santé et des Services sociaux] mais là, on dirait qu’on négocie avec des gens qui nous connaissent moins. »

— Une citation de  Benoit Morin, président de l'AQPP

À titre de représentant de la profession, M. Morin exige, pour les 2043 pharmaciens propriétaires du Québec, un équilibre qui permet d’évoluer dans un contexte où la santé s’est hissée au premier plan depuis le début de la pandémie et où l’inflation a fait exploser les coûts et les attentes salariales.

On a souvent la perception d’être traités comme des employés alors qu’on est des entrepreneurs qui doivent payer leurs employés, leurs fournisseurs, leurs dépenses, leurs fournitures, dont les prix montent en flèche, assure-t-il en entrevue à RDI. C’est le contexte qui fait qu’on est dans une impasse.

Pas de rupture de service

Échue depuis le 31 mars, l’entente réglemente la facturation de la distribution des médicaments, la surveillance de la thérapie médicamenteuse et les actes cliniques effectués par les pharmaciens.

La distribution des médicaments représente 95 % des revenus des pharmaciens, tandis que les services rendus dans le cadre de la Loi sur l’assurance maladie et de la Loi sur l’assurance médicaments constituent les 5 % des revenus restants, dont une grande partie concerne la vaccination, précise M. Morin.

Les pharmaciens prévoient d’être davantage sollicités à la fin de l’été quand débuteront les nouvelles campagnes de vaccination contre la COVID-19 et la grippe, un paramètre non négligeable des négociations, soutiennent-ils.

L’AQPP fait état de 10 mois de négociations, jalonnés d’efforts et de bonne foi.

Face à l'entêtement de l'État qui refuse de céder aux demandes de l'association, son président Benoit Morin rejette néanmoins la possibilité de provoquer des ruptures de service pour faire pression dans les négociations.

Il n’est pas question de prendre la population en otage, rassure-t-il, mais l’inflation s’est installée, ainsi que la pénurie de main-d'œuvre et la montée du prix de l’essence, énumère Benoit Morin qui insiste sur le rôle capital qu’ont joué les pharmaciens ces dernières années auprès de la population.

Contacté par Radio-Canada, le ministère de la Santé n’a pas souhaité commenter les négociations en cours.

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