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Crypto.Québec veut vous protéger de la désinformation avec son livre On vous trompe

Une personne tape sur un clavier d'ordinateur.

L'équipe de Crypto.Québec espère fournir à la population les clés pour comprendre les mécanismes de la désinformation.

Photo : iStock

Stéphanie Dupuis

Quatre ans après avoir encouragé la population à s’ouvrir les yeux sur la surveillance en ligne avec son premier livre On vous voit, l’organisme de littératie numérique Crypto.Québec lance On vous trompe, un guide pour éviter de sombrer dans les bas-fonds de la désinformation sur Internet.

On connaît tous quelqu’un, une connaissance, un ami, qu’on a perdu [à cause des théories du complot]. C’est l’intention du livre que de réussir à ramener ces gens-là [à la raison], résume Luc Lefebvre, le cofondateur et président de Crypto.Québec, également l’un des signataires de l’ouvrage.

Ce guide d’autodéfense de 256 pages est l’idée de l’éditeur Trécarré, qui a approché l’organisme spécialisé en cybersécurité en 2020. Leur mission : aborder la désinformation, la mésinformation et la fraude en ligne dans un livre, tous des thèmes qui ont beaucoup fait les manchettes ces dernières années.

Quatre auteurs et autrices d'un livre, membre de l'organisme Crypto.Québec, prennent la pose.

Le livre «On vous trompe» a été corédigé par Fanny Tan, Samuel Harper, Luc Lefebvre, Jimmy Djivre, Catherine Dupont-Gagnon et Samuel Bergeron.

Photo : Julia Marois

Une équipe de six personnes – collaborant avec Crypto.Québec et issues de tous les horizons – s’est ainsi formée.

Au programme de la dernière année : (beaucoup) de recherche et de vives discussions sur la cryptomonnaie, l’hypertrucage (deepfake), la radicalisation, la désinformation étatique, les arnaques en ligne et les données massives (big data).

Des clés pour ne pas se faire avoir

Chaque chapitre d’On vous trompe part d’un exemple local qui est décortiqué, puis fournit des trucs et des solutions. Sinon, c’est trop déprimant, lance en s’esclaffant Luc Lefebvre.

Que faire, par exemple, avec une personne qui semble avoir été aspirée dans le vortex des théories du complot? On ne peut pas faire grand-chose si une personne ne veut pas s’en sortir, mais c’est bien d’essayer de garder le contact au minimum, cite en exemple le cofondateur de l’organisme.

L’équipe vulgarise au passage des concepts comme la radicalisation et la déradicalisation ainsi que des tactiques de tromperie, comme les réactions émotionnelles que les malfrats tentent de susciter chez leurs victimes, et les indices pour les reconnaître.

On veut allumer de petites lumières au-dessus de la tête des gens afin de les éduquer, dit Samuel Bergeron, qui a une formation en actuariat et a rédigé un chapitre sur la cryptomonnaie.

Catherine Dupont-Gagnon, issue du milieu du marketing, s’est par exemple intéressée à de faux centres de crise de grossesse qui se positionnent comme des cliniques d’avortement.

Tu cherches de l’info en ligne et un refuge alors que t’es dans un état vulnérable. Et quand tu arrives sur place, tu vois des fœtus ensanglantés sur les murs et tu es accueillie par des gens d’Église, explique-t-elle.

« [Ces faux centres] sont très habiles sur le web et arrivent à manipuler les algorithmes de recommandations. »

— Une citation de  Catherine Dupont-Gagnon

Comment les reconnaître? Ces sites jouent sur la culpabilité, ce qu’un centre médical ne ferait pas. La médecine, c’est de la science, ça ne va pas dans l’émotion, indique l’autrice.

Si vous croyez que ces arnaques n’existent qu’aux États-Unis, détrompez-vous. D’après Catherine Dupont-Gagnon, il y en a aussi au Québec, notamment à Montréal.

C’est d’ailleurs un des efforts que fait l’équipe de Crypto.Québec : elle tente de dénicher des exemples d’ici, afin que les lecteurs et lectrices puissent s’identifier aux propos. Des ressources offertes dans la province y sont aussi listées.

Un sujet de plus en plus pertinent

Quand on a reçu la commande, je me suis questionné à savoir si ça allait être encore pertinent, les fausses nouvelles, lorsque ce serait publié, mentionne Luc Lefebvre.

Force est de constater que oui : Le conflit en Ukraine [déclenché en février] est l’un des conflits où il y a le plus de désinformation, ajoute celui qui a un passé en politique et a corédigé un chapitre sur la désinformation étatique.

Jimmy Djivre, formé en anthropologie et en sociologie, n’a pas eu autant de chance : il s’est intéressé, pour le livre, à la façon de distinguer une vraie image d’une fausse, notamment dans les hypertrucages. Il me disait qu’il avait assisté à une conférence et qu’une semaine ou deux plus tard, ça avait déjà évolué, souligne Luc Lefebvre.

Couverture d'un livre montrant une personne contrôlée par des ficelles, comme un pantin, derrière un ordinateur portable.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le livre «On vous trompe» de Crypto.Québec paraîtra le 7 septembre prochain.

Photo : Trécarré

Mais le plus grand défi pour l’équipe, finalement, a été la concision à l’écriture. Les sujets étaient tellement riches, c’était infini. Même jusqu’à 23 h 58 la veille de l’échéance, il se passait encore des choses dans l’actualité [qu’on aurait aimé mettre dans le livre], mentionne Catherine Dupont-Gagnon.

Les six auteurs et autrices d’On vous trompe espèrent que le livre trouvera sa place dans les bibliothèques personnelles des gens, mais aussi dans les écoles, plus particulièrement dans les cours de cybersécurité.

Le livre On vous trompe paraîtra le 7 septembre prochain en librairie et est offert en précommande. (Nouvelle fenêtre)

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