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Téhéran nie l’existence d’un projet iranien pour tuer John Bolton

John Bolton ajuste ses lunettes.

John Bolton a été le conseiller à la sécurité nationale du président Trump jusqu'à ce que ce dernier le limoge à la mi-septembre 2019.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Agence France-Presse

Téhéran a rejeté jeudi les accusations « ridicules » de la justice américaine, selon lesquelles un membre des Gardiens de la Révolution iraniens avait fomenté un complot visant à assassiner John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche.

La veille, le département américain de la Justice avait annoncé que Shahram Poursafi, alias Mehdi Rezayi, 45 ans, était inculpé en son absence pour avoir offert de verser 300 000 $ à des individus aux États-Unis pour tuer John Bolton, qui fut également ambassadeur des États-Unis à l'ONU.

Le complot, destiné apparemment à venger la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué en janvier 2020 dans une frappe américaine, a été révélé aux autorités par la personne censée assassiner M. Bolton, dont l'identité n'a pas été dévoilée.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani, a rejeté jeudi des accusations américaines ridicules.

« Les autorités judiciaires américaines ont porté des accusations sans fournir de preuves valables. »

— Une citation de  Nasser Kanani, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères

L'affaire intervient au moment où le régime iranien étudie un compromis présenté par l'Union européenne pour sauver l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, moribond depuis le retrait des États-Unis en 2018 sous l'impulsion de Donald Trump, alors conseillé par John Bolton.

Jeudi, le porte-parole adjoint du département d'État américain, Vedant Patel, a assuré que les États-Unis attendaient la réponse de Téhéran.

Les Européens et nous avons très clairement dit que nous étions prêts à immédiatement conclure et mettre en œuvre l'accord négocié à Vienne de retour mutuel dans le JCPOA, a-t-il dit à des journalistes en utilisant le sigle anglais désignant l'accord.

Pour ce faire, l'Iran doit abandonner ses demandes supplémentaires qui vont au-delà de l'accord. Finalement, c'est leur choix, a-t-il dit.

Pendant des mois, Téhéran a lié tout accord à un retrait des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, de la liste noire américaine des organisations terroristes.

« Ce n'est pas la première fois que nous mettons au jour un complot de l'Iran pour se venger sur le sol américain et nous travaillerons sans relâche à dévoiler et empêcher chacune de ces tentatives. »

— Une citation de  Matthew Olsen, procureur général adjoint des États-Unis

Selon l'acte d'accusation, à la fin de l'année 2021, Shahram Poursafi est entré en contact avec une personne censée mener à bien l'assassinat, qui était en fait un informateur de la police fédérale (FBI).

Shahram Poursafi lui a ordonné d'ouvrir un compte en cryptomonnaie, puis lui a donné l'adresse professionnelle de l'ancien conseiller de Donald Trump, avant de le presser de mettre le plan à exécution avant l'anniversaire de la mort de Qassem Soleimani.

Le puissant général iranien, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, était le chef de la Force Qods, l'unité chargée des opérations extérieures au sein des Gardiens de la Révolution. Il a été tué le 3 janvier 2020 dans une frappe de drone à Bagdad.

La date anniversaire passée, Shahram Poursafi a continué à pousser l'informateur à tuer M. Bolton, lui promettant un contrat d'un million de dollars visant une deuxième cible s'il réussissait.

Le FBI a publié un avis de recherche de M. Poursafi avec plusieurs photos, dont deux le montrent vêtu de l'uniforme des Gardiens de la Révolution.

Lors de leurs échanges, la source confidentielle a plusieurs fois fait référence à M. Poursafi comme étant lié à la Force Qods. Poursafi n'a jamais nié, a noté la justice américaine.

S'il est arrêté, ce qui est peu probable, car il se trouve sans doute en Iran, Shahram Poursafi risque jusqu'à 25 ans de prison.

John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump d'avril 2018 à septembre 2019, considérait l'accord nucléaire de 2015 comme une erreur stratégique majeure. Il avait publiquement soutenu la décision de M. Trump de retirer les États-Unis de ce pacte, connu sous son sigle anglais JCPOA, qui vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire de l'Iran.

Un projet mûrement réfléchi, selon Bolton

L'acte d'accusation précise que M. Bolton avait été informé du complot et a coopéré avec les enquêteurs.

John Bolton a affirmé jeudi qu'il était important de noter à quel point le gouvernement iranien avait mûrement réfléchi [à ce projet] et était engagé dans la planification.

Cela montre comment Téhéran se comporte, concernant [ses] activités terroristes, mais aussi comment il conduit sa politique étrangère, a-t-il déclaré sur la chaîne CNN.

L'actuel conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan, a tweeté pour sa part que Téhéran s'exposait à des conséquences sévères s'il s'attaquait à des responsables américains présents ou passés.

La justice américaine n'a pas identifié la deuxième cible, mais selon le site Axios, il s'agit de l'ex-chef de la diplomatie Mike Pompeo. Citant une source proche de l'ancien secrétaire d'État, Axios a précisé que le département de la Justice lui avait confirmé directement qu'il était l'une des cibles.

Avec John Bolton, M. Pompeo a été l'un des principaux artisans de la politique de pression maximale sur l'Iran de l'administration Trump.

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