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Quelles seraient les démarches pour extrader Dawn Walker vers le Canada?

Des partisans de Dawn Walker réunis devant l'Assemblée Législative de Regina, le 10 juillet 2022.

Des partisans de Dawn Walker se sont réunis devant l'Assemblée législative de Regina, mardi, pour demander qu'elle soit extradée vers le Canada.

Photo : Radio-Canada / Adam Bent

Radio-Canada

Mardi, des partisans de Dawn Walker se sont réunis devant l’Assemblée législative de Regina pour demander qu'elle soit rapatriée au Canada. Quelles sont les démarches possibles pour obtenir son extradition?

Dawn Walker est accusée d’avoir mis en scène sa disparition et de s'être enfuie aux États-Unis sous une fausse identité.

Elle est présentement détenue aux États-Unis, où elle fait face à des chefs d’accusation de vols d’identité. Elle est passible de deux ans de prison dans ce pays.

Au Canada, elle est accusée d’enlèvement parental et de méfait public.

Je l’appuie et j’espère vraiment qu’on l’extradera vers le Canada afin qu’elle puisse faire face à ces accusations ici, dans son pays d’origine, a déclaré la tante de Dawn Walker, Marie-Anne Daywalker-Pelletier, lors du rassemblement à Regina mardi soir.

Originaires de Saskatoon, Dawn Walker, 48 ans, et son fils de 7 ans étaient portés disparus depuis le 24 juillet. Ils ont été retrouvés à Oregon City, en Oregon, vendredi dernier.

Dans une déclaration publiée mardi, Dawn Walker a expliqué ses actes en affirmant qu’elle n’avait pas eu d’autre choix que de s'enfuir parce qu’elle craignait pour sa sécurité et celle de son fils.

Plusieurs issues possibles

Le professeur de droit à l'École de droit Schulich, de l’Université Dalhousie, à Halifax, Rob Currie explique que l’extradition permet d’envoyer des gens d’un pays vers un autre afin qu'ils 'y soient jugés ou y purgent une peine une peine de prison.

Le processus doit commencer par une demande officielle du ministère de la Justice du Canada.

Une fois la demande reçue par les États-Unis, les autorités américaines tiendront une audience d’extradition pour examiner des éléments comme les documents, les preuves et les critères d’extradition.

Il n’est pas inhabituel que la personne recherchée renonce au processus, c’est-à-dire qu’elle accepte volontairement de retourner au Canada, déclare Rob Currie, en ajoutant que cela a pour effet d'accélérer le processus.

Si l’extradition était acceptée, elle pourrait se dérouler de différentes façons puisque Dawn Walker fait face à des accusations des deux côtés de la frontière, explique le spécialiste en droit pénal transnational.

Selon lui, Dawn Walker pourrait faire la navette entre le Canada et les États-Unis en réponse à des accusations criminelles dans les deux pays.

Elle pourrait être extradée ici pour être jugée pour les infractions canadiennes, puis retourner aux États-Unis pour y être jugée pour les infractions américaines, explique Rob Currie.

« Si elle est reconnue coupable dans l’un ou l’autre pays, elle pourrait purger une peine dans un pays, puis une peine dans l’autre pays. »

— Une citation de  Rob Currie, professeur à l'École de droit Schulich de l’Université Dalhousie

Par ailleurs, Rob Currie affirme qu’il est possible que les États-Unis laissent tomber leurs accusations, compte tenu de leur caractère bénin.

Les allégations les plus graves concernent des choses qui se sont produites au Canada. Il n’est pas inhabituel que les Américains, dans cette situation, laissent tomber leurs accusations et aillent de l’avant avec l’extradition, dit-il.

Ce n’est pas inhabituel, surtout si les charges américaines sont en quelque sorte moins graves que les accusations portées au Canada. Aux États-Unis, les accusations portées contre Mme Walker concernent de faux papiers d’identité. L’un d’eux est un délit, et l'autre est une infraction mineure. On peut soutenir que ni l’un ni l’autre n’est aussi grave que l’enlèvement d’enfants et le méfait public.

Selon Rob Currie, si les États-Unis abandonnent leurs accusations, Dawn Walker pourrait faire face à des accusations de vol d’identité au Canada, où l’infraction présumée a commencé.

Rob Currie ajoute que les cas d’extradition qui concernent des enfants doivent être considérés avec soin. Beaucoup de dynamiques parentales complexes doivent être prises en compte dans un cas comme celui-ci, explique-t-il.

D'autres accusations possibles au Canada

Lundi, le Service de police de Saskatoon a déclaré que l’enquête criminelle sur les actions de Dawn Walker se poursuivait et que d’autres accusations pourraient être portées contre elle.

Un partisan brandit une affiche en soutien à Dawn Walker, devant l'Assemblée législative de Regina, mardi.

Un partisan brandit une affiche en soutien à Dawn Walker, devant l'Assemblée législative de Regina, mardi.

Photo : Radio-Canada / Adam Bent

Mardi, la directrice générale du Regina Treaty-Indian Services, Erica Beaudin, a encouragé d’autres personnes à participer au rassemblement pour accroître les appels à l’extradition.

« Dawn sentait qu’elle n’avait pas d’autre choix. C’est à elle de raconter ce qui est arrivé. »

— Une citation de  Erica Beaudin, directrice générale du Regina Treaty-Indian Services

Ce que nous voulons, nous, sa famille, ses amis, ses collègues, des femmes, c'est de dire que nous voulons qu'elle soit en sécurité et qu'elle reste ici, sur nos terres visées par un traité, pour raconter ce qui s'est passé, ajoute-t-elle.

La prochaine comparution de Dawn Walker devant le tribunal américain est prévue pour le mois prochain.

D’après les informations de Kendall Latimer

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