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Les États-Unis « inquiets » pour les droits de la personne au Rwanda

Les deux hommes se serrent la main.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a rencontré le président rwandais, Paul Kagame, à Kigali.

Photo : Getty Images / AFP / ANDREW HARNIK

Agence France-Presse

Le secrétaire d'État Antony Blinken a exprimé jeudi les inquiétudes des États-Unis en matière de droits de la personne au Rwanda, lors de discussions avec le président Paul Kagame à Kigali, dernière étape de sa tournée africaine visant à contrecarrer l'influence russe.

Il a en particulier abordé le sort du héros de Hôtel Rwanda, Paul Rusesabagina, qui purge depuis l'an dernier une peine de 25 ans de prison pour terrorisme et dispose d'un statut de résident permanent aux États-Unis.

Antony Blinken s'exprimait lors d'une brève visite au Rwanda, troisième et dernière étape de sa tournée africaine après l'Afrique du Sud et la République démocratique du Congo (RDC).

Cette mini-tournée, sa seconde en Afrique subsaharienne depuis sa prise de fonctions, intervient peu après celle du ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, qui s'est rendu en juillet au Congo-Brazzaville, en Égypte, en Éthiopie et en Ouganda.

Jeudi, lors d'une conférence de presse à Kigali, M. Blinken a exprimé les graves inquiétudes de Washington en matière de droits de la personne au Rwanda.

« Comme je l'ai dit au président Kagame, nous pensons que les gens dans tous les pays devraient pouvoir exprimer leurs opinions sans peur d'intimidation, d'emprisonnement, de violence ou de toute autre forme de répression. »

— Une citation de  Antony Blinken, secrétaire d'État américain
Paul Rusesabagina menotté, escorté par deux policiers.

Paul Rusesabagina a été arrêté en 2020 à Kigali par la police rwandaise qui l’accusait « d’avoir financé et créé des groupes terroristes » déterminés à renverser le pouvoir en place.

Photo : Getty Images / AFP / Simon Wohlfahrt

Il a par ailleurs souligné les préoccupations américaines concernant le manque de garanties de procès équitable fournies à Paul Rusesabagina.

La famille de ce dernier avait justement indiqué dans un communiqué qu'elle espérait de M. Blinken que son engagement direct aide à mettre fin à son cauchemar et à celui de Paul Rusesabagina, dont la santé se détériore, selon elle.

Paul Rusesabagina, 68 ans, a été rendu célèbre par le film Hôtel Rwanda, sorti en 2004, qui raconte comment ce Hutu modéré qui dirigeait l'Hôtel des Mille Collines dans la capitale rwandaise a sauvé plus de 1000 personnes durant le génocide des Tutsis en 1994. En mai, Washington a estimé qu'il était injustement détenu par la justice rwandaise.

Tirs groupés contre Kagame

En amont de l'arrivée du secrétaire d'État, la société civile et des ONG avaient demandé une prise de position américaine sur la question des droits de la personne, Human Rights Watch appelant M. Blinken à signifier d'urgence [à Kigali] qu'il y aurait des conséquences à la répression et aux abus exercés par le gouvernement au Rwanda et au-delà.

En écho, la responsable de l'opposition rwandaise Victoire Ingabire a affirmé que M. Blinken devait soulever la question des journalistes et des politiciens emprisonnés pour s'être opposés au gouvernement de Paul Kagame.

Le secrétaire d'État américain a par ailleurs indiqué avoir discuté avec M. Kagame de la question d'allégation de soutien à un groupe rebelle en RDC, le M23, sujet qu'il avait évoqué la veille à Kinshasa.

Tout soutien ou coopération avec quelconque groupe armé dans l'est de la RDC met en danger les communautés locales et la stabilité régionale, et chaque pays dans la région doit respecter l'intégrité territoriale des autres, a déclaré jeudi M. Blinken.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken visite le mémorial du génocide de Kigali.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a profité pour visiter le mémorial du génocide de Kigali.

Photo : Getty Images / AFP / ANDREW HARNIK

Selon un rapport d'experts missionnés par les Nations unies, et consulté début août par l'AFP, l'armée rwandaise a lancé des interventions militaires contre des groupes armés congolais et des positions des Forces armées congolaises depuis novembre 2021 et jusqu'en juin 2022. Kigali a démenti catégoriquement.

Le M23 est une ancienne rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013, qui a repris les armes en fin d'année dernière en reprochant à Kinshasa de n'avoir pas respecté des accords sur la démobilisation et réinsertion de ses combattants.

Kinshasa accuse Kigali de soutenir cette rébellion, ce que le Rwanda dément.

Lundi, les États-Unis ont dévoilé une refonte tous azimuts de leur politique en Afrique subsaharienne où ils entendent contrer la présence russe et chinoise, et développer notamment des approches non militaires contre le terrorisme.

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