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De plus en plus de familles vivent dans l’itinérance sur la côte sud de la Nouvelle-Écosse

Stefan Aulenbach est préoccupé.

Stefan Aulenbach est assis devant son VR dans lequel il vit avec sa famille.

Photo : Radio-Canada / Brian MacKay

Radio-Canada

Stefan Aulenbach et sa famille vivent dans un terrain de camping près de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, pendant qu'il cherche ardemment un logement.

Le temps presse, car le terrain de camping ferme ses portes en octobre.

Nous n'avions jamais prévu de vivre ici 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dit-il.

Parfois c'est difficile à accepter.

Stefan Aulenbach est originaire de la région et a déménagé ce printemps, mais n'a pas trouvé de loyer, alors il a emménagé dans un VR à deux lits superposés avec sa femme, sa fille, son gendre et sa petite-fille.

« Nous continuons à espérer et à prier pour que quelque chose se présente à nous. »

— Une citation de  Stefan Aulenbach, un homme à la recherche d'un logement sur la côte sud de la Nouvelle-Écosse

La famille Aulenbach n’est pas la seule dans la région à vivre dans des terrains de camping, des véhicules et des tentes.

Les données recueillies par l’Association Open Doors de la côte sud montrent qu'en date du 8 août, 72 ménages de la région sont confrontés à l'itinérance, dont 48 enfants. De ce nombre, 35 vivent dans des terrains de camping, des tentes, des abris ou des véhicules.

Un VR bien aménagé avec un balcon et des rideaux.

Quatre adultes, un enfant, deux chiens et deux chats vivent dans ce VR alors que les Aulenbach cherchent un logement.

Photo : Radio-Canada / Brian MacKay

Matthew Thompson est membre de l’Association Open Doors, mais aussi président de l’organisme NEST, créé en février pour fournir des logements abordables aux gens de la Côte Sud.

Il dit que la situation est encore plus grave que ce que montrent les statistiques, puisque de nombreuses personnes ne demandent pas d’aide.

« Les gens sont stressés, ils ont le cœur brisé et ils ont honte de ne plus avoir d'endroit où vivre. »

— Une citation de  Matthew Thompson, président de l’organisme NEST

Stefan Aulenbach admet que la situation est très difficile à gérer.

Je pense que ça cause des dommages à la santé mentale des gens. On vit de l'insécurité, de l’instabilité et on finit par douter de nous et de nos capacités, confie-t-il.

Matthew Thompson devant un plan d'eau

Matthew Thompson a créé un organisme à but non lucratif (OBNL) pour construire ou rénover des logements abordables dans la région.

Photo : Radio-Canada / Brian MacKay

Il ajoute qu'il y a encore des moments de joie dans sa vie grâce à sa petite-fille de 18 mois, mais il s'inquiète de ne pas pouvoir assurer une stabilité adéquate dans sa vie.

Un état de crise

Les zones rurales connaissent une baisse des logements abordables et une hausse exponentielle des coûts des loyers, explique Matthew Thompson.

Même avant la pandémie, nous savions que l'offre de logements diminuait, nous commencions à voir une augmentation du nombre de personnes en difficulté, affirme-t-il.

Mais depuis les deux dernières années, ça a augmenté de façon exponentielle et là on est face à une crise sur la côte sud.

Il rapporte qu’une maison qui aurait été louée entre 800 et 1000 $ par mois avant la pandémie coûte désormais entre 2500 et 3500 $.

Il y a des jeunes, des familles avec des nouveau-nés, âgés de deux, trois semaines, qui vivent dans des tentes, dit-il. Et nous avons des personnes de 70 et 80 ans qui vivent dans leur véhicule et qui souffrent dans cette chaleur.

Au cours des 6 dernières semaines, son organisme a distribué 33 tentes et 45 glacières à des personnes qui dorment dans la rue. L'organisme NEST cherche encore 20 tentes pour répondre à la demande.

Une tente bleue avec une glacière à l'entrée

Au cours des six dernières semaines, l'association NEST a distribué 33 tentes et 45 glacières à des personnes qui n'arrivent pas à trouver de logements abordables sur la côte sud de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Facebook/Nest Affordable Living Association

C'est déchirant, admet Matthew Thomson. C'est aussi exaspérant pour moi de savoir que nous avons des politiciens et des gouvernements qui pourraient intervenir, mais la bureaucratie est là. Ils parlent de vouloir faire quelque chose, mais il n'y a pas de gestes.

Le ministère des Services communautaires qui s'occupe de l'itinérance ne propose pas de solutions concrètes pour résoudre le problème.

NEST compte acheter des maisons et les rénover en plusieurs logements pour offrir 30 nouveaux loyers dès l’an prochain.

Avec les informations de Nicola Seguin de CBC

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