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Centrale nucléaire de Zaporijia : vifs échanges au Conseil de sécurité

Un char recouvert d'une toile près de la centrale nucléaire.

Des bombardements russes, non loin de la centrale, ont fait 13 morts mercredi, selon les autorités ukrainiennes.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

« L'heure est grave », a lancé jeudi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) devant le Conseil de sécurité de l'ONU, réclamant l'accès à la centrale nucléaire de Zaporijia que Moscou et Kiev s'accusent mutuellement d'avoir bombardée.

L'heure est grave et l'AIEA doit être autorisée à mener sa mission à Zaporijia aussi vite que possible, a déclaré Rafael Grossi, intervenant en vidéo lors de cette réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Le temps presse, a-t-il insisté, alors que l'AIEA tente depuis des semaines d'envoyer une mission pour inspecter la centrale, mission que Kiev et Moscou s'accusent mutuellement de freiner.

Le site de la centrale de Zaporijia, la plus grande d'Europe, sous contrôle russe depuis le début de mars, a de nouveau été bombardé jeudi, Kiev et Moscou s'accusant une nouvelle fois d'en être responsables.

Les alliés de l'Ukraine, soulignant la nécessité de la mission de l'AIEA, ont désigné, devant le Conseil de sécurité, la responsabilité russe.

La solution pour ce qui se passe à Zaporijia est simple. Les États-Unis appellent la Fédération de Russie à retirer immédiatement ses forces du territoire ukrainien, a déclaré Bonnie Jenkins, sous-secrétaire d'État américaine au désarmement.

Même son de cloche du côté de la France, qui a demandé à la Russie de retirer immédiatement ses troupes de la centrale nucléaire et rendre à l'Ukraine le plein contrôle, selon un communiqué du ministère français des Affaires étrangères.

Cependant, l'ambassadeur russe Vassily Nebenzia a rejeté la faute sur Kiev et ses alliés. Nous appelons les États soutenant le régime de Kiev à [...] le forcer à mettre un terme une fois pour toutes aux attaques contre la centrale de Zaporijia, et l'ONU et l'AIEA à dire aux autorités ukrainiennes que leurs actions sont inacceptables, a-t-il déclaré.

La véritable échelle d'une catastrophe nucléaire à la centrale est difficile à imaginer. L'entière responsabilité en reviendrait aux soutiens occidentaux de Kiev, a insisté l'ambassadeur russe qui a qualifié de surréalistes, cyniques et absurdes les accusations contre Moscou.

Les Russes sont bien connus pour leurs plans élaborés de tromperie, de sabotage et de dissimulation, comme celui que nous voyons aujourd'hui, a répliqué l'ambassadeur ukrainien à l'ONU, Sergiy Kyslytsya.

Aucun d'entre nous ne peut stopper le vent transportant les radiations, mais ensemble nous pouvons stopper un État terroriste. Et plus vite nous stopperons la Russie, plus vite l'Europe et le monde se sentiront à nouveau en sécurité, a-t-il ajouté.

La centrale nucléaire de Zaporijia.

La centrale nucléaire de Zaporijia près de la ville d'Enerhodar contrôlée par la Russie en Ukraine.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

L’ONU et Washington réclament une zone démilitarisée

Alors que la Russie a aussi accusé les services de l'ONU d'avoir empêché la mission de l'AIEA, le porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres a rejeté cette idée.

Il s'agit d'une centrale nucléaire au milieu d'un champ de bataille. Je pense qu'on peut imaginer au moins deux ou trois pages d'obstacles, a noté Stéphane Dujarric.

Pour garantir la sécurité du site et permettre une mission d'inspection, Antonio Guterres et les États-Unis ont appelé jeudi à la mise en place d'une zone démilitarisée autour de la centrale.

Malheureusement, au lieu d'une désescalade, des incidents encore plus inquiétants ont été rapportés ces derniers jours, incidents qui, s'ils se poursuivent, pourraient conduire à une catastrophe, a déclaré Antonio Guterres dans un communiqué.

Notre         dossier Guerre en Ukraine

Zelensky exige le retrait total des Russes

Il se tient debout derrière un lutrin à côté du drapeau ukrainien.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky

Photo : Reuters

Juste avant l'ouverture d'une réunion d'urgence à New York du Conseil de sécurité de l'ONU pour discuter de ce dossier brûlant, à la demande de la Russie, le président ukrainien a exigé le retrait des troupes russes de la centrale nucléaire.

Le monde entier doit réagir immédiatement pour chasser les occupants de la centrale de Zaporijia, a de son côté souligné le président ukrainien dans son message vidéo quotidien.

« Seuls le retrait total des Russes et la reprise du contrôle total de l'Ukraine sur la centrale garantiraient la sécurité nucléaire à toute l'Europe. »

— Une citation de  Le président ukrainien Volodymyr Zelensky

Le président ukrainien a dénoncé le chantage nucléaire russe.

Saper [le] moral des soldats ukrainiens

À Nikopol, dans le sud-est de l'Ukraine, à une centaine de kilomètres de Zaporijia, de l'autre côté du Dniepr, le gouverneur Valentyn Reznichenko a fait état de trois morts et de neuf blessés dans des tirs nocturnes de lance-roquettes multiples russes Grad.

Dans l'Est, dans le bassin minier du Donbass, le chef de l'administration militaire de la région de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, a annoncé dans la matinée que 11 civils avaient été tués ces dernières 24 heures.

De plus, les Russes pilonnent sans répit Soledar, une cité industrielle de 11 000 habitants avant la guerre, car ils tentent d'en chasser l'armée ukrainienne afin d'avancer vers la ville voisine, plus grande, de Bakhmout.

Des soldats ukrainiens sur un char.

Des soldats ukrainiens sur un char, près de la ligne de front, non loin de la ville de Sloviansk, dans la région de Donetsk, le 1er juin.

Photo : Getty Images / AFP/ARIS MESSINIS

Depuis que les troupes russes ont mis fin à leur opération à Kiev à la fin de mars et qu'elles se sont retirées des abords de la capitale, le Kremlin a fait du Donbass, en partie contrôlé depuis 2014 par des séparatistes prorusses, son principal objectif.

L'avancée russe, réelle, est très lente et la guerre s'est transformée en duels d'artillerie entre deux armées retranchées autour de quelques localités.

Nous attendons que les forces armées libèrent le sud de notre pays, y compris Marioupol. Nous l'attendons et cela arrivera bientôt, a néanmoins lâché le maire de cette cité martyre, Vadim Boïtchenko.

Un officier ukrainien de haut rang, le général Oleksiï Gromov, a malgré tout reconnu jeudi que l'ennemi avait doublé le nombre de ses frappes aériennes contre les positions tenues par les soldats de son pays par rapport à la semaine passée, dans le but de saper leur moral.

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