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Unifor dévoile sa vision « ambitieuse » pour le secteur automobile

Une petite voiture est garée dans un stationnement réservé pour les véhicules électriques.

Unifor présente une trentaine de recommandations pour guider la transformation du secteur automobile.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Le syndicat Unifor, qui représente 40 000 travailleurs du secteur automobile au Canada, présente une trentaine de recommandations pour guider la transformation de cette industrie, qui produira des véhicules électriques d’ici quelques années.

La nouvelle présidente Lana Payne, élue par les membres mercredi, a avancé une approche holistique qui consiste à développer une chaîne d’approvisionnement complète, de l’extraction et du raffinage des minéraux nécessaires pour fabriquer des batteries jusqu’à l’assemblage et à la distribution de nouveaux modèles électriques.

Elle lève le bras en signe de victoire et se tient devant des militants qui l'applaudissent.

Lana Payne a été élue présidente nationale du syndicat Unifor, mercredi. Elle remplace Jerry Dias, qui était à la tête de l'organisation depuis 2013.

Photo : (Twitter/Unifor)

Un ministère à part entière

Pour y arriver, Unifor propose à Ottawa d’adopter une stratégie nationale pour le secteur automobile et de confier cette responsabilité à un nouveau ministère.

Ce ministère autonome aurait pour mandat d’attirer des investissements, de soutenir les différentes composantes de la chaîne de valeur et de coordonner ses efforts avec les provinces touchées, comme l’Ontario et le Québec.

Actuellement, divers ministères fédéraux – dont ceux de l'Innovation, Sciences et Développement économique, des Ressources naturelles et d'Emploi et Développement social – gèrent cette filière complexe.

C’est une utilisation inefficace des ressources gouvernementales, estime le syndicat.

Doug Ford prend place avec d'autres dignitaires à l'intérieur d'une camionnette.

Le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie François-Philippe Champagne (à droite) est souvent celui qui porte les annonces d'investissements dans le secteur automobile.

Photo : CBC/Meagan Fitzpatrick

Favoriser l’adoption de véhicules électriques

Unifor recommande au gouvernement fédéral de doubler la subvention accordée aux acheteurs de véhicules zéro émission pour la porter à 10 000 $ et encourage les provinces à bonifier cette remise.

Pour prendre ce virage vers l’électrification, il faut s’attaquer à l’écart d’accessibilité, reconnaître les obstacles de prix, souligne le syndicat, dans sa nouvelle politique sur l’automobile.

Moins de 4 % des nouveaux véhicules immatriculés au Canada sont électriques. La quasi-totalité d’entre eux roulent en Colombie-Britannique et au Québec, les deux provinces qui offrent les incitatifs les plus avantageux et qui imposent des quotas de vente aux constructeurs. Ces politiques favorisent l’achat de véhicules zéro émission, soutient Unifor.

Pour atténuer la crainte de la panne, qui décourage encore de nombreux Canadiens à adopter ces véhicules, le syndicat suggère d’établir une cible pour le réseau de recharge, soit d’aménager au moins une borne pour tous les 10 véhicules électriques sur nos routes.

Une infographie sur laquelle on peut lire: 4 millions de stations de recharge nécessaires pour alimenter 39 millions de véhicules zéro émission sur la route.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Unifor souhaite qu'au moins une borne de recharge soit construite pour tous les 10 véhicules électriques en circulation dans une région en particulier.

Photo : Unifor

Les différents ordres de gouvernement ont aussi un rôle à jouer pour stimuler l’industrie automobile, selon Unifor, en achetant des véhicules électriques fabriqués au Canada. Selon l’Initiative canadienne d’approvisionnement collectif, le gouvernement fédéral, les provinces, les municipalités et les organismes publics dépensent environ 200 milliards de dollars chaque année pour bonifier leurs flottes de véhicules.

Le gouvernement Trudeau s’est engagé à ce que tous les nouveaux véhicules achetés pour son parc automobile d’ici 2030 (Nouvelle fenêtre) soient des modèles hybrides ou électriques.

Unifor souhaite par ailleurs uniformiser les programmes de recyclage de véhicules et de batteries en fin de vie. Il cite en exemple une initiative du gouvernement de la Colombie-Britannique (Nouvelle fenêtre), qui confère aux constructeurs la responsabilité de suivre les matériaux et de bien gérer les composants dangereux.

Bâtir une industrie équitable axée sur la réconciliation

Unifor propose aussi de mieux encadrer le dialogue entre les compagnies minières et les peuples autochtones, et d’exiger des accords de partage équitable entre ces parties prenantes. Ces ententes pourraient inclure des engagements de partage des revenus, des exigences d’embauche locale et des contrats avec des entreprises autochtones.

La politique de l’automobile du syndicat dit s’inspirer d’un rapport publié en janvier par le British Columbia First Nations Energy and Mining Council, qui comprend lui aussi une panoplie de recommandations.

En attirant de nouveaux apprentis, Unifor souhaite que les constructeurs automobiles et les fabricants de pièces s’acharnent à embaucher plus d’ouvriers de groupes marginalisés ou sous-représentés, comme les Autochtones, les minorités visibles, les personnes LGBTQ+ et les femmes.

Une ouvrière participe à l'assemblage d'une automobile.

Les chaînes de montage des deux usines ontariennes du groupe Stellantis, à Windsor et à Brampton, seront réoutillées pour produire des modèles électriques.

Photo : Associated Press / Carlos Osorio

Le syndicat affirme que les gouvernements peuvent aider en accordant du financement pour compenser les coûts aux employeurs qui s’engagent à diversifier leur main-d'œuvre, non seulement sur les plans du recrutement, mais aussi de la formation et de la rétention.

Encore faut-il s’attaquer à l’écart salarial entre les hommes et les femmes, souligne Unifor. Selon une étude publiée en 2020, dans le secteur de la fabrication de pièces, un homme gagnait en moyenne 3,82 $ l’heure de plus qu’une femme, alors que cet écart s’élevait à 1,48 $ l’heure dans les usines d’assemblage.

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