•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De bateau dragueur à restaurant marocain

Des tajines et des couverts déposés sur une table revêtue d'une nappe aux couleurs vives.

Le restaurant marocain de Bouchra et Daniel Savard est aménagé dans un bateau amarré à la rive de Port Alberni, dans l'île de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Célyne Gagnon

Les plus belles histoires sont le fruit du hasard. C’est le cas du Swept Away Inn et de ses propriétaires, Bouchra et Daniel Savard, dont l’ancien bateau dragueur installé sur la rive de Port Alberni, dans l’île de Vancouver, abrite un chaleureux restaurant d’aubergiste exhalant ses effluves marocains.

Il aura fallu des années à ce couple de visionnaires pour dénicher le bateau de ses rêves. Depuis longtemps, Bouchra et Daniel Savard caressaient le projet d’aménager un bateau où il ferait bon vivre et accueillir des visiteurs.

Le couple alors installé en Ontario fait mer et monde à la recherche de la perle rare : les cabines seraient situées au-dessus de la ligne de pont, il y aurait des hublots pour laisser entrer l’air frais et l’espace pourrait abriter une cuisine d’aubergiste.

Un bateau amarré à un quai, dans une petite localité.

Le Swept Away Inn est amarré au quai de Port Alberni, dans l'île de Vancouver.

Photo : Fournie par Bouchra Savard

Ce bateau de rêve existe. Le MV Songhee est ancré dans l'archipel Haida Gwaii au large de la Colombie-Britannique. Le couple prendra possession, en 2013, de cet ancien bateau-remorqueur et dragueur de mines construit en 1944 et jettera l'ancre dans la petite ville portuaire de Port Alberni développée au rythme de ses industries de la pêche et du bois.

Il faudra près de deux ans pour convertir l’embarcation en une auberge de huit cabines et six toilettes et y aménager une cuisine où Bouchra confectionne des mets traditionnels marocains.

C’est le début d’une savoureuse histoire.

Bouchra Savard sert du thé à la marocaine, en tenant la théière bien au-dessus et à distance des verres.

Dans la cuisine de Bouchra Savard, tout comme au Maroc, on trouve du thé sur la table toute la journée.

Photo : Radio-Canada / Célyne Gagnon

Le Swept Away Inn ouvre ses portes en septembre 2015. À ce jour, plus de 3000 visiteurs gourmands ont goûté à la cuisine marocaine et à l’hospitalité chaleureuse de Bouchra Savard. L’aubergiste gastronome y accueille les visiteurs avec un plaisir évident. Le rire fuse, facile et chaleureux.

Les traditions culinaires au cœur de la culture marocaine

Depuis, Bouchra Savard façonne des mets traditionnels dans un espace exigu – à peine 50 mètres carrés – et fait découvrir à ses invités un univers gustatif cher au cœur de celle qui a grandi dans le nord de l’Afrique.

Ce n’est que lorsqu'elle est venue vivre en Colombie-Britannique, en 2013, que le plaisir d’apprêter des mets traditionnels marocains a pris racine chez elle.

Des épices marocaines, dont du zaatar.

Bouchra Savard s’approvisionne en épices auprès de sa famille, au Maroc.

Photo : Radio-Canada / Célyne Gagnon

« Je ne connais pas une Marocaine qui ne sait pas cuisiner. Et si la fratrie est masculine, on enseigne à la belle-fille! »

— Une citation de  Bouchra Savard, aubergiste au Swept Away Inn

La transmission du savoir repose sur la tradition orale (pas de livres de recettes!) et Bouchra apprend donc les rudiments et les secrets de la cuisine de son enfance, à distance et à rebours, auprès de sa fratrie.

Bouchra Savard en train de servir de la salade dans des assiettes.

Bouchra Savard fait voyager ses convives par les plaisirs de la table.

Photo : Radio-Canada / Célyne Gagnon

La tradition du thé à la menthe en est la pierre angulaire. Bouchra affectionne deux jolies théières rapportées de Mohammedia, sa ville natale située au bord de la mer, dans la grande région Casablanca.

Le thé, c’est le whisky du Maroc! On trouve du thé sur la table toute la journée. C’est une façon d’accueillir nos invités, et Bouchra maîtrise à merveille cet art de l’hospitalité. Les convives s’attablent au Swept Away Inn comme autour d’un repas familial pour partager le plaisir de la dégustation et redécouvrir l’art de la conversation.

Bouchra Savard tient des théières marocaines.

Bouchra Savard tient des théières provenant de Mohammedia, une ville de la grande région de Casablanca située au bord de la mer.

Photo : Radio-Canada / Célyne Gagnon

« Manger en communauté, c’est l’esprit de notre restaurant. »

— Une citation de  Bouchra Savard, aubergiste au Swept Away Inn

Ce partage est important pour Bouchra, car c’est par le plaisir de la table qu’elle fait connaître sa culture et fait voyager ses convives.

Je leur fais vivre l’expérience du Maroc ici, pour le vivre, pour le sentir… et leur faire vivre les moments que j’ai vécus quand j’étais enfant.

Un plat d'agneau parfumé aux citrons confits et aux olives.

Bouchra Savard prépare de l'agneau parfumé aux citrons confits et aux olives.

Photo : Radio-Canada / Célyne Gagnon

En déposant les plats sur la table, Bouchra explique à ses convives les traditions culinaires et leur histoire. Le couscous en est la pièce maîtresse. Ce soir, il sera parfumé à l’eau de rose et rehaussé de safran, de miel et d’amandes rôties, et servi en accompagnement à l’agneau tangia. Il s’agit d’un plat typique de Marrakech, fait d’agneau braisé parfumé aux citrons confits et aux olives, sans oublier le smen, un beurre clarifié qu’elle prépare elle-même.

Ce soir-là, Bouchra et Daniel accueillent une dizaine de convives. Au bout de la table, Sam et son épouse, récemment installés dans l’île de Vancouver, découvrent la cuisine du Swept Away Inn. Originaire du Maroc, Sam salive déjà en humant les plats qui mijotent dans la cuisine de Bouchra et qui lui rappellent son enfance.

C’est dans une lenteur toute marocaine que les convives découvrent les saveurs et les arômes de cette petite auberge gourmande hors du temps.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !