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Après le triple meurtre, Montréal réclame plus de moyens pour contrer la violence

La mairesse de Montréal dit vouloir agir et souhaite obtenir une part généreuse des 42 millions de dollars annoncés par Québec pour lutter contre la violence armée.

Valérie Plante et une arme de policier à l'avant-plan.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, estime que les récents événements montrent la nécessité de moyens supplémentaires.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une semaine après le triple meurtre et la mort d'un suspect schizophrène abattu par les policiers, les demandes se multiplient en ce qui a trait à la lutte contre la violence et aux suivis en santé mentale, a fortiori chez les personnes condamnées mais libérées sous certaines conditions à la suite d’un diagnostic psychiatrique.

En s'appuyant sur l'exemple de ce récent fait divers qui demeure à élucider, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a défendu les besoins de sa ville dans l'attribution des 42 millions de dollars octroyés par le fédéral à la province pour lutter contre la violence armée.

On veut faire partie de la solution, a assuré Mme Plante en disant espérer une décision financière de la part du gouvernement québécois à la lumière de ce fait isolé-là.

On a besoin de moyens supplémentaires du fédéral et du provincial, a fait valoir Valérie Plante mercredi en citant les intervenants de première ligne qui en pourraient en bénéficier, c'est-à-dire le SPVM, les travailleurs sociaux, les organismes communautaires.

Ce qui s'est passé, c’est un drame, c’est inacceptable, on ne peut pas imaginer une chose comme ça […]. Une personne qui tire de façon aléatoire sur n’importe qui, c’est troublant, mais il ne faut pas céder à la peur, a-t-elle commenté en mentionnant toutefois qu’un tel événement aurait bien pu se produire dans n’importe quelle autre ville.

Bien qu’isolé, ce triple meurtre a aussi été présenté comme une pointe de l’iceberg symptomatique de deux problèmes contemporains : l'accès facile aux armes et les carences en matière d’accès aux soins en santé mentale, une difficulté aggravée par la pandémie, a ajouté Valérie Plante en faisant implicitement référence au cas d’Abdulla Shaikh, un récidiviste qui a été interné plusieurs fois, condamné et libéré sous conditions pour cause de schizophrénie.

« Il faut que le gouvernement du Québec nous dise : qu’est ce qu’on fait avec ces personnes qui ont un diagnostic, qui sont internées, qui quittent [...] sous conditions, comment est-ce qu’elles sont surveillées? [...] Comment est-ce que le suivi est effectué? »

— Une citation de  Valérie Plante, mairesse de Montréal

Encore du travail à faire

Quant à la question de l’accès aux armes à feu – le suspect aurait assemblé lui-même son arme à partir d'informations et de pièces disponibles sur Internet –, Valérie Plante estime que le récent gel fédéral en matière d'armes de poing demeure insuffisant pour lutter contre la violence armée.

Il faut bannir les armes à feu et ajouter des mécanismes […] pour pouvoir saisir ces armes-là, que ce soit aux frontières ou en légiférant pour empêcher d’en fabriquer, a exhorté la mairesse de Montréal.

Selon les données qu’elle a citées, les policiers ont retiré plus de 1000 armes des rues de la métropole depuis un an et demi.

Lui aussi questionné sur le sentiment d’insécurité à Montréal, le premier ministre François Legault a rétorqué que la métropole demeure une ville sécuritaire. Le chef caquiste s'exprimait à l'issue d'une conférence de presse à Lévis, où il a présenté la candidature de Martine Biron dans la circonscription des Chutes-de-la-Chaudière.

François Legault a rappelé le déclenchement de l’opération CENTAURE (Coordination de l'effort national contre le trafic d’armes unifié dans la répression et les enquêtes) et la mobilisation à temps plein de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, dans ce dossier.

Il y a eu plus de 400 arrestations depuis le début de l’opération et 400 saisies d’armes, a détaillé M. Legault tout en reconnaissant qu’il y a encore du travail à faire à ce chapitre.

Violence en ligne

La question de la violence s'est également transposée dans les rangs de l'opposition officielle formée par le parti Ensemble Montréal mercredi.

Le parti a annoncé qu'il souhaitait présenter une motion sur la violence en ligne au conseil municipal du 22 août. Celle-ci visera à endiguer la cybercriminalité, le cyberharcèlement et la cyberintimidation. Ensemble Montréal préconise une meilleure vigie sur les réseaux sociaux, qui servent de plus en plus de catalyseur aux groupes radicaux et criminels.

Par voie de communiqué, Ensemble Montréal a cité des données du SPVM selon lesquelles 98 % des dossiers criminels traités par le module des cyberenquêtes touchent désormais l'utilisation de Facebook, Instagram, Snapchat et YouTube.

Outre une amélioration de la prévention, l’opposition officielle propose de nouveaux espaces d’expression sécuritaires, par exemple une plateforme de clavardage afin de faciliter la prise de parole des victimes.

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