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Interdiction temporaire d’utiliser un pesticide pour éradiquer l’achigan

vue aérienne du lac Miramichi

Le lac Miramichi

Photo : Radio-Canada / Shane Fowler

Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, un juge interdit l'emploi d'un pesticide dans le lac Miramichi jusqu’à ce qu’un recours judiciaire intenté par des propriétaires de chalets de la région soit entendu par la cour.

Un groupe de travail sur l’éradication de l’achigan à petite bouche dans le lac Miramichi désirait utiliser un pesticide, la roténone, pour éliminer ce poisson exotique envahissant.

Le groupe de travail sur l’éradication de l’achigan à petite bouche dans le lac Miramichi comptait utiliser ce produit chimique cet été.

Mardi, le juge Terrence Morrison a interdit la pulvérisation jusqu’à ce que la cause soit entendue, le 17 août.

Il a donc accordé l'injonction en l'absence des avocats du groupe d'éradication. Il a déclaré que cette ordonnance était nécessaire parce que le fait d'attendre d'aviser l'autre partie aurait de graves conséquences.

Un poisson du type achigan à petite bouche nage au fond de l'eau.

L'achigan a été introduit dans le fleuve Saint-Jean par l'humain. Il est nuisible aux autres espèces présentes.

Photo : Organisme bassin versant du fleuve Saint-Jean

Le groupe de travail tente d'utiliser ce pesticide depuis l’an dernier. Les membres, dont des communautés autochtones et des organismes non gouvernementaux, croient que le poisson envahissant menace le saumon atlantique et la truite.

Le projet avait été suspendu en septembre 2021 parce que des manifestants refusaient de quitter les lieux, dans les environs des lacs Miramichi et Brook et d’une partie du sud-ouest de la rivière Miramichi.

Les propriétaires de chalets s’unissent

Le 2 août, trois propriétaires de chalets ont déposé une poursuite contre le Conseil des Micmacs du district de la Rive nord, affirmant que l'épandage causerait un préjudice irréparable et ils ont demandé au juge d’empêcher ce processus de façon permanente ou conditionnelle.

Quelques jours plus tard, le groupe d’éradication de l’achigan a annoncé qu’il allait bientôt entreprendre son projet, ce qui a incité les propriétaires de chalets à demander une injonction d’urgence mardi.

Vue aérienne de chalets sur le bord d'un lac

Des propriétaires de chalet du lac Miramichi contestent le projet de pulvérisation d'un pesticide dans le lac pour éradiquer l'achigan à petite bouche.

Photo : Radio-Canada / Shane Fowler

Selon les documents judiciaires, les propriétaires allèguent que la pulvérisation de roténone tuerait tous les poissons du lac et pas seulement l’achigan à petite bouche. Ils croient aussi que cette intervention les empêcherait de se baigner ou de pêcher pendant au moins un an.

La possibilité que des maladies soient introduites et la présence des poissons pourris causeraient un préjudice irréparable, selon la poursuite.

Aucune des revendications n’a été prouvée en cour pour le moment. Le Conseil des Micmacs du district de la Rive nord n’a pas déposé d'exposé de la défense.

Le gouvernement provincial a déjà ordonné une évaluation environnementale et le gouvernement fédéral a donné le feu vert au programme de pulvérisation.

Un homme devant un lac

John Hildebrand est propriétaire d'un chalet sur le lac Miramichi et s'oppose à la pulvérisation de la roténone.

Photo : Radio-Canada / Shane Fowler

John Hildebrand est un propriétaire de chalet sur le bord du lac Miramichi. Il ne fait pas partie du groupe qui a déposé la plainte, mais il s’oppose fermement au projet de pulvérisation de pesticides.

Ce que nous voyons, c'est que ce projet va presque certainement causer des dommages à long terme à l'écosystème du lac, soutient-il.

John Hildebrand affirme que le groupe de travail n’a pas consulté de façon adéquate les propriétaires de chalet du lac. Il trouve qu’il est injuste pour les propriétaires d’avoir été mis devant le fait accompli, en recevant un avis 24 heures seulement avant la pulvérisation.

Le groupe de travail réagit

Dans une déclaration, le groupe de travail sur l'éradication de l'achigan à petite bouche affirme qu'aucun membre du groupe n'était au courant qu'une audience d'urgence avait lieu et qu'ils n'ont donc pas été en mesure d'argumenter.

Neville Crabbe, porte-parole du Groupe de travail sur l'éradication de l'achigan à petite bouche dans la région de Miramichi, se tient debout devant un lac.

Neville Crabbe, porte-parole du Groupe de travail sur l'éradication de l'achigan

Photo : Shane Fowler

Selon eux, 130 personnes devaient prendre part au processus d'épandage pour compléter leur projet, qui a fait l'objet d'un examen approfondi et a été autorisé par le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le gouvernement du Canada, selon cette déclaration.

Plus tôt cette semaine, le porte-parole du groupe, Neville Crabbe, a affirmé que le groupe avait organisé des réunions publiques pour apaiser les craintes et informer la population. Il avait précisé que la roténone serait employée en quantité inférieure aux limites établies par Santé Canada pour son usage à des fins récréatives sécuritaires.

Le groupe de travail a l'intention de s'opposer vigoureusement à la demande des propriétaires de chalets de prolonger l'injonction lors de l'audience prévue le 17 août, peut-on lire dans cette déclaration.

Avec des informations de Hadeel Ibrahim et Shane Fowler de CBC et de la Presse canadienne

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