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Le Manitoba reçoit des fonds fédéraux pour lutter contre la violence basée sur le sexe

Le poing menaçant d'un homme devant la silhouette d'une femme.

Le Manitoba recevra 1 million de dollars sur une période de quatre ans pour aider les lignes d'écoute téléphonique contre la violence basée sur le sexe.

Photo : iStock

Le Manitoba est la première province à signer une entente bilatérale avec le gouvernement fédéral pour soutenir les lignes d'écoute téléphonique destinées à lutter contre la violence basée sur le sexe. Le gouvernement du Manitoba reçoit 1 million de dollars sur une période de quatre ans.

La ministre fédérale des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, Marci Ien, et la ministre de la Famille et responsable du statut de la femme du Manitoba, Rochelle Squires, en ont fait l'annonce, mercredi au Palais législatif, à Winnipeg.

Marci Ien a annoncé un investissement de 30 millions de dollars à l'échelle nationale à cet effet, qui avait été prévu dans le budget 2021.

En 2019, 11 % des étudiantes fréquentant les campus au Canada ont été agressées sexuellement. Cela représente 361 jeunes femmes par jour sur les campus à travers le pays. Et là est arrivée la COVID-19. Isolement, perte de revenus, anxiété, les problèmes ont été exacerbés et ce qui a mené une pandémie de l'ombre de violences sexuelles, a affirmé Marci Ien.

Elle a indiqué que le volume d'appels aux services d'écoute téléphonique destinés aux victimes de violence basée sur le sexe avait augmenté.

Rectificatif

La précédente version de ce texte indiquait que l'appui fédéral vise à soutenir les lignes d'écoute qui accompagnent les victimes de violences sexuelles. Il s'agit plutôt des victimes de violence basée sur le sexe.

En 2021, plus de 38 000 appels à la clinique de santé communautaire Klinic du Manitoba ont été traités malgré une perte de bénévoles.

Entre 2020 et 2022, le nombre d'appels au programme d'aide aux victimes d'agressions sexuelles a eu une augmentation de 231 %.

Marci Ien a indiqué que l'argent est remis à la province pour qu'elle le donne aux organismes sur le terrain.

La ministre fédérale de la Femme, de l'Égalité des sexes et de la Jeunesse, Marci Ien en conférence de presse au Palais législatif du Manitoba, le 10 août 2020

La ministre fédérale de la Femme, de l'Égalité des sexes et de la Jeunesse, Marci Ien

Photo : Radio-Canada / Fernand Detilleux

La ministre Rochelle Squires a affirmé que cet appui répondra à un besoin dans la province.

Le cadre de travail du Manitoba pour mettre fin à la violence basée sur le sexe a défini des lignes téléphoniques à renforcer en priorité. Des gens sur le terrain nous ont dit que les lignes d'écoute téléphonique pour soutenir les victimes […]  sauvent des vies, a-t-elle dit.

La directrice générale de la clinique de santé communautaire Klinic, Ayn Wilcox, se réjouit de ce financement qui permettra de mieux former les bénévoles.

On travaille encore à peaufiner les détails de la façon dont on va utiliser l'argent. Mais l'idée serait d'examiner la manière de développer la technologie, d'accroître la formation que nous offrons aux bénévoles et de fournir des services plus efficaces, dit-elle.

Klinic s'efforce toujours de reconstituer sa capacité à répondre à tous les appels reçus par le biais de sa ligne de soutien téléphonique accessible à toute heure du jour et de la nuit. Cette dernière était constituée d'environ 150 bénévoles. La pandémie a fait chuter ce nombre à 30.

Des organismes d'aide dans le flou

L'organisme Briser le silence contre la violence conjugale accueille favorablement l'annonce des fonds mais considère que les gouvernements n'ont pas fourni assez de détails.

C’est tellement éphémère, il n’y a rien de concret. Ils ont fait l’annonce mais personne ne sait comment ça va se matérialiser et quand, affirme la fondatrice de l'organisme et ancienne victime de violence fondée sur le sexe, Zita Somakoko.

De plus, la clinique de santé communautaire Klinic ne compte pas ajouter de personnel francophone, qui s'appuie sur des services d'interprète. Un non-sens, selon Mme Somakoko.

Il ne doit pas avoir de barrières. Quand on me dit en tant que francophone, que je vais attendre pour qu’ils trouvent quelqu'un. Est-ce que j'ai le temps d'attendre ? Vous savez où je suis ? Est-ce que ma batterie de téléphone va mourir ou je ne sais pas moi, lance-t-elle.

Elle précise que cette attente pourrait mettre la vie des victimes davantage en danger. 

Selon Klinik, plus d’informations sur l’utilisation de ce financement devraient être partagées au fil du temps.

Dans un communiqué de presse, le gouvernement du Canada indique qu'il travaillera avec les autres provinces au cours des prochains mois pour signer d'autres ententes bilatérales de cette nature.

Avec des informations d'Anne-Charlotte Carignan

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