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Arsenic : la santé publique recommande 15 ng/m3 d’air d’ici l’atteinte des 3 ng

L'entrée de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda.

Selon le rapport de l'INSPQ, plusieurs conditions devront être remplies d'ici l'atteinte de la norme en matière de concentration d'arsenic dans l'air afin de protéger les plus vulnérables, notamment les enfants à naître et ceux en bas âge. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Radio-Canada

De passage à Rouyn-Noranda mercredi, le directeur national de la santé publique, le Dr Luc Boileau, a recommandé une norme annuelle de 15 nanogrammes d’arsenic par mètre cube (ng/m3) pour la Fonderie Horne.

Une norme quotidienne de 200 ng/m3 s’ajoute à cette recommandation.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a tenu une séance d’information technique tout juste avant la conférence de presse du Dr Boileau, mercredi après-midi.

Selon l'INSPQ, ces limites permettraient de protéger la santé des enfants du quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda.

« Mettons cela bien clair et soyons bien compris, la norme de 3 ng/m3 pour l’arsenic constitue toujours l’objectif à atteindre et il n’est pas question pour nous de changer cette norme-là, ni de son cadre d’application, ici comme ailleurs au Québec. »

— Une citation de  Le Dr Luc Boileau
Le Dr Boileau prenant la pose, debout, souriant à la caméra.

Le directeur national de la santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau, a fait connaître ses recommandations concernant la Fonderie Horne, mercredi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

L'exposition à l’arsenic accroît les risques de souffrir de troubles neurodéveloppementaux, par exemple un faible quotient intellectuel (QI). La proposition de 15 ng/m3 est basée sur une étude menée au Bangladesh.

Rappelons que la norme provinciale est de 3 ng d’arsenic par mètre cube d'air. La Fonderie Horne bénéficie d’une exemption et peut émettre jusqu’à 100 ng d’arsenic par mètre cube d'air jusqu’à la fin de 2022.

Selon l'INSPQ, le passage à 15 ng/m3 pour l'arsenic diviserait le risque de cancer du poumon par quatre, mais ce risque sera quand même 20 fois plus élevé que le risque estimé négligeable par Québec.

La santé de la population et des générations futures est prioritaire, a mentionné le Dr Boileau.

Des négociations sont en cours pour le renouvellement de l’attestation d’assainissement de cinq ans qui sera délivrée par le ministère de l’Environnement du Québec.

Ce que nous faisons, c’est d’établir à quel niveau il y aurait cette protection, toujours sur la route vers le 3 [ng/m3 d’arsenic]. Parce que la route vers le 3 peut sembler compliquée à être réalisée à brève échéance. Est-ce que 15 [ng/m3], on peut réaliser ça dans 2, 3, 4, 5 ans? On ne le sait pas. Ce sont des échanges qui ont lieu actuellement entre le gouvernement, les ministères concernés et l’entreprise, a souligné le Dr Boileau.

Une norme pour le plomb et le cadmium

Le directeur national de la santé publique demande aussi que le respect de la norme annuelle québécoise pour le plomb et le cadmium soit imposé à la Fonderie Horne.

Quatre spécialistes en conférence de presse.

Mathieu Valcke, conseiller scientifique spécialisé, le Dr Luc Boileau, directeur national de la santé publique du Québec, le Dr Stéphane Trépanier, directeur par intérim de la santé publique en Abitibi-Témiscamingue, et le Dr Stéphane Perron, médecin spécialiste.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Jusqu'à présent, la Fonderie Horne n'était soumise à aucune norme à part celle sur l'arsenic. Et, encore une fois, le Dr Boileau ajoute une demande pour une norme journalière soit instaurée en ce qui a trait au plomb et au cadmium, notamment afin de prévenir les maladies respiratoires.

Selon le rapport de l'INSPQ, plusieurs conditions doivent être respectées d'ici l'atteinte de la norme d'arsenic pour protéger les plus vulnérables, comme les enfants à naître et ceux en bas âge.

Nous avons demandé à nos experts de préciser à quel niveau d’exposition à l’arsenic et aussi aux autres contaminants qu’on pourrait obtenir un effet protecteur pour la santé des personnes qui sont les plus vulnérable, a signalé le directeur national de la santé publique.

Le respect des normes annuelles pour le plomb (100 ng/m3), pour le cadmium (3,6 ng/m3) et pour le nickel (de 20 ng/m3) est demandé le plus rapidement possible.

 Les niveaux d’exposition quotidienne maximum dans l’air recommandé sont de 200 ng/m3 d’arsenic, à 35 ng/m3 de plomb et 30 ng/m3 de cadmium , a précisé le Dr Boileau.

La santé publique du Québec a recommandé aujourd’hui que la Fonderie Horne rejette une norme annuelle de 15 ng d’arsenic par mètre cube dans l’air. Entrevue avec la mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire.

Glencore:  Nous sommes déterminés à minimiser notre empreinte environnementale 

Le directeur des relations gouvernementales pour Glencore, Alexia Segal, soutient prendre acte des recommandations.

Nous sommes plus que jamais déterminés à minimiser notre empreinte environnementale et à offrir notre entière collaboration pour réduire nos émissions au minimum. Nos équipes et nos partenaires sont pleinement mobilisés autour d'un projet de transformation majeur qui fera de la Fonderie Horne une des plus efficientes au monde, a-t-il écrit dans une déclaration aux médias.

La Fonderie Horne se déclare maintenant capable d'aller en dessous de 20 ng/m3 d'arsenic, mais sans dire à combien. Nous avons continué de raffiner nos analyses et développé davantage de projets nous permettant de réduire les émissions, a dit Glencore à Radio-Canada.

Deuxième visite en un mois

Le Dr Boileau s’était aussi déjà déplacé à Rouyn-Noranda au début du mois de juillet. Il avait alors assuré que la santé publique fournirait davantage de données au sujet des impacts de métaux lourds sur la santé de la population.

À la mi-juillet, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, avait à son tour rencontré des élus à Rouyn-Noranda relativement aux préoccupations au sujet de la qualité de l’air.

Près de 40 personnes étaient réunies mercredi peu avant 11 h près des bureaux où le ministre de l'Environnement devait rencontrer des élus et des représentants de comités de citoyens.

Une quarantaine de personnes s'étaient réunies près des bureaux où le ministre de l'Environnement rencontrait des élus et des représentants de comités de citoyens, il y a quelques semaines à Rouyn-Noranda. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Andrei Audet

Des représentants d’organismes comme le Comité Arrêt des rejets et des émissions toxiques de Rouyn-Noranda (ARET-RN), le mouvement citoyen Mères au front et le Conseil régional en environnement de l’Abitibi-Témiscamingue avaient pu exprimer leurs inquiétudes au ministre.

Trois semaines plus tard, Hélène Proteau avait été nommée administratrice d’État. Cette demande avait été formulée par la mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, dans un entretien téléphonique avec le premier ministre François Legault.

Le mandat de Mme Proteau consiste à assurer les liens et les suivis entre les ministères concernés, la Direction de la santé publique, la compagnie Glencore, la Ville de Rouyn-Noranda, divers comités ainsi que les citoyens.

Benoit Charette avait mentionné lors d’une entrevue au sujet de la nomination d’Hélène Proteau qu’il avait l’intention de suivre les recommandations de la santé publique.

Décontamination des sols recommandée

La santé publique recommande aussi d'accentuer les efforts de décontamination des sols à Rouyn-Noranda, ce qui permettrait de réduire les risques à la santé chez les jeunes enfants.

Une étude de 2020 démontrait que 23 % des terrains résidentiels échantillonnés dépassaient les concentrations limites en arsenic, en cadmium et en plomb.

Cette étude avait recommandé au ministère de l'Environnement de décontaminer les sols touchés, mais la décontamination n'a pas encore commencé(Nouvelle fenêtre).

Le directeur par intérim de la Direction régionale de la santé publique, le Dr Stéphane Trépanier, assure que les discussions avec le ministère de l'Environnement se poursuivent.

 Oui, peut-être qu'il y a eu un certain délai, mais actuellement, ça avance quand même très bien et on est impliqués dans les démarches, affirme-t-il. C'est sûr qu'on espère que ce sera fait cette année, mais assurément, au plus tard, à mon avis, ce serait l'été prochain. 

Pierre Dufour : « Important de se fier à la santé publique et les experts »

Pierre Dufour

Pierre Dufour, ministre responsable de l'Abitibi-Témiscamingue. (Archives)

Photo : Radio-Canada

À la sortie du conseil des ministres aujourd’hui (mercredi), le ministre responsable de l’Abitibi-Témiscamingue, Pierre Dufour, a réagi à la recommandation de la santé publique de 15 nanogrammes d'arsenic par mètre cube d’air à Rouyn-Noranda d’ici l’atteinte des 3 nanogrammes.

Il affirme qu’il sera à Rouyn-Noranda avec le ministre de l’Environnement, Benoit Charette. M. Dufour a aussi rappelé la tenue d’une consultation publique dans le dossier.

Nous, ce qui est important dans un dossier comme ça, on n’est pas des spécialistes, c’est important de se fier à la santé publique et les experts qu’elle consulte. Ce n’est pas simplement les experts à proximité, c’est l’ensemble des experts qu’ils ont consultés et à partir de ces experts, je pense qu’on est capables de regarder, politiquement, d’entrer dans cet aspect-là pour arriver à quelque chose d’acceptable, a-t-il commenté.

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Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Pour sa part, le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, a réitéré la priorité de protéger la santé des citoyens. Il évaluera les données présentées aujourd'hui.

Si la santé publique nous parle de 15 nanogrammes, on ne peut pas ne pas considérer cet avis-là, a réagi M. Charette.

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