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Feux de forêt : l’Î.-P.-É. n’a pas de plan d’intervention en cas d'urgence

Photographie aérienne d'une forêt qui brûle en dégageant une épaisse fumée.

Le feu de forêt près de l'autoroute de Bay d'Espoir, à Terre-Neuve, le 6 août 2022.

Photo : Gracieuseté : Derrick Bragg

L’Île-du-Prince-Édouard se dit bien équipée pour réagir en cas de feux de forêt de grandes proportions. Néanmoins, la province ne compte pas de plan d'intervention pour gérer ce type d’incident.

Selon Nick Thompson, technicien forestier provincial, l’île compte une quarantaine de pompiers entraînés pour intervenir dans des cas de feux de forêt à l’heure actuelle.

Il supervise le service de protection contre les incendies de forêt au sein du ministère de l’Environnement de l’île.

« Nous disposons également de six camions spécialement conçus et équipés pour combattre les feux de forêt. »

— Une citation de  Nick Thompson, technicien forestier provincial

Des camions spécialisés dans ce type d’intervention sont intégrés aux services d’incendies des municipalités de Souris, Georgetown, East River, Wellington et West Point.

L’équipe du ministère compte aussi un camion supplémentaire à Charlottetown.

Nick Thompson vérifier son équipement près d'une forêt.

Nick Thompson est technicien forestier provincial et supervise le service de protection contre les incendies de forêt.

Photo : Gracieuseté Nick Thompson

Ce type de véhicule est plus robuste et peut entrer dans les forêts plus facilement, ce qui permet aux pompiers de se rapprocher des feux, explique Desmond Arsenault, porte-parole de la Caserne de pompiers de Wellington.

Les tuyaux de ces véhicules sont aussi plus longs que dans les camions réguliers.

Selon Nick Thompson, l'île avait offert de l’aide à Terre-Neuve pour combattre les récents feux de forêt. Du personnel et des véhicules pour transporter des pompiers sur les lieux faisaient partie de l’offre.

La province de Terre-Neuve-et-Labrador n’aurait toutefois pas déposé une demande pour avoir de l’aide auprès du gouvernement de l'île.

Pas de plan d'intervention

Un plan d'intervention en cas d'urgence pour les feux de forêt de grandes proportions n’a pas encore été défini par les autorités de l’île, selon Nick Thompson.

Tout dépend de l’expérience de la personne responsable, explique-t-il.

Selon Nick Thompson, les pompiers arrivant sur les lieux d'un possible incendie de forêt devraient coordonner les interventions en fonction de l’évolution du feu.

Photographie aérienne d'un grand feu de forêt près d'une route.

La fumée dégagée par l'un des feux de forêt à Terre-Neuve le 7 août 2022.

Photo : La Presse canadienne / Gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador

Pour Desmond Arsenault, il serait essentiel que l’île adopte des mesures d'urgence provinciales en cas d’un événement de grandes proportions.

« Ça prend un plan, et je pense que ce n’est pas une chose qu’on a beaucoup pratiquée dans le passé, et on est chanceux qu’on n’ait pas eu de grands feux. »

— Une citation de  Desmond Arsenault, porte-parole de la caserne de pompiers de Wellington

Il souligne qu’un plan de communication entre tous les services d’urgence serait aussi primordial pour faciliter une possible évacuation des lieux touchés par les flammes.

Il y aurait plusieurs décisions à prendre avec la Gendarmerie royale du Canada, les ambulanciers, le ministère des Transports, si jamais on avait besoin de fermer plusieurs routes, précise le pompier.

Desmond Arsenault ajoute qu’un plan provincial permettrait d’agir rapidement.

Un feu peut doubler en taille toutes les 60 secondes, donc on n’a pas vraiment le temps, on doit sauter là-dessus dès que possible, explique-t-il.

Desmond Arsenault la nuit en uniforme.

Desmond Arsenault du service d'incendie de Wellington soutient que cette formation pour les feux de forêt devrait être offerte à tous les pompiers de l’île pour que plus de gens puissent être en mesure d’intervenir dans ce type de situation (archives).

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

En cas d’un incendie de grandes proportions, l’île devrait faire appel à d’autres provinces et à des états américains appartenant à la Commission de protection des forêts contre les incendies du Nord-Est, selon Nick Thompson.

Pour Desmond Arsenault, il serait quand même nécessaire de mieux s’approvisionner alors que de l’aide peut tarder à arriver.

Je sais qu’on a beaucoup de contact avec des provinces voisines qui peuvent nous fournir l’équipement, mais comme vous le savez, ça peut prendre du temps pour arriver ici, dit-il.

Peu de forêts

Desmond Arsenault rappelle que l’île n’a pas beaucoup de forêts sur son territoire.

Les risques d’un incendie de grandes proportions seraient minimes.

Desmond Arsenault explique néanmoins que l’effet d’un feu de forêt, même de moindres proportions, serait catastrophique à l’île, puisque la province est la plus dense au Canada en terme de population par kilomètre carré.

Il y a des maisons et des édifices qui sont tout près de la forêt, il y a toujours un risque que, si on a un feu de forêt, ces maisons soient en danger, expliquent-il.

En cinq ans, la densité a augmenté de 8 % sur l’île, soit 27,2 habitants par kilomètre carré.

Plus de 70 feux de forêt de petites proportions ont été recensés à l’île de 2011 à 2021.

Une image aérienne d'une forêt avec des arbres de tombés.

L’Île-du-Prince-Édouard aurait connu une baisse de 20 % du nombre d’hectares de terres forestières dans les trois dernières décennies, selon des données préliminaires d’une étude réalisée par le ministère de l’Environnement (archives).

Photo : Facebook / @upeiclimateresearchlab

La protection du parc national

Dans une déclaration, Parcs Canada affirme que son équipe évalue régulièrement l’état des forêts du parc national de l’île ainsi que les risques d’incendie.

Des travaux de réduction des risques d’incendie de forêt sont réalisés hors de la saison estivale.

Ces travaux comprennent l’utilisation de scies à chaîne, l’abattage d’arbres, la gestion de la charge de combustible, l’enlèvement de billes de bois et le brûlage à faible intensité de petits tas de débris, précise la déclaration.

Le parc national compte aussi une équipe de lutte contre les incendies composée de 6 à 10 personnes.

Des restrictions de feu dans les terrains de camping sont imposées lorsque l’indice de danger d'incendie est élevé.

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