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Retards et plaies de lit : 40 incidents graves recensés au Manitoba en pleine pandémie

Le récent rapport de Santé Manitoba sur les incidents graves couvre les premiers mois de 2021.

Des infirmières passent dans un couloir d'un hôpital .

Selon le dernier rapport de Santé Manitoba, la pénurie de personnel pendant la pandémie de COVID-19 a entraîné une diminution de la qualité des soins.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le dernier rapport (Nouvelle fenêtre) (en anglais) de Santé Manitoba sur les incidents graves expose les conséquences négatives de la COVID-19 sur les soins prodigués aux patients pendant la deuxième vague de la pandémie. Ce rapport couvre les trois premiers mois de 2021.

Sur les 40 incidents graves cités dans le rapport, 11 concernent des décès.

« Un grand nombre de cas critiques liés à la pandémie de COVID-19 ont été signalés dans les hôpitaux ou les foyers de soins personnels. »

— Une citation de  Dernier rapport sur les incidents graves publié par Santé Manitoba

Santé Manitoba constate cependant une diminution par rapport aux chiffres du rapport précédent, qui portait sur les incidents survenus entre le 1er juillet et le 30 septembre 2020. Ce rapport faisait état de 48 incidents, dont 12 étaient classés comme des décès.

Parmi les cas recensés, le rapport présente celui d'un patient mort parce qu'on lui a refusé un examen de tomodensitométrie urgent en dehors des heures d'ouverture de l'unité, ce qui a entraîné 11 heures de retard.

Un autre patient est mort parce qu’il n’a pas reçu l'intervention chirurgicale urgente qui avait été demandée par un médecin.

Outre les décès, le rapport fait état de nombreux cas de patients ayant souffert de graves problèmes de santé alors qu’ils attendaient un traitement ou un diagnostic.

Dans trois cas présentés, le rapport indique que les résidents ont développé une infection liée aux soins de santé, ce qui pourrait avoir eu des conséquences mortelles sur eux.

Des patients ont, par exemple, développé des escarres et des ulcères parce que le personnel était intervenu tardivement.

Les escarres, aussi appelées plaies de lit, sont une dégénérescence des tissus de la peau qui se produit quand on reste trop longtemps dans la même position assise ou allongée.

Selon les syndicats, le manque de personnel est en cause

Lorsque nous constatons une augmentation du nombre d'escarres et d'ulcères, c'est certainement lié à un manque de personnel ou à l'incapacité du personnel à faire suffisamment de tours de garde, déclare la présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Manitoba, Darlene Jackson.

Il faut deux personnes pour retourner un patient, souligne-t-elle. Souvent [le personnel] n'a pas la capacité de trouver une deuxième personne pour aider le patient.

Darlene Jackson pense que, s’il y avait davantage de postes pourvus dans le secteur des soins infirmiers et des soins de santé, les escarres et les ulcères seraient évitables à 100 %.

Une deuxième vague de pandémie qui fragilise le système de santé

Sonia Udod se tient debout en souriant.

Professeure adjointe à la faculté des sciences infirmières de l'Université du Manitoba, Sonia Udod affirme que la deuxième vague de la pandémie a donné lieu à des pénuries de personnel importantes.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Professeure agrégée au département des soins infirmiers de l'Université du Manitoba, Sonia Udod affirme que la deuxième vague de la pandémie a mis le système de santé sous pression, en particulier en ce qui concerne le recrutement du personnel de santé.

Quand la pandémie s'est déclarée, les travailleurs de la santé de première ligne, à savoir les infirmières et les infirmiers, ont continué à travailler dans des conditions très difficiles et avec des charges de travail écrasantes, affirme Sonia Udod dans un courriel transmis à CBC/Rado-Canada.

Elle qualifie les statistiques du rapport de décevantes et pense que le manque de personnel est à l'origine de ces incidents critiques.

Le personnel craignait de ramener le virus à la maison, il travaillait dans une nouvelle réalité, certains employés ont été déclarés positifs et ont dû rentrer chez eux, ce qui a créé des pénuries de personnel, explique Sonia Udod.

Elle ajoute que, malgré les efforts du personnel et des responsables de la santé, la qualité des soins envers certains patients en a souffert.

Depuis la publication du rapport, alors qu'un arriéré de dizaines de milliers de procédures a commencé à se résorber, le recrutement du personnel reste un défi pour le système de soins de santé du Manitoba.

Ainsi, beaucoup d'infirmières quittent le système de santé public alors qu’elles viennent d'être diplômées. Cela s’explique par le décalage entre leur formation et la réalité du métier en temps de pandémie, avec une charge de travail absolument écrasante, dit Darlene Jackson.

Sonia Udod affirme que, même sans la pandémie, la crise des ressources humaines au sein du système de soins de santé constitue un risque important pour les patients.

Darlene Jackson fait le même constat : Les cas critiques risquent d’augmenter à moins que ne nous commencions à remédier à cette pénurie d'infirmières.

Avec les informations de Cameron MacLean

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