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Des vents imprévisibles rendent des feux de forêt erratiques

Un panache de fumée se dégage d'un incendie dans les montagnes, aux environs de Penticton, en Colombie-Britannique, le vendredi 29 juillet 2022.

Le nom autochtone de la région autour de Keremos est « vallée des trois vents ». (Archives)

Photo : BC Wildfire Service

La Presse canadienne

Un temps chaud et des conditions sèches sont les suspects habituels à chaque saison des incendies de forêt, mais une interaction complexe de la topographie et des vents imprévisibles peuvent créer des adversaires particulièrement difficiles pour les pompiers, disent des experts.

En Colombie-Britannique, des changements de configuration des vents ont été une inquiétude importante pour les équipes combattant un incendie dans le sud de l'Okanagan, autour de Keremeos, qui a forcé l'évacuation de centaines de maisons.

Mary-Ann Jenkins, professeure émérite de sciences de l'atmosphère à l'Université York à Toronto, explique que le feu se déplace généralement dans la même direction dans laquelle souffle le vent. Mais les montagnes peuvent compliquer les choses.

Les Rocheuses, par exemple, influencent une série de facteurs, y compris l'humidité et des directions du vent de manière localisée.

« À cause des Rocheuses, le vent peut être canalisé à travers les vallées. Ça change le vent sur les crêtes des montagnes et aussi parfois vous avez des vents descendants très violents. »

— Une citation de  Mary-Ann Jenkins, professeure émérite de sciences de l'atmosphère, Université York

Une autre chose que les gens ne savent pas, dit-elle, c'est que les vents qui remontent une colline ont tendance à accélérer : Au fur et à mesure qu'ils montent, ils deviennent de plus en plus forts avant d'atteindre le sommet.

Mary-Ann Jenkins explique que les Rocheuses créent un phénomène unique appelé vents Chinook, qui sont extrêmement desséchant, peuvent être ressentis toute l'année et peuvent aggraver les soucis de lutte contre les incendies. Les conditions météorologiques au niveau local dans une région montagneuse sont difficiles à prévoir, ajoute-t-elle.

Keremeos, à l'intersection de trois vents

Une telle imprévisibilité a été vivement ressentie autour de Keremeos. Le nom autochtone de la région est vallée des trois vents, a déclaré Tim Roberts, le directeur régional du district de la zone de Keremeos.

Selon le professeur Mike Flannigan de l'Université Thompson Rivers, les ingrédients pour un feu de forêt sont des combustibles comme des herbes et d'autres végétations, un temps chaud et sec et des vents.

Parfois, il n'est même pas nécessaire qu'il fasse chaud, mais il doit faire sec et venteux pour attiser un feu, précise le titulaire de la chaire de recherche de la Colombie-Britannique en services prédictifs, gestion des urgences et science des incendies.

Des flammes et des panaches de fumée dans la forêt de Keremeos Creek, en Colombie-Britannique

Le feu de forêt de Keremeos Creek se trouve à une vingtaine de kilomètres de Penticton.

Photo : BC Wildfire

En général, lorsque les températures baissent la nuit, l'humidité diminue et les vents se calment aussi, dit-il. Mais dernièrement, des chercheurs ont découvert que les nuits restaient chaudes et que les vents ne sont plus peut-être aussi apaisants qu'avant, ce qui complique la tâche des pompiers.

Mary-Ann Jenkins explique que les incendies ont également tendance à créer leurs propres vents parce qu'ils peuvent créer une large tempête convective. Un incendie peut produire un vortex d'air tourbillonnant le long d'une ligne de feu, dit-elle.

La pression est alors aspirée de ces tourbillons, qui peuvent se déplacer de manière erratique et ne sont pas faciles ni à observer ni à prévoir.

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