•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un camp de jour en ukrainien pour les enfants qui ont fui la guerre

Des objets de bricolage d'enfants posés sur une table.

Des enfants ukrainiens ont construit des cabanes à oiseaux.

Photo : Radio-Canada

C'est jour de bricolage dans la grande salle de la Fédération nationale ukrainienne, au coin des rues Hutchison et Fairmount, dans le Mile End.

On fait des maisons pour oiseaux, montre la monitrice Tracey Chehaiver. On est allés se promener 15 minutes autour, on a cherché des branches, des roches et des feuilles pour faire le nid d'oiseaux. Et là, ils sont en train de peinturer la maison d'oiseaux, de mettre des accessoires, tout ce qu'ils ont ramassé dans notre petite marche.

Le camp de jour de la communauté ukrainienne, qui réunit une quarantaine d'enfants à la fois depuis le début de juillet, a été mis sur pied en quelques semaines grâce à la générosité d'un donateur anonyme. Cette personne, qui ne fait pas partie de la communauté ukrainienne, cherchait une façon d'apporter une aide concrète, avec un don de plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Avec l'arrivée d'un nombre accru de familles ukrainiennes à partir du mois de mai, l'idée d'un camp de jour pendant l'été est apparue, raconte Katherine Smolynec, présidente de la Fédération nationale ukrainienne à Montréal.

« Une mère avec de jeunes enfants ne peut pas aller au travail ni aller à l'école pour apprendre le français afin d'être capable de travailler. On a donc vu un besoin d'occuper ces enfants. Autant pour le bien-être des mères que pour celui des enfants qui sont, comme vous pouvez l'imaginer, traumatisés et très tristes. »

— Une citation de  Katherine Smolynec, présidente de la Fédération nationale ukrainienne à Montréal

L'organisation des activités du camp de jour a été confiée à l'entreprise Monarque, spécialisée dans l'animation et le tutorat. Cependant, pour permettre aux monitrices de communiquer avec les enfants, qui ne parlent que l'ukrainien ou le russe, des membres de la communauté servent d'interprètes.

Les confidences des petits Ukrainiens

C'est à ces interprètes, qui parlent leur langue maternelle, que se confient les enfants ukrainiens. Les souvenirs de leur pays sont encore frais dans leur mémoire, et la tristesse d'avoir laissé leur père derrière est souvent vive.

Les plus jeunes sont un peu plus ouverts, dit Katia Barbosa, l'une des interprètes du camp de jour. Mais les plus vieux le cachent un peu mieux parce qu'ils veulent avoir l'air plus forts.

Lors de la fabrication des maisons d'oiseaux, par exemple, plusieurs ont raconté qu'ils en avaient eux aussi, dans leur jardin, en Ukraine. Et comment ils ont dû tout laisser là-bas lorsqu'ils sont partis en courant vers le Canada, poursuit Katia. Les souvenirs les rendaient heureux, mais ils étaient nostalgiques de laisser tout cela derrière eux.

Les mauvais souvenirs de la guerre rejaillissent aussi parfois. En revenant du parc, un jour, des hélicoptères sont passés bruyamment dans le ciel du Mile End. Quelques enfants ont accouru, apeurés, raconte Sofia Safsaf, une autre interprète. Est-ce que ce sont des hélicoptères russes, est-ce qu'ils sont ici?, ont demandé des enfants. Ça montre vraiment que ce ne sont pas des enfants qui ont vécu la même réalité que nous, dit Sofia.

Un dessin d'enfants collé sur un mur.

Un dessin des enfants ukrainiens posé sur un mur.

Photo : Radio-Canada

Il y en a beaucoup qui s'ennuient de leur père, encore en Ukraine. Ils s'inquiètent pour [lui], confie Sofia. Il y a des petits qui sont venus pleurer dans nos bras parce qu'ils s'ennuyaient de leur père.

Ils sont souvent nostalgiques et tristes en pensant à leur pays, dit Katia. Consoler ces enfants de la guerre est parfois difficile, dit-elle. C'est choquant de voir que des enfants aussi jeunes ont dû endurer ça. Mais on essaie de rester positifs pour leur remonter le moral un peu.

Certains des plus âgés ont davantage les émotions à fleur de peau, explique Meagan Johnson, copropriétaire de Monarque. Des fois, ils se battent un peu, dit-elle. C'est sûr qu'il y a des moments... C'est normal, ce sont des enfants, ils peuvent être fatigués pendant la journée. Mais on sait bien qu'il y a autre chose qui se passe chez eux, on est sensibles à cela.

Le camp de jour ukrainien se termine vendredi. Dans quelques semaines, ces enfants ukrainiens commenceront l'école, dans des classes d'accueil.

Katherine Smolynec a confiance que cette transition se passera bien. Ils ont vraiment besoin de commencer à apprendre le français, pour être capables de bien vivre. Qu'ils soient ici pour quelques mois, quelques années, ou si leur famille s'établit en permanence au Québec, ce sera le début de leur chemin.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !