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Quitter le réseau public de la santé après 16 ans

Une personne assise.

Marie-Line Séguin, ancienne assistante technique en pharmacie.

Photo : Radio-Canada

Une assistante technique en pharmacie du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) a décidé de quitter son emploi après 16 ans dans le réseau public de la santé. Pour expliquer son départ, Marie-Line Séguin évoque notamment la «grosseur du système».

Mme Séguin a choisi d'être travailleuse autonome et de commencer un nouvel emploi chez Desjardins. Le travail lui convient mieux en raison d'une blessure, mais elle y gagne aussi sur le plan des conditions de travail, croit-elle.

Maintenant qu’elle ne travaille plus pour le CIUSSS MCQ, Mme Séguin se permet de dire ce qu’elle pense de son ancien employeur.

Quand on est obligé d'accrocher son cœur sur une patère avant de rentrer travailler parce qu'on sait qu'on n’aura pas le temps de faire tout ce qu'on voudrait faire pour nos patients, ça devient difficile, confie-t-elle.

Selon elle, la situation dans le réseau de la santé était meilleure avant la création des CISSS et des CIUSSS par la réforme de Gaétan Barrette en 2015.

« La pire chose qui est arrivée à la région, c'est le CIUSSS »

— Une citation de  Marie-Line Séguin, ancienne assistante technique en pharmacie

C'est impossible à gérer. Tout le monde s'est fait déplacer d'un côté comme de l'autre. Il n'y a plus d'équipes vraiment stables, déplore-t-elle.

Mme Séguin est une ancienne syndicaliste. Elle a été vice-présidente régionale à la Fédération de la santé et des services sociaux pendant quelques années.

Même si elle quitte le bateau, elle est d’avis qu’elle n'a pas baissé les bras pour autant. Je sais que oui, j'ai pu faire la différence à certains points.

Passage piétonnier devant l'hôpital.

Le Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) est situé à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

Vers une défusion?

La structure actuelle au CIUSSS MCQ est trop lourde, croient aussi des syndicats. C’est beaucoup trop gros [...] à gérer, est convaincu Patricia Mailhot, présidente intérimaire du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Il y a beaucoup de démissions, des gens qui retournent aux études, qui changent carrément de métier, ce qui est très dommage et c’est pour ça qu’on travaille très fort pour faire comprendre à l’employeur qu’il faut redorer les conditions de travail, a-t-elle affirmé en entrevue à l’émission Toujours le matin.

Le lien d'appartenance, la gestion de proximité ne se fait pas, martèle, de son côté, Marie-Josée Hamelin, présidente du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers.

La gestion n'est pas bonne face à ça, on ne se parle pas.

Aucun porte-parole du CIUSSS MCQ n'était disponible lundi pour une entrevue. L’organisation indique toutefois vouloir améliorer les conditions de travail de ses employés. Notamment en misant sur la gestion de proximité.

N'empêche que chaque année, environ 10 % des employés quittent le CIUSSS MCQ pour différents motifs.

Les changements qui s’opèrent actuellement sur le marché du travail ont un impact sur le réseau de la santé et des services sociaux. La rareté de la main-d’œuvre fait en sorte que les employeurs sont de plus en plus imaginatifs pour offrir des conditions ou des avantages intéressants, explique Caroline Morin, conseillère en communication au CIUSSS MCQ, par courriel.

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