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Un groupe se prépare à éradiquer un poisson envahissant dans la région de Miramichi

Un poisson nage au fond de l'eau.

L'achigan à petite bouche.

Photo : Organisme bassin versant du fleuve Saint-Jean

La Presse canadienne

Le groupe de travail sur l’éradication de l’achigan à petite bouche dans la région de Miramichi, au Nouveau-Brunswick, compte utiliser un pesticide cet été pour atteindre son but.

Selon le porte-parole Neville Crabbe, le groupe peut agir jusqu’à la fin de septembre. Il s’agit d’employer de la roténone pour éliminer ce poisson exotique envahissant.

La roténone empêche les poissons de respirer, mais elle est inoffensive dans le cas des oiseaux et des mammifères.

Des mesures ont été prises pour protéger autant que possible les autres espèces non envahissantes, dont la construction de barrières et le retrait des poissons à certains endroits où c’était possible.

Neville Crabbe, qui est aussi directeur des communications de la Fédération du saumon de l’Atlantique, affirme que son groupe veut préserver cet écosystème. Selon lui, l’avenir dépend du résultat de ce projet. Soit l’achigan à petite bouche va continuer de se répandre rapidement, soit le groupe va restaurer l’écosystème en l’éliminant.

L’achigan à petite bouche a été découvert dans le bassin versant de la Miramichi en 2008. Cette espèce envahissante se nourrit d’autres espèces naturellement présentes, dont le saumon et la truite mouchetée.

Le groupe de travail, qui rassemble des Autochtones et des organismes non gouvernementaux, a suspendu son projet en septembre 2021 parce que des manifestants refusaient de quitter les lieux, dans les environs des lacs Miramichi et Brook et d’une partie du sud-ouest de la rivière Miramichi.

Depuis ce moment, le groupe de travail a organisé cinq réunions publiques et d’innombrables autres réunions dans l’espoir d’apaiser les craintes et d’informer les communautés sur l’emploi de ce produit chimique, explique M. Crabbe.

Il ne précise pas quand l’épandage aura lieu, mais il dit que des enseignes seront installées sur les lieux 24 heures au préalable. Le groupe demandera aux gens de rester à distance durant les travaux.

Neville Crabbe ajoute que la roténone sera employée en quantité inférieure aux limites établies par Santé Canada pour son usage à des fins récréatives sécuritaires.

Des groupes autochtones appuient fermement le projet

Le chef de la communauté de Natoaganeg, George Ginnish, a souligné dans un communiqué publié lundi qu’il s’agit d’un projet de conservation dirigé par les Autochtones. Il s’exprimait au nom du Conseil des Micmacs du district de la Rive nord, qui rassemble sept communautés mi’kmaw.

Selon M. Ginnish, des gens ne savent pas cela ou ne veulent pas le savoir.

Il estime que le projet sera positif pour l’ensemble des 13 500 kilomètres carrés du bassin versant. Tout retard, selon lui, permettrait à l’achigan à petite bouche de se répandre hors des zones où le projet sera réalisé.

George Ginnish ajoute que les Mi’kmaq se sont fermement engagés envers ce projet de conservation qu’il juge primordial.

Épandage récent en Nouvelle-Écosse

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a récemment utilisé la roténone pour combattre l’achigan à petite bouche dans le lac Piper, dans le comté de Pictou, avec l’appui d’organismes de conservation, dont le Centre d’action écologique.

Raymond Plourde, coordonnateur principal en matière de protection de la nature, explique que le Centre d’action écologique rejette en général le principe d’épandre des produits chimiques dans l’environnement, mais qu’il fait une exception dans ce cas.

M. Plourde affirme que l’emploi de la roténone n’est pas idéal, mais que cette solution est préférable à laisser l’achigan à petite bouche changer la composition des espèces dans un écosystème.

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