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Qualité de l’air : Rouyn-Noranda formule de nouvelles demandes

Le nord du quartier Notre-Dame est situé à quelques centaines de mètres de la Fonderie Horne.

Le quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda et la Fonderie Horne en arrière-plan

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Une résolution a été modifiée, lors de la séance du conseil municipal du 8 août, pour y inclure des demandes additionnelles de la Ville de Rouyn-Noranda au gouvernement du Québec dans le dossier de la Fonderie Horne et de ses émissions atmosphériques.

On exige maintenant que le plan d’action de Glencore, propriétaire de la fonderie, vise l’atteinte des normes provinciales pour l’ensemble des métaux lourds et des particules fines rejetées dans l’air, dont la norme de 3 ng/m3 pour l’arsenic. Aucun échéancier n’a cependant été proposé quant à l’imposition de cette nouvelle limite.

« On n’est pas des experts pour déterminer combien de temps ça va prendre. C’est sûr qu’on va suivre les rapports à venir, la consultation publique. Le conseil suit le dossier de près. »

— Une citation de  Diane Dallaire, mairesse de Rouyn-Noranda

Des plafonds journaliers d’émissions atmosphériques sont aussi demandés par la Ville, de même que l'imposition de cibles intermédiaires pour assurer une diminution en continu des rejets dans l’air, dans l’eau et dans le sol.

On veut mettre en place ces cibles pour atteindre les normes provinciales le plus rapidement possible, souligne Mme Dallaire.

La mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire.

La mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire (Archives)

Photo : Radio-Canada / Andrei Audet

Des conséquences souhaitées

La Ville de Rouyn-Noranda souhaite faire pression pour que des conséquences soient envisagées en cas du non-respect des plafonds d’émissions prévus dans la nouvelle autorisation ministérielle, dont le dépôt devrait s'effectuer dans les prochaines semaines.

On revendique également davantage d’études sur les incidences de maladies pouvant être liées aux intoxications aux métaux lourds.

Le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau, sera d’ailleurs à Rouyn-Noranda mercredi pour y présenter une nouvelle étude de l’Institut national de santé publique.

La mairesse n’a pas voulu préciser si une rencontre se tiendra avec le Dr Boileau lors de sa visite.

On avance, mais on ne doit pas reculer

Des manifestantes brandissent une affiche disant : «Pas d'arsenic dans notre pique-nique».

Le mouvement Mères au front a tenu une manifestation devant l'hôtel de ville de Rouyn-Noranda, lundi soir, concernant le dossier de la qualité de l'air.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud

Une manifestation du mouvement citoyen Mères au front a été organisée quelques heures avant la séance du conseil municipal, lundi soir, aux portes de l’hôtel de ville de Rouyn-Noranda. L’événement Tam-tam contre l'arsenic a attiré près d’une quarantaine de personnes, malgré la pluie.

Les militantes revendiquent une réduction des émissions d’arsenic de la Fonderie Horne sous 10 ng/m3 d’ici 18 mois, ainsi que le dépôt d’un plan d’intervention détaillant les moyens qui seraient mis en oeuvre pour atteindre la norme québécoise de 3 ng/m3 par la suite.

On demande également la mise en place d’initiatives de dépistage et d’études sur les prévalences de maladies pouvant être liées aux intoxications aux métaux lourds.

« Dans les actions, on trouve que ça manque de fermeté et que ça se laisse attendre. On va continuer de mettre de la pression, mais on est aussi là en soutien pour que la Ville puisse à son tour faire pression sur les différents paliers de gouvernement. On veut que ça change rapidement, ç'a assez duré. »

— Une citation de  Émilie Robert, co-porte-parole de Mères au front

Les militantes se réjouissent de voir le dossier avancer, mais se disent tout de même déçues quant à l’absence d’échéanciers clairs dans la résolution adoptée par la Municipalité lundi soir.

Ça fait trois fois qu’on se rend au conseil municipal. Nous sommes bien conscientes que la Ville n’est pas experte là-dedans. Mais plusieurs comités d’experts se sont déjà prononcés. On souhaiterait que la Municipalité les écoute, signale Johanne Alarie, co-porte-parole du mouvement Mères au front.

Des mères peu rassurées

Des citoyens assis dans une salle de conseil.

De nombreux citoyens se sont présentés au conseil municipal de Rouyn-Noranda pour exprimer leurs inquiétudes concernant les émissions atmosphériques de la Fonderie Horne.

Photo : Gracieuseté de Gabriel Izaguirré Falardeau

Malgré les dernières annonces dans ce dossier, telles que la nomination d’une administratrice d’État et les nouvelles demandes formulées par la Ville de Rouyn-Noranda, des mères se disent toujours inquiètes.

« Quand je vois les impacts sur la santé des enfants, je me sens coupable comme maman de leur faire vivre cela en faisant le choix d’habiter ici. »

— Une citation de  Myriam Tasset, une mère de Rouyn-Noranda

« Je pense que ça ne passe plus au niveau de la population. Il faut vraiment que ça change maintenant. La santé de nos enfants, ce n’est pas marchandable », ajoute Émilie Robert.

D'autres mères présentes lors de la séance du conseil souhaitaient rappeler leur appui aux élus municipaux dans leurs démarches auprès du gouvernement du Québec et de la Fonderie Horne.

Sentez-vous solides s’il vous plaît! Rappelez-vous que nous sommes là. On vous a élus et on croit en vous. On sera là pour vous le rappeler à chaque fois qu’il le faudra. Soyez fortes et soyez forts, c’est ce qu’on vous demande, a imploré Marie-Hélène Massy Emond, une mère nouvellement installée à Rouyn-Noranda, aux élus municipaux.

D’autres manifestations sont prévues pour les prochaines séances du conseil, et ce, jusqu’à l’adoption d’un échéancier plus précis.

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