•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gatineau pourrait étendre sa collecte de matières résiduelles à davantage d’entreprises

Un bac gris de 120 litres distribué par la Ville de Gatineau avec de nombreux sacs de déchets.

Les industries, commerces et institutions de Gatineau ne sont pas soumis à la même réglementation que les citoyens en matière de déchets (archives).

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

La Ville de Gatineau mène actuellement un sondage pour évaluer les besoins en ce qui concerne les matières résiduelles. Elle souhaite ainsi préparer l'entrée en vigueur de son prochain plan de gestion qui visera particulièrement les commerces.

Après les citoyens, au tour des industries, commerces et institutions (ICI) de réduire leurs matières résiduelles. Dès l'an prochain, le compostage et le recyclage seront obligatoires dans ce secteur.

On le voit de façon très positive, fait valoir Alexandre Leblanc, commerçant et vice-président de la Chambre de commerce de Gatineau. Ça fait quelques années qu'on se pose la question au niveau des commerces et de la restauration.

Si plusieurs entreprises ont déjà des programmes de compostage et de recyclage, la grande majorité n'en a pas. Selon les données de la Ville, à peine 7 % des commerces compostent alors que le recyclage atteint seulement 24 %.

Ces taux devront grimper à 60 et 75 %, selon les cibles du nouveau plan de gestion des matières résiduelles (PGMR). Vincent Paquette, le coordonnateur de la politique environnementale de la Ville de Gatineau, explique qu'un système sera mis en place pour s'assurer que les commerces qui adhèrent au service respecteront les règles.

« Ils vont devoir nous fournir la preuve comme quoi leurs matières ont été compostées et recyclées, donc une preuve que ce service-là est offert pour eux. »

— Une citation de  Vincent Paquette, coordonnateur de la politique environnementale de la Ville de Gatineau

Certains commerces utilisent déjà le service municipal de collecte. Il s'agit d'une solution moins coûteuse que de faire affaire avec le secteur privé, mais qui a tout de même sa part de défis.

On s'entend que, dans une entreprise, il y a plein de monde. Alors, si tout le monde ne fait pas sa part des choses, ça devient plus complexe, soutient Cyril Lauer, cofondateur du restaurant Les Vilains Garçons. Le restaurant fonctionne avec l'équivalent de quatre bacs de poubelle distribués aux résidents. Pour le moment, ça se passe très bien, ajoute-t-il.

« Le compostage qui est ramassé une fois par semaine et le recyclage, qui fait partie des choses qu'on accumule beaucoup, une fois par semaine, ça réduit les déchets qui sont ramassés aux deux semaines. »

— Une citation de  Cyril Lauer, cofondateur du restaurant Les Vilains Garçons

Le sondage lancé par la Ville au cours des derniers jours vise justement à tâter le pouls des entreprises qui souhaiteraient obtenir le service municipal de collecte. Même si cela fonctionne pour certaines entreprises, le service serait mal adapté à d'autres réalités, notamment celle des commerçants du centre-ville.

D'après M. Lauer, l'emplacement des poubelles pose problème. Ça devient un petit peu plus restreint au centre-ville et ça sent un peu plus mauvais, avance-t-il.

À plusieurs occasions, on a demandé de changer la journée de la [collecte] parce que c'est le vendredi matin, explique Alexandre Leblanc. Ce n'est pas nécessairement idéal dans le milieu de la restauration.

Pour Anik Des Marais, la vice-présidente de la Commission de l'environnement et de la lutte aux changements climatiques, il faut accompagner [les entreprises] par des mesures entrepreneuriales, le regarder sous l'angle de la business.

Ce qui va faire changer les comportements, c'est la notion de profit au bout du compte, d'efficacité qui va leur permettre de réduire leurs dépenses, soutient Mme Des Marais.

UN PGMR ambitieux

Selon les données fournies par le service de l'environnement lors d'une présentation en janvier, les taux de recyclage et de compostage sont faibles dans le secteur des ICI.

Le PGRM est ambitieux. Pour atteindre les objectifs du plan d'action de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, il faudra que la Ville arrive à récupérer 75 % des matières recyclables, 60 % des matières composables et 70 % des résidus de construction, rénovation et démolition générés.

Le dernier objectif a été atteint en 2020, mais pour ce qui est des matières recyclables et compostables, le taux de matières recyclées ne se situait, la même année, qu’à 31 % et 6 % respectivement.

Les objectifs du secteur organisationnel et résidentiel ont déjà été atteints, mais la Ville souhaite faire mieux en réduisant notamment ce qu’il reste dans les poubelles des citoyens. Au total, 41 tonnes de résidus de construction, 31 000 tonnes de recyclage et 29 000 tonnes de compost se retrouvent toujours à la poubelle.

Le nouveau PGMR doit être finalisé cet automne. Il devra par la suite être approuvé par le gouvernement avant son entrée en vigueur en 2023.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !