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Les promoteurs critiquent la hausse de 46 % des frais d’aménagement à Toronto

Un complexe immobilier résidentiel en construction à Toronto.

Un complexe immobilier résidentiel en construction à Toronto (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Le Conseil de la construction résidentielle de l’Ontario soutient que la décision de la Ville de Toronto d’augmenter les frais d'aménagement freinera la construction de nouveaux logements et fera augmenter les prix.

Le mois dernier, le conseil municipal a voté en faveur d’une augmentation des frais pour les nouveaux projets immobiliers de 46 %. Cette augmentation se fera progressivement dans les deux prochaines années.

Ces frais sont collectés lorsque la Ville remet un nouveau permis de construction. L’argent récolté sert à financer des projets d’infrastructures publiques, comme des routes, du transport en commun et du logement social.

Ça entraînera des annulations de projets, estime Richard Lyall, le président du Conseil de la construction résidentielle de l’Ontario.

« Ça va à l’encontre du gros bon sens et de la réalité. »

— Une citation de  Richard Lyall, président du Conseil de la construction résidentielle de l’Ontario

M. Lyall explique que l’industrie de la construction fait déjà face à une pénurie de main-d'œuvre et à une forte hausse des prix des matériaux. Ces frais additionnels vont faire augmenter le coût des logements pour les acheteurs et les locataires, selon lui.

Il s'inquiète également de l'effet semblable de la nouvelle obligation d’inclure des logements abordables dans les projets immobiliers situés à proximité des infrastructures de transport en commun. Ce changement, qui entrera en vigueur le mois prochain, forcera les promoteurs à financer ces logements à prix réduit en augmentant le prix des autres unités, selon M. Lyall.

Des ouvriers sur un édifice en construction, avec une grue en arrière-plan.

Le domaine de la construction souffre de pénurie de main-d'oeuvre pour encore dix années.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

C’est le consommateur qui finit par payer la facture et nous sommes déjà dans une crise du logement, souligne le président du Conseil de la construction résidentielle.

Eric Lombardi de l’organisme More Neighbours Toronto abonde dans le même sens. Celui qui milite en faveur de la réduction des coûts du logement soutient que les augmentations touchent de manière disproportionnée les nouveaux résidents, alors que les propriétaires actuels conservent les mêmes taxes foncières.

Ce sera encore plus difficile pour les jeunes comme moi, les nouveaux immigrants et ceux qui sont exclus de la manne immobilière de la dernière décennie de commencer leur vie dans la ville, estime-t-il.

La croissance devrait payer pour la croissance

Des grues sur un chantier de construction de la rue Dundas Est à Toronto.

Des grues sur un chantier de construction de la rue Dundas Est à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Pascale Bréniel

La Ville de Toronto soutient que cette augmentation des frais s’aligne sur la vision du gouvernement provincial selon laquelle la croissance devrait payer pour la croissance. Ce modèle vise à ce que les frais d'aménagement puissent financer les infrastructures nécessaires à l'installation de nouveaux résidents.

Un rapport de la Ville de Toronto mentionne que les nouveaux frais d'aménagement immobilier permettront de couvrir 22 % des 67 milliards de dollars d'infrastructures que la Ville entend bâtir dans les 20 prochaines années.

La Ville estime adopter une approche équilibrée en augmentant les frais de manière progressive et en exemptant de l’augmentation les projets destinés au logement locatif. La hausse des frais ne s’applique également pas aux projets qui doivent offrir des logements abordables en raison de leur proximité au réseau de transport en commun.

Il est important de mentionner que les frais d'aménagement à Toronto demeurent inférieurs à ceux de Mississauga, Vaughan et Markham pour les projets immobiliers d’importance, souligne un porte-parole du maire John Tory.

Un récent rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (Nouvelle fenêtre) mentionne néanmoins que les frais à Toronto sont parmi les plus élevés du pays. Selon les données, les promoteurs paient en moyenne 86 $ par pied carré à Toronto, comparativement à 70 $ à Vancouver et 24 $ à Montréal.

Les frais d'aménagement imposés par les gouvernements représentent de 10 à 24 % des coûts de construction à Toronto, selon le même rapport.

La Ville soutient qu’aucune de ses propres études n’a montré que de plus faibles frais d'aménagement permettraient de réduire le coût du logement ou d’augmenter la quantité de logements disponibles.

Avec les informations de Ryan Patrick Jones, de CBC

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