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De présumées victimes de maltraitance veulent poursuivre la Legacy Christian Academy

Les avocats Grant Scharfstein et Samuel Edmondson devant la Cour du banc de la Reine à Saskatoon.

L’école Legacy Christian Academy a porté le nom de Christian Centre Academy de son inauguration, en 1984, jusqu’en 2013.

Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel

Radio-Canada

Une demande de recours collectif a été déposée devant la Cour du banc de la Reine à Saskatoon lundi après-midi par les avocats Grant Scharfstein et Samuel Edmondson. Selon le document de 30 pages, plus de 30 anciens élèves de la Legacy Christian Academy allèguent avoir subi des agressions physiques généralisées, de l’isolement cellulaire et des exorcismes, et avoir été forcés de participer à des campagnes politiques.

AVERTISSEMENT : Ce texte comporte des éléments troublants qui peuvent perturber certains lecteurs.

Les plaignants, d’anciens élèves, demandent des dédommagements d’une valeur de 25 millions de dollars ainsi que d'autres dommages non précisés. Ils réclament la fermeture immédiate de l’école et veulent que les défendeurs ne puissent pas, à court terme, travailler dans un autre établissement scolaire où se trouvent des mineurs.

Je peux vous informer que dimanche soir, au nom de nombreux anciens élèves, une lettre a été envoyée au ministre de l'Éducation, Dustin Duncan, indique l’avocat Grant Scharfstein. Dans cette lettre, nous demandons au ministre de suspendre ou d'annuler immédiatement la certification de la LCA en tant qu'école indépendante qualifiée.

Selon la requête, les élèves ont été physiquement, sexuellement, psychologiquement, mentalement, émotionnellement et spirituellement traumatisés par leurs expériences. Ils se sont livrés à des actes autodestructeurs et à la toxicomanie, sont devenus suicidaires, ont eu de la difficulté à maintenir un emploi ou des relations avec d'autres personnes, et continuent d’avoir besoin de soins médicaux et psychologiques.

Au cours des dix années passées dans cet édifice, j'ai subi des abus physiques, émotionnels, psychologiques et sexuels ainsi que de l'intimidation quotidienne, de la manipulation, de l'isolement, de l’effritement de l'estime de soi et des abus, clame la plaignante Caitlin Erickson, une ancienne élève de LCA

De nombreux étudiants, dont moi-même, ont subi un traumatisme en faisant partie de cette organisation.

La Cour du Banc de la Reine de Saskatoon.

Les allégations sont contenues dans une déclaration de 30 pages qui a été déposée lundi après-midi à la Cour du Banc de la Reine de Saskatoon.

Photo : Radio-Canada / Albert Couillard

Plus de 20 responsables de l'école sont nommés. Selon le document, d’autres n’ont pas encore été nommés, mais sont également impliqués. Tous étaient des employés, des bénévoles, des dirigeants ou des aînés de l’ancienne église Christian Centre de Saskatoon et de l’école Christian Centre Academy, maintenant connues sous le nom d’église Mile Two Church et Legacy Christian Academy.

Aucune des allégations faites dans la demande de recours collectif n’a été prouvée devant les tribunaux. Aucune défense n’a encore été déposée, et les défendeurs disposent d'environ un mois pour ce faire.

Un responsable de l'église Mile Two Church a été contacté par CBC lundi. Il affirme qu’il donnera une entrevue mardi, mais qu’il doit d’abord parler à un avocat.

Certains des anciens élèves et des avocats ont prévu une conférence de presse mardi après-midi à l’extérieur du palais de justice de Saskatoon.

Des gestes troublants

Selon la requête, des employés, des agents et des représentants de l’église auraient eu des rapports sexuels avec des élèves, des fidèles et des paroissiens de l’église qui étaient mineurs.

Le document donne l'exemple d'un employé qui aurait demandé à des élèves de se rendre aux toilettes avec lui. Il aurait placé un bonbon sur ses parties intimes et aurait demandé à une fille de le prendre avec ses mains ou sa bouche.

À d'autres occasions, le même employé aurait percé les poches de son pantalon et demandé aux filles d’y mettre la main pour voir la surprise qu'il avait pour elles.

La requête indique que certains élèves auraient dénoncé des cas d'agressions à d’autres membres du personnel, sans résultats. Les élèves auraient été envoyés devant un conseiller de l’école non qualifié qui leur aurait dit de se taire pour maintenir le secret sur les abus sexuels.

Les anciens élèves affirment qu’on les menaçait de coups de bâton s’ils parlaient.

Des blessures qui laissent des cicatrices

En plus des agressions sexuelles alléguées, la requête mentionne d’autres formes de violence qui auraient eu lieu à l’école.

Les anciens élèves affirment avoir subi des coups répétés avec une grande pagaie en bois pour une foule de transgressions. Selon la requête, ils pouvaient être punis pour avoir chuchoté pendant les cours ou les services religieux, pour avoir manqué de respect envers un adulte, pour avoir fréquenté des personnes qui n’étaient pas membres de l’école ou de l’église, ou encore pour s'être tenus à moins de 15 cm d’un élève de sexe différent sans en informer les autres élèves.

Le document nomme les personnes présumément responsables, mais indique que l’établissement est également responsable et qu'il a enfreint la norme de diligence envers les enfants dont elle a la responsabilité.

Au cours des dernières semaines, CBC a confirmé que 18 anciens élèves ont déposé des plaintes criminelles auprès de la police de Saskatoon. Plus d’une douzaine d’autres personnes interrogées au cours de la dernière semaine ont dit qu’elles avaient également l’intention de le faire.

Les plaignants et le Nouveau Parti démocratique (NPD) de la province exigent que le gouvernement suspende les activités de l’école et mène une enquête complète. Faute de quoi, ils voudraient que le gouvernement cesse d'octroyer des fonds publics à l’école, ce qui représente une somme annuelle de plus de 700 000 $.

Le ministre de l’Éducation, Dustin Duncan, a refusé les demandes d’entrevue répétées de CBC. Dans une déclaration écrite, son bureau a indiqué qu’aucune mesure ne serait envisagée avant que l’enquête policière ne soit terminée.

La justice doit trancher, selon l’église Mile Two Church

Dans une déclaration envoyée par courriel à CBC, mardi, le pasteur Brien Johnson a déclaré que le Mile Two Church n'avait pas encore vu la demande de recours collectif, mais qu'elle l'examinerait minutieusement dès qu'elle la recevrait.

Nous devons avoir confiance dans le fait que le système judiciaire permettra de déterminer clairement qui a fait quoi à qui et quand, et qu'il obligera finalement les responsables à rendre compte de leurs actes, a écrit Brien Johnson.

Il a ajouté que la communauté de Mile Two Church est profondément troublée par les détails rapportés par d'anciens élèves dans les médias.

Les responsables de Mile Two Church et du Legacy Christian Centre ont également refusé de multiples demandes d’entrevue. Ils ont toutefois publié deux déclarations écrites, dans lesquelles ils affirment qu’ils sont maintenant des lieux d’accueil ouverts à tous et que quiconque croit avoir été maltraité devrait communiquer avec la police et s’engager à collaborer à toute enquête éventuelle.

Ils ont aussi déclaré que la bastonnade et d'autres châtiments corporels n’ont pas eu lieu à l’école depuis plus de deux décennies, une affirmation contestée par plus d’une dizaine d’élèves interrogés.

Finalement, les responsables affirment qu’ils ont fait de multiples tentatives publiques et privées pour présenter des excuses, mais aucun des anciens élèves interrogés n’était au courant de tels gestes.

D’après les informations de Jason Warick et Kassandra Lebel

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