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« Remouler » sa vie grâce à la poterie, l’histoire d’un couple à l’Î.-P.-É.

Marie-Paul Medeiros et Jacob Mathieu.

Marie-Paul Medeiros et Jacob Mathieu devant leur atelier de poterie, à Malpeque.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Dans la rue Plug à Malpeque, à l'Île-du-Prince-Édouard, une maison rénovée sert aujourd'hui de poterie. À l'image de la maison, Marie-Paul Medeiros et Jacob Mathieu ont changé de vie grâce à la Poterie du Coing.

On mise beaucoup sur les gens qui viennent visiter l'île. On a eu l'été dernier un grand afflux. Les gens passent par ici pour aller au parc provincial de Cabot Beach ou au camping de Twin Shores, explique Jacob Mathieu.

Quand on avait acheté la propriété, on voyait à quel point il y avait de la circulation. Quand on est arrivé en 2020, plusieurs personnes nous disaient "vous êtes à un super endroit pour ouvrir une petite boutique". Alors on s'est lancé, complète Marie-Paul Medeiros.

Marie-Maul Medeiros debout dans une boutique.

Marie-Paul Medeiros dans sa boutique, à Malpeque.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

La saison touristique terminée, le couple mise sur le marché de Summerside, et sur une présence en ligne, pour faire des affaires. Et aussi par Instagram, complète Jacob Mathieu, qui mentionne l'importance des réseaux sociaux pour se faire connaître.

Originaire du Québec, le couple s'est installé en famille dans la province en 2020, après plusieurs étés de vacances et de travaux dans la maison, achetée en 2014. Dans la Belle Province, elle était enseignante, lui pasteur, et la poterie n'était qu'une loisir, découvert après leur mariage en 2005.

Les mains de Marie-Paul Meideros en train de former une pièce de poterie.

Les pièces de poterie sont réalisées au tour, à l'aide d'argile.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Pour moi, ça a été un coup de cœur immédiat, mais ça s'est arrêté là. On a eu quatre enfants, la vie a continué, et la poterie a été mise dans l'oubli, se souvient Marie-Paul Medeiros.

Ce n'est qu'en 2019, à la faveur d'une année passée sur l'île de Vancouver, qu'elle retrouve le goût de la terre cuite.

On vivait à côté d'un studio coopératif de poterie. Je me suis inscrite à des cours. Je suis devenue membre. J'ai eu beaucoup de mentors qui ont investi en moi et m'ont encouragé à poursuivre, raconte-elle.

C'est elle la maître d'œuvre artiste, sourit Jacob Mathieu, qui s'occupe plus des rénovations et du marketing de l'entreprise.

Marie-Paul Medeiros devant son tour de potier.

La création d'un pièce de poterie peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, en raison du temps de séchage, une étape inévitable.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

En Colombie-Britannique, Marie-Paul Medeiros n'a pas seulement découvert son attrait grandissant pour l'argile. Elle y a aussi trouvé une fascination pour le coing, qui a donné son nom à son entreprise.

J'ai tellement aimé ce fruit. L'odeur est si merveilleuse. J'ai combiné deux passions, le coing et la poterie, dit-elle, en confiant que, selon ses recherches, on trouverait deux cognassiers à Charlottetown et un à Summerside.

Dans la boutique, ouverte début juillet, ses créations mêlent des lignes modernes et des motifs, formes et matériaux inspirés par l'environnement marin de la baie de Malpeque. Le tour est à proximité, le four à l'arrière, un four qu'elle songe à changer, grâce à l'argent gagné au concours Ignition francophone : C'est la clé, parce que j'ai un vieux four qui fonctionne bien mais je dois toujours être à l'affût, le surveiller parce qu'il peut trop cuire mes pièces. Maintenant, beaucoup de potiers ont des fours électroniques.

Marie-Paul Medeiros devant son four de potier.

Marie-Paul Medeiros souhaite utiliser l'argent gagné au concours Ignition Francophone pour s'acheter un nouveau four plus performant et fermer la pièce où elle cuit ses créations.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Les 25 000 dollars du concours ont aussi été utilisés pour construire l'espace boutique et vont permettre au couple de fermer la pièce où le four est installé, pour le moment ouverte aux quatre vents. En hiver, il y avait de la neige qui rentrait, ce n’est pas l'idéal, raconte Marie-Paul Medeiros.

Un long processus

La potière détaille par le menu les différentes étapes de son travail : Je dois pétrir ma pâte entre 50 et 100 fois, c'est long ! Je dois laisser sécher et, en fonction de l'humidité dans la pièce, ça peut prendre de quelques heures à quelques jours.

S'ensuit le tournassage, qui consiste à retirer l'excès d'argile à la base de la pièce, un nouveau séchage, une première cuisson, le sablage et la réalisation des décors, puis une deuxième cuisson.

Ça prend plus de 12 heures avant que je puisse ouvrir le four et sortir les pièces, insiste-t-elle, pour qu'on se figure bien le temps nécessaire pour réaliser la moindre pièce.

Le couple n'atteint pas encore la rentabilité. J'arrive à payer mes matériaux avec les ventes qu'on fait et, là, on va explorer si on peut faire plus, note Marie-Paul Medeiros.

Une étagère avec des savons.

Marie-Paul Medeiros et Jacob Mathieu proposent aussi du savon fait maison aux clients de leur boutique.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

C'est notre deuxième été alors on apprend aussi ce que les gens aiment et on s'adapte. Ça va nous amener à être plus rentables, pour l'instant on est au début de la courbe, s'enthousiasme à ses côtés Jacob Mathieu.

La poterie n'est pas leur seule activité. Des savons sont disposés sur une étagère. C'est facile à faire, sourit Marie-Paul Medeiros. Des sucettes glacées réalisées par les enfants sont également en vente.

Des voitures arrêtées devant la poterie du coing.

Marie-Paul Medeiros et Jacob Mathieu misent sur les touristes de passage à l'Île-du-Prince-Édouard pour réaliser leurs ventes estivales.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

On s'amuse beaucoup avec nos mains, je trouve que c'est une belle expérience pour les enfants de participer à ce projet. Les popsicles, c'est leur projet à eux, ils trouvent les recette eux-mêmes, indique Marie-Paul Medeiros.

Jacob Mathieu, lui, imagine bien l'endroit devenir un lieu communautaire, où ils pourraient offrir des cours et ateliers de poterie. Puis peut-être agrémenter d'un petit café, un bar à popsicle. Un endroit où les gens pourraient venir et passer un peu de temps, pour vivre l'expérience de l'île, avec nous, rêve-t-il tout haut.

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